Le manuscrit médiéval ~ The Medieval Manuscript

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lundi 7 juillet 2014

I N C I P I T



Ce blog, dédié au maître Léopold Delisle (1826-1910), et à l'érudit François Duine, clericus dolensis (1870-1924) est exclusivement (ou presque !) consacré au manuscrit médiéval, jusqu'à ses rapports avec les premiers incunables. Toutes informations sur le sujet seront appréciées. N'hésitez pas à publier vos commentaires et à soumettre vos avis.
This blog is dedicated to the great manuscript scholar Léopold Delisle (1826-1910), and to François Duine, clericus dolensis (1870-1924), and (almost exclusively!) to medieval manuscripts, up to and including their relationships with early printing.
All contributions to this subject are welcomed, as well as any additional commentary or opinions.
Jean-Luc Deuffic
Contact : pecia29@orange.fr /// Site web // Academia.edu

[ Illustration : Cambrai BM, 620 . © Institut de recherche et d'histoire des textes - CNRS

L A   R E V U E  /  T H E    J O U R N A L
The New website of the journal PECIA : LE LIVRE ET L'ECRIT [link] - Edition : Brepols Publishers (Turnhout)
DERNIERS VOLUMES PARUS
Pecia. Le livre et l'écrit, 7 (2009) 2010 : Notes de bibliologie. Livres d’heures et manuscrits du Moyen Âge identifiés (XIVe-XVIe s.)
Pecia. Le livre et l'écrit, 13 (2010) 2011 : Du scriptorium à l'atelier. Copistes et enlumineurs dans la conception du livre manuscrit au Moyen Age
Pecia. Le livre et l'écrit, 14 (2011) 2012 : Texte, liturgie et mémoire dans l'Église du Moyen Âge
Pecia. Le livre et l'écrit, 15 (2012) 2014 : « Qu'il mecte ma povre ame en céleste lumière ». Les funérailles d’une reine: Anne de Bretagne (1514). Textes, images et manuscrits


VIENT DE PARAITRE
JEAN-LUC DEUFFIC
Inventaire des livres liturgiques de Bretagne. Livres d’heures, de piété, de dévotion et ouvrages associés antérieurs à 1790.
Manuscrits et imprimés (français, latin, breton)
ISBN 978-2-7466-6731-0.
CDROM. Fichiers pdf. Recherche par mot. Index des titres et des manuscrits. Index des noms de saints.
Environ 1600 pages – 1800 notices de livres et de manuscrits
PRESENTATION - RECENSION - COMMANDE >>>>>>>>>>>
[ LIEN / LINK ]


dimanche 6 juillet 2014

Blog en sommeil ...


Blog en sommeil ... pour quelques semaines. Pardon, lecteur. Mais à bientôt !

mardi 1 juillet 2014

Livres, libraires, copistes : notes diverses tirées des sources parisiennes (XIIIe-XVe siècle)


NICOLAS DE DOLE
Testament :
Item je laisse a la chapelle saint aignen mon messel ainsi que aultrefois ay fait et y est escript en ycellui de ma main.
Sources : Paris, AN, L 535, n° 48, 8 septembre 1426.
Chanoine de Saint-Denis-du-Pas (1407) et de Notre-Dame de Paris
Sur Nicolas de Dole et Nicolas de Baye
Base Paris au Moyen Âge 

DENIS
et THOMAS D'IRLANDE, copistes
1272 : Denis et Thomas de Ybernia scriptores clercii ont été mis en prison du chapitre pour s'être battus dans le cloître Notre-Dame, l'un d'eux pour avoir tiré son couteau contre un serviteur du chanoine Robert de Bertecourt.
Source : Paris, AN, L 508, n° 1 er 2.

HUGUES, copiste de la rue Saint-Magloire
Avril 1243 : Hugues, copiste de la rue Saint-Magloire de Paris, et son épouse Ermeniarde, vendent à l'abbaye de Saint-Magloire une rente de 5 sols parisis, assignée sur un jardin à Bray, pour la somme de 37 sols paris (Hugo scriptor de vico sancti Maglorii parisiensis, et Ermmiardis (sic) eius uxor).
Source : Revue Mabillon, 1922, p. 156.

LAURENT GRIDEAU, libraire
26 juillet 1454 :

Aujourdui Thomasse, vefve de feu Laurens Grideau, en son vivant libraire, a renoncié et renonce a la communaulté des biens meubles et immeubles d'entre elle et son dit feu mari, qui trespassa mardi derrenier passé, comme elle dit, pour obvier aux debtes deues par ledit deffunct, requerant par ladicte Thomasse de ce avoir lettre...

Source : Paris, AN, Y 5232, f. 78) - Edition : Martin, dans Revue historique de droit français et étranger, 1914, p. 484, n° 166.

Thibaud le Breton, stationnaire ("vendeur de livres") à Paris au XIIIe siècle


Parmi les premiers libraires originaires de Bretaigne installés à Paris figure le clerc Thibaud le Breton sur lequel nous possédons une documentation assez conséquente, dans la mesure où son patrimoine immobilier, imposant pour un ouvrier du livre, a laissé de nombreux actes qui permettent de cerner le rang social du personnage.
Comme bon nombre de ses confrères, Thibaud tient boutique dans la rue Neuve Notre Dame, tout près de la cathédrale, où nous le rencontrons dès 1256. De même, il posséde au moins une maison (et plusieurs rentes) en la rue des Ecrivains (in vico Scriptorum) dans la censive de la Sorbonne, entre la maison du copiste Robert ad Anglum et celle du parcheminier Jean l'Anglais.
En 1263, les frères et soeurs de la léproserie de la banlieue vendent à Thibaud le Breton (venditori librorum), et à sa femme Julienne, les 3/4 d'une maison au coin de la rue Zacharie, dans la censive des moines de Saint-Germain des Prés. Dans un autre quartier de Paris, apprécié par les Bretons, Thibaud achète en 1266, de Jean l'Allemand et de sa femme Lucie, une maison rue Saint-Hilaire, dans la censive de Saint-Marcel, appelée la Haute Maison, laquelle portera vers 1400 l'enseigne de l'Escu de Bretaigne et deviendra pour quelque temps, dans la seconde moitié du XVIe siècle, l'enseigne de l'imprimeur Jean Macé.
Thibaud le Breton possédait encore plusieurs rentes dans le rue Percée, dans la rue des Noyers et dans la rue des Amandiers. Dans cette dernière rue une maison qui lui appartient est taxée par l'Université de Paris au prix de 7 livres : elle consiste en 4 chambres, un cellier et une grande cuisine.


Cliquez sur la photo pour agrandir

Malheureusement nous n'avons trouvé aucun manuscrit portant la marque de Thibaud le Breton.
Le libraire dut mourir peu avant 1288. L'année suivante, un avocat breton, Yves dit le petit clerc, exécuteur testamentaire de Julienne, alors veuve, vend à l'Hôtel-Dieu une maison (en mauvais état) au coin de la rue Zacharie, moyennant 20 livres parisis.

Sur le terme stationnaire [ lien ] [ lien ]
Sur Thibaud Le Breton :
Charles Jourdain, "La taxe des logements dans l'Université de Paris", dans Mémoires de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile de France, t. IV, 1877 (1878), p. 148. repris dans :
Charles Jourdain, Excursions historiques et philosophiques à travers le Moyen Âge, Paris, 1888, p. 257.
Palémon Glorieux, Aux origines de la Sorbonne II : Le Cartulaire de la Sorbonne, Paris, 1965, p. 23, 145, 171, 286, 335, 336, 346, 362, 372.
Annales de Bretagne, 1974, p. 337.
Richard H. Rouse et Mary A. Rouse, Manuscripts and their Makers. Commercial Book Producers in Medieval Paris, 1200- 1500, Londres, Harvey Miller, 2000, vol. II, p. 135-136.
Keith Busby, Codex and Context : Reading Old French Verse Narrative in Manuscript, Volume 2, 2002, p. 31, 36.

dimanche 29 juin 2014

Qui cest escript a droit verra / Nom et seurnom y trouverra


G A L L I C A vient de mettre en ligne un exemplaire de la Consolation de la philosophie de Boèce, dans une traduction jadis attribuée à tort à Charles d'Orléans, erreur que Léopold Delisle a dissipée. L'intérêt de ce manuscrit (Paris, BnF, Nlle acq. lat. 1982) est de nous donner le nom du copiste et celui tout aussi précieux du destinataire en acrostiche "Jehan de Langres esmailleur". Le copiste Raoulet d'Orléans est bien connu (1) ; le destinataire a laissé son nom dans la liste des orfèvres de la "monnaie de Paris" :

Ce jour (1er mars 1401), Jehan de Lengres fit le serment de bien et loyaument exercer en sa personne l’office de la taille des fers de la monn° de Paris, et que aucuns fers il ne baillera ne fera, se n’est aux gardes de lad. monn° et sy ne exercera fait de change.

En 1402,

Jehan de Langres, tailleur des coings de la monnaie de Paris, reçoit 9 livres tournois pour avoir fait quatre paires de fers à gettouers d'argent, pour Ysembart Martel, Miles Baillet, Jean Chanteprime et Gui Chrestien.


Transcription :

C'est le congie de lescrivain.
Icy en droit fine Boece,
En qui pevent trouver l'adresce
Homs et femmes, par ses recors,
A sauver leurs ames et corps.
Non pas eulz laissier tourmenter
De desespoir, ne seurmonter
En orgueil lort pechie terrible,
Le plus grief de tous et horrible ;
Ainçois est d'avoir pacience.
Nuit et jour, et querre science
Glorieuse pour Dieu amer.
Requérir, servir, honnorer.
Et la doulce vierge Marie,
Sur tous les cielx d'ange chierie,
En qui divine pourveance
Se mist et ot double substance
Merveilleuse pour nostre amour,
Ausquelx prierons sans demour.
Jointes mains, que ilz gardent d'yre
Li vaillans homs qui flst escrire
Le livre assez bien compassez.
Et les ames des trespassez
Vueillent garder de maulx liens.
R. dit Amen d'Orliens.
Qui cest escript à droit verra,
Nom et seurnom y trouverra.

NOTES
(1) Wolfgang Oeser, "Raoulet d’Orléans und Henri du Trévou, zwei französische Berufsschreiber des 14. Jahrhunderts und ihre Schrift", dans Archiv für Diplomatik, Schriftgeschichte, Siegel- und Wappenkunde, 42, 1996, p. 395-418. H. Rouse & M. A. Rouse, Manuscripts and their Makers, H. Miller, 2000, 1, p. 273–279 ; 2, p. 121–122. Quelques colophons de Raoulet d’Orléans : Bénédictins du Bouveret, Colophons de manuscrits occidentaux des origines au XVIe siècle, Volume 5, p. 186 sq. [en ligne]

A VOIR
Paris, BnF, Nlle acq. lat. 1982 sur Gallica
ARLIMA (Laurent Brun)
Léopold Delisle, "Anciennes traductions françaises de la Consolation de Boëce conservées à la Bibliothèque nationale", dans Bibliothèque de l'école des chartes, t. 34, 1873, p. 5-32 [en ligne sur Persée]

mercredi 25 juin 2014

Guillaume de Lescouet, notaire et libraire breton à Paris au XIVe siècle



Signature de Guillaume de Lescouet

Préparant un petit catalogue prosopographique des libraires bretons au Moyen Âge, ces quelques lignes pour présenter un de ceux qui ont exercé à Paris.
En fait, sur le nom même j'ai quelque peu hésité. LESCONET ou LESCOUET ? Mon choix s'est toutefois porté sur le second dans la mesure où Guillaume de Lescouet se dit clerc du diocèse de Léon (clericus Leonensis diocesis, publicus apostolica et imperiali auctoritate notarius), région où ce patronyme est attesté anciennement. Ainsi un Guillaume de Lescouet figure comme gouverneur de Lesneven en 1357.

Le premier acte retrouvé portant le paraphe de Guillaume de Lescouet, comme notaire public (= tabellion), est la prestation de serment de son compatriote Henri GUILLOU comme libraire-juré de l'Université de Paris en septembre 1351. Du reste, ce même Guillou est connu aussi comme copiste d'un manuscrit de la Bibliothèque Cathédrale de Valence (ms. 10), exécuté pour le pape Clément VI : Nicolas de Gorran, Postilles. « Expliciunt postille fratris ni // cholai de Gorran super psalte // rium. // Hic liber est scriptus per henricum Guilloti pro Sanctissimo patre // ac domino domino clemente papa sexto // cuius anima requiescat in pace // Amen. Anno domini millesimo trecentesimo // quinquagesimo secundo die iovis // ante ramos Palmarum ».  

En 1355 le nom de Guillaume de Lescouet se retrouve, comme libraire cette fois, mêlé à une transaction avec Gui Bodier, recteur de la paroisse de Saint-Malo de Pontoise, au sujet d'un exemplaire de la Légende dorée de Jacques de Voragine, aujourd'hui conservé à la Bibliothèque Carnégie de Reims (ms. 1386) : "Dominus Guido Boderii rector parrochialis ecclesie Sancti Macuti de Pontisara, Rothomagensis diocesis, uendidit magistro Guillelmo de Lescouet, notario publico, librario, etc. istam legendam, pro precio VIII scutorum, ... anno LVto, die iouis post festum Prurificationis".

Le 23 janvier 1359, Jean de Joy, chapelain de Sainte-Agnes fait une donation, cet acte sera établi dans la maison même de Guillaume de Lescouet, rue Neuve Notre Dame, proche de la cathédrale, là où sont installés généralement libraires et copistes de Paris : "acta fuerunt hec in domo habitacionis mei Guillelmi de Lescouet notarii publici infrascripti sita in vico novo beate marie paris."

Un document de mars 1363, où Guillaume de Lescouet est qualifié de "tabellion du pape", nous fait connaître le nom de sa femme : Peronelle Boucher. Ensemble, ils achètent plusieurs rentes sur des maisons dont une appartient aux héritiers de Guillaume Jacques (autre notaire breton) et à Jean Le Boucher (père de Peronelle).
Enfin, dans les lettres patentes de Charles V portant exemption du guet et de la garde des porte de Paris, datées du 5 novembre 1368, figure le nom de Guillaume de Lescouet parmi les 14 libraires listés qui échappaient à cette corvée.

Voici donc quelques éléments biographiques de notre notaire-libraire breton maitre Guillaume de Lescouet qui décéda après 1386, date à laquelle il est encore mentionné dans le Registre des causes civiles de l'officialité épiscopale de Paris.

SOURCES : Paris, Archives nationales, L 715, n° 5 ; M 68, n° 39, 45, 54, 55 ; S 92 ; S* 1647

Guillaume Lesconnet (Lescouvet, de Lescouet) cité dans:
Paul Delalain, Étude sur le libraire Parisien du XIIIe au XVe siècle, Paris, 1891, p. 44.
Richard H. Rouse et Mary A. Rouse, Manuscripts and their Makers. Commercial Book Producers in Medieval Paris, 1200- 1500, Londres, Harvey Miller, 2000, vol. II, p.

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