Le manuscrit médiéval ~ The Medieval Manuscript

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 29 juillet 2010

I N C I P I T


Ce blog est exclusivement dédié au manuscrit médiéval, jusqu'à ses rapports avec les premiers incunables. Toutes informations sur le sujet seront appréciées. N'hésitez pas à publier vos commentaires et à soumettre vos avis.

This blog is exclusively dedicated to medieval manuscripts, up to and including their relationships with early printing. All information on this subject is welcomed: please feel free to add commentaries and give your opinion.
Jean-Luc Deuffic - Partie anglaise: Kate Maxwell

Contact : pecia@wanadoo.fr /// Site web

Illustration: Bibliothèque municipale de Bourges, manuscrit 3, détail.

 « J'ai une seule méthode de travail : aller à la source, chercher les vrais textes, au-delà des articles de synthèse. C'est en allant à la source qu'on arrive à une exacte vision des choses. On suit un chemin rebattu, et à la fin, on découvre un paysage tout à fait différent. Si le point de départ est bon, tout converge, tout se confirme et s'enrichit. Je suis conduit par le destin, et j'y vais, les yeux bandés, et j'y arrive généralement. Je ne peux pas choisir. C'est irrésistible. Une fois un chemin qui vous tient, vous ne devez pas vous retourner ».  
Jurgis Baltrusaitis (1903-1988), historien de l'art, érudit et visionnaire

---------------------------------------------------------------------------------------

L A   R E V U E  /  T H E    J O U R N A L

PECIA : Le livre et l'écrit

Edition : Brepols Publishers (Turnhout)

Le nouveau site de la collection périodique PECIA LE LIVRE ET L'ECRIT [lien]
The New website of the journal PECIA LE LIVRE ET L'ECRIT [link]
---------------------------------------------------------------------------------------
 

mercredi 28 juillet 2010

France 1500, l’art pictural à l’aube de la Renaissance


La galerie Les Enluminures présente :
France 1500, l’art pictural à l’aube de la Renaissance


Au Louvre des antiquaires
Du 9 septembre au 28 novembre 2010

L’exposition proposée par la galerie Les Enluminures se situe dans le sillon de l’événement culturel majeur de la rentrée 2010, “ France 1500, Entre Moyen Age et Renaissance ”, organisé par la Réunion des musées nationaux (Paris), l’Art Institute de Chicago et le concours exceptionnel de la Bibliothèque nationale de France. L’exposition muséale se tiendra tout d’abord à Paris (Grand Palais, du 6 octobre 2010 au 10 Janvier 2011), puis à Chicago (à l’Art Institute du 26 février 2011 au 30 Mai 2011). L’exposition présentée par la galerie Les Enluminures rassemble approximativement 45 oeuvres d’art diverses parmi lesquelles des manuscrits, des livres d’heures, des miniatures, des coffrets ornementés de gravures ainsi que des vitraux. Les nombreux thèmes abordés tout au long de l’exposition – les humanistes français, le mécénat royal, la prédominance de Paris en tant que foyer artistique, l’influence de l’Italie et du Nord, les différents centres artistiques actifs, etc. – incitent à une redécouverte d’un art en plein épanouissement à l’aube de la Renaissance.
Cette exposition ne veut pas s’attaquer à l’épineuse question : il y a –t-il eu ou non une « Renaissance » française ? Elle ne soulève pas l’interrogation suivante « La période autour de 1500 signifie-t-elle la fin de la civilisation médiévale et l’aube d’un Age Moderne, d’une ère nouvelle » ? L’astucieux visiteur notera toutefois de nombreux témoins d’une modernité nouvelle : l’importance de l’impression, un abandon de certaines conventions artistiques, l’affirmation de l’individu, l’expansion de la communication au-delà des murs de la citée et des frontières, ainsi que la production de textes classiques et humanistes, etc. Les objets variés de l’exposition, leur richesse stylistique et esthétique, parlent pour eux-mêmes et encouragent le visiteur à les apprécier à leur juste valeur. Médiéval ou moderne – voir les deux – la Renaissance Française apparait comme un épisode extraordinaire de l’histoire européenne, un de ceux remarquablement complexes et glorieusement créatifs (dossier de presse /pdf/).

LES ENLUMINURES
Le Louvre des Antiquaires, 2 Place du Palais-Royal, 75001 Paris (France)
Tel: +33 1 42 60 15 58
info@lesenluminures.com
www.lesenluminures.com
(virtual exhibit www.lesenluminures-france1500.com)

Présentation de France 1500, Entre Moyen Age et Renaissance
sur sur le Site des RMN
| Lien |


L’annonciation, 1490/1495, Jean Hey,
Collection Mr & Mde Martin A. Ryerson,
The Art Institute of Chicago
© photography The Art Institute of Chicago 2010

Programme culturel associé :

Mercredi 13 octobre 2010
« France 1500. Entre Moyen Âge et Renaissance »
Par Elisabeth Taburet-Delahaye, directeur du musée de Cluny-musée national du Moyen Âge, Geneviève Bresc-Bautier, directeur du département des Sculptures du musée du Louvre, Thierry Crépin-Leblond, directeur du musée national de la Renaissance, Château d’Écouen. Les commissaires détaillent ensemble les enjeux de cette exposition : réévaluer une période mal connue mais cruciale pour l’art français et en dévoiler les chefs-d’oeuvre au grand public ; souligner l’attraction exercée par la France sur de nombreux artistes de l’époque ; explorer les diverses modalités d’une création foisonnante, en interrogeant les notions de continuité et de rupture entre Moyen Âge et Renaissance.
Mercredi 24 novembre 2010
« Anne de Bretagne, une reine « parfaite » ? »
Par Didier Le Fur, historien, spécialiste du XVIe siècle
Anne de Bretagne est l’une des rares reines de France dont on conserve encore le nom en mémoire. Pourtant le souvenir de celle qui eut le privilège unique d’avoir épousé deux rois de France est bien loin de l’image que cette femme voulut donner de son vivant. C’est à la redécouverte de cette image, celle d’une reine idéale telle qu’on la concevait à la fin du XVe siècle et aujourd’hui totalement oubliée des historiens, que Didier Le Fur consacrera sa conférence. A l’issue de cette conférence, une séance de dédicace sera organisée à la librairie.
Mercredi 1er décembre
« Les couleurs à l’aube des temps modernes »
Par Michel Pastoureau, historien, archiviste paléographe et directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes En Europe, le tournant des XVe et XVIe siècles constitue pour les couleurs une période de profondes mutations. Différents pigments et colorants jusque-là inconnus proviennent maintenant du Nouveau Monde. De nouvelles morales sociales et religieuses conduisent désormais à distinguer des couleurs vertueuses et d’autres qui le sont moins.
Surtout, la diffusion du livre imprimé et de l’image gravée contribue à la naissance d’un nouvel univers chromatique : le « noir et blanc ». En tous domaines, de nouveaux classements, de nouvelles pratiques, de nouvelles sensibilités modifient ainsi les rapports qu’hommes et femmes entretiennent avec les couleurs.

mardi 27 juillet 2010

Kerhoent de Kergournadec'h : livre et objet d'art

La British Library conserve un magnifique exemplaire des Coutumes de Bretagne, dans une reliure exceptionnelle timbrée aux armes échiquetées d'or et de gueules. Nous avons présentement ici un ouvrage ayant appartenu très probablement à Olivier de Kerhoent, seigneur de Kergournadec'h († après 1594), qui épousa Marie de Ploeuc, dame de Coëtanfao († 1573) : "noble et puissant Olivier, sire de Kergournadech, Trohéon, Coatquelfen, en qualité de fils aisné héritier principal et noble" (B. Yeurc'h). Il abandonne les armes des Kerhoent pour celles des Kergournadec'h.


London, BL, Davis 511. Edition de 1584. (c) London, BL.
Les armes sont entourées du collier de l'ordre de Saint-Michel reçu en 1559 par Olivier de Kerhoent.

Anthony Hobson, French and Italian collectors and their bindings : illustrated from examples in the library of J. R. Abbey, Printed for presentation to the members of The Roxburghe Club, 1953, p. 54-55, n. 25, reproduit une reliure semblable, sans doute exécutée à Rennes vers  1581, pour Nicolas Le Prevost du Parc (1588-1630), conseiller-maître à la Chambre des Comptes de Paris, sur un exemplaire des Coustumes generales des Pays et Duché de Bretagne, Rennes, Julien du Clos, 1581. Deux autres reliures de cet atelier sont connues : J. Baer & Co., Frankfurter Bücherfreund, 12, taf. 49 ; l'autre à la vente Gramont, Paris, 18 décembre 1933, lot 22, sur des Coustumes generalles de Bretagne, Paris, Jacques Dupuis, 1584 (site de la British Library).
Sur les différentes éditions de la Coutume de Bretagne, voir notre page.

Olivier de Kerhoent était le fils d' Alain de Kerhoant, seigneur de Troheon (†/ 1576) et de Jeanne, dame héritière de Kergournadec'h. Il épousa le 7 octobre 1559 Marie de Ploeuc, ( morte en 1573) fille de Pierre de Ploeuc et de  Jeanne du Quélennec, dame héritière de l'Estang.
Un arrêt de maintenue des Kerchoent cite une enquête menée en 1584 à la requête "d'Olivier de Querhoent, sieur de Kergournadec'h, Trohéon, Coatquelfen..." par laquelle « plusieurs anciens prestres, gentilshommes et habitants de la paroisse de Cléder déposèrent que ses ancêtres étaient bien d'ancienne chevalerie et portoient leurs écussons en carré et en bannières comme les anciens parements de la province et que messires les officiers de leurs juridictions étoient touz gentizhommes ». Olivier mourut en 1594 et fut inhumé en l'église de Cléder. Dans le chœur, on montrera longtemps le portrait d'Olivier, « peinture de son long, armé de toutes pièces, avec sa cotte d'armes de velours rouge cramoisy, son casque, son espée et esperons dorés, sa lance et sa cornette ». Ce seigneur Olivier a immortalisé sa mémoire dans les « bastiments superbes qu'il a entrepris, du faict du chasteau « de Kergournadech qui mérite d'estre mis au rang des « belles maisons de France. » (Extrait d'une ancienne genéal. de la Maison de Kerhoent. Bibl. Nation.) ( Source : Gaston de Carné, Les chevaliers bretons de Saint-Michel, Nantes, 1884, p. 193-194)
Le marquis de Rochambeau (Epigraphie et iconographie, II, p. 45) fait référence à une "Généalogie manuscrite de la maison de Kerhoent ou Querhoent, appartenant à Mme la comtesse de Gouyon de Beaufort, née de Querhoent, au château de Beaufort, par Plerguer (Ille-et-Vilaine)".

Le château de kergournadec'h au XVIIe s. :


Croquis tiré de La Colombière (1644) qui y avait séjourné ...



Ruines du château de Kergournadec'h

Des armoiries écartelées Kergounadec'h / Botigneau se retrouvent sur la coupe couverte de Molac. Cette superbe coupe "constitue un témoignage unique de l'orfèvrerie civile d'apparat commandée par la noblesse bretonne à la Renaissance. Vraisemblablement réalisée par un orfèvre de basse Bretagne aux environs de 1600, (peut-être Pierre Lafleur de Morlaix), cette rarissime coupe couverte destinée à recevoir des dragées, évoque magnifiquement les pièces disparues qui ont pu être réalisées en haute Bretagne. L'objet frappe par la densité du décor qui le recouvre en totalité : scènes de chasse ciselées sur le couvercle, au gros et petit gibier, au gibier terrestre et au gibier d'eau, à pied et à cheval, ainsi que la représentation de monstres marins sur le pied. Le dindon figuré sur la coupe parmi d'autres oiseaux, témoigne de l'arrivée récente en Europe de ce volatile, venu du Nouveau monde au cours du XVIe siècle. A l'intérieur sont gravées sur le fond de la coupe, les armoiries de François de Kerhoent de Kergournadéc'ch et de son épouse Jeanne de Botigneau, mariés en 1583. Personnage de premier plan dans le Léon à la fin du XVIe siècle, François de Kerhoent, constructeur de l'extraordinaire château de Kergournadec'h à Cléder, actuellement dans le Finistère, reçut en 1599 du roi Henri IV le collier de saint Michel en récompense de sa loyauté. Suite au mariage en 1616 de l'héritière de Kergournadec'h avec Sébastien de Rosmadec, seigneur de Molac (en haute Bretagne), l'objet offert à l'église de cette paroisse, fut transformé en ciboire par l'ajout d'une croix au sommet du couvercle".  Jeanne de Botigneau était fille unique d'Alain Droniou.
Patrimoine de Bretagne : images et description


Coupe de Molac. Armes de François de Kerhouent et de Jeanne de Botigneau


Coupe de Molac. Scène de chasse

"On cite une enquête de 1434 dans laquelle les gentilshommes du pays déposaient avoir entendu dire et tenir par longue tradition que, depuis le VIe s. jusqu'au tems de l'enquête, tous les seigneurs de cette maison avaient été chevaliers, et qu'un ancien proverbe disait qu'avant qu'il y eût monsieur ou seigneur en aucune maison, il y avait un chevalier à Kergournadech. A-raok ma voa aotrou è nep leac'h // E voa eut marc'hek è Kergournadeac'h.
Les seigneurs de cette maison ont figuré dans nos annales. Le premier dont il y soit fait mention, après celui des légendes , est Olivier de Guergournadegh, qui vivait en 1288. Guyomar, son fils, se signala dans les guerres de Montfort et de Charles de Blois. Fait prisonnier dans une rencontre, il déclara qu'il aimait mieux mourir que de vendre un petit coin de sa terre pour payer sa rançon, tant il aimait son vieux château ! En quoi ses descendans l'ont imité ; car on les voit sans cesse mettre leur vieux château sous la protection spéciale des ducs, et non-seulement le vieux château avec les officiers, serviteurs, damoiseaux, mais les pigeons et les lapins du dit château.
La terre de Kergournadec'h passa, vers 1504, dans la famille de Kerhoënt, par le mariage d'Alain de Kerhoënt avec Jeanne de Kergournadec'h, héritière de sa maison. Leur petit-fils François épousa Jeanne de Botignau, dont il n'eut que deux filles, Renée et Claude de Kerhoënt, « et le bonhomme a dit depuis que s'il avait eu des garçons, comme il n'avait que des filles, il leur eût fait prendre le beau nom de Kergournadeac'h, comme déjà lui et feu son père Olivier en avaient pris les armes plaines èchiquetèes d'or et de gueules, et laissé celles de Kerhoent, qui sont lozangées d'argent et de sable. »
Renée de Kerhoënt, sa fille aînée, épousa , le 1er mai 1616, à l'âge de quinze ans, Sébastien, marquis de Rosmadec, baron de Molac..." (Lycée Armoricain, p. 368-369).
Devise de Kergournadec'h : En Dieu est.

Je remercie François du Fou pour son aide précieuse ...

vendredi 23 juillet 2010

Les Oratoriens de Nantes : épaves d’une riche bibliothèque ... (suite)

Nous avions dans une précédente note fait état de quelques épaves de l'ancienne bibliothèque des Oratoriens de Nantes. Aux quelques manuscrits relevés nous aimerions en ajouter deux autres. En premier lieu, celui qui se trouve actuellement conservé à la Bibliothèque universitaire d'Austin, USA (Harry Ransom Humanities Research Center HRC 040), un recueil de textes et de chroniques du XVe s. aux armes du célèbre Guillaume Budé (sur le personnage =>).


Guillaume Budé par J. Clouet. ca 1536. MMA.



Armes des Budé : d’argent, au chevron de gueules accompagné de trois grappes de raisin pourpre, pamprées de sinople. Ces armes sont celles de Guillaume Budé, l’arrière-grand oncle de l’Humaniste, anobli en 1397 pour la charge de « maistre des garnisons de vins du Roy et de la Royne » qu’il occupat auprès de Charles VI.
http://www.digital-scriptorium.org


Nous y avons reconnu au f.1 l'ex-libris (XVII/XVIIe s.) des Oratoriens de Nantes :


http://www.digital-scriptorium.org

De même nous avons remarqué sur le premier folio le cachet très caractéristique du Comte de Kergariou (+1849) (1) avec sa devise "Là ou ailleurs" :


http://www.digital-scriptorium.org

Ce manuscrit, par la suite, entra dans les collections de la comtesse Le Gualès de Mezaubran (issue d'une très ancienne famille du Tregor) qui fit vendre à Londres, en 1951, par la maison Sotheby's, 8 manuscrits médiévaux, celui-ci lot 25.

Description et images sur le site Digital Scriptorium.
Austin, USA : Harry Ransom Humanities Research Center [ Lien ]
Medieval and Early Modern Manuscripts Collection : Database and Digital Images [ Lien ]

Note

(1) Sur ce bibliophile breton voir Jean-Luc Deuffic, "Le comte de Kergariou. A propos d'un Livre d'heures... et de saint Fiacre", dans Notes de Bibliologie. Livres d'heures et manuscrits du Moyen Âge identifiés (Pecia, Le livre et l'écrit, 7), Brepols, Turnhout, 2010, p. 171-175. [ Lien ]

Un psautier (ca 1460), peut-être d'origine ligérienne, dont la décoration est attribuée au Maître de Coetivy, présentement conservé à la Walters Art Gallery de Baltimore (W 297), porte l'ex-libris des Oratoriens de Nantes : Oratorii nanne[tensis] / Ddd. 51.
Biblio : L. M. C. Randall, Medieval and Renaissance Manuscripts in the Walters Art Gallery, Vol. II, France 1420-1540, 1992, p. 166-170, pl. XIIIc, fig. 239, 240.


(c) Walters Art Gallery W 297, f. 202.

Parmi les ouvrages imprimés issus de la bibliothèque nantaise des Oratoriens citons un exemplaire de Giovanni Battista dell Porta, Magiae naturalis, sive de miraculis rerum naturalium libri IIII, Naples, Mathiam Cancer, 1558, actuellement en vente :




LE MARCHANT (Jacques) /MARCHANTIUS/. - De Rebus Flandriae Memorabilibus liber singularis, ad eodem Flandriae Principes carmine descripti. Ad Lamorallum Principem Gauerae, Comitem Egmondae, etc. Antverpiae, Ex officina Christophori Plantini, 1567, in-12, 86-[2] p., page de titre ornée d'un bois avec la marque de Plantin, demi-basane blonde, dos à 4 nerfs orné de filets, roulettes et fleurons dorés, pièces de titre en veau rouge, ex-libris ms. au titre "oratorii Nannetensis" et imprimé au contreplat de V. Meganck de Wolf = Vente Ferraton.

Walters Art Gallery of Baltimore [ Lien ]
Vidéo : Restauration de la chapelle de l'Oratoire de Nantes | Lien |
Ouvrage de référence : A. Bachelier, Essai sur l'Oratoire à Nantes au XVIIe et au XVIIIe siècles. Librairie Nizet & Bastard, Paris, 1934.

Sur les manuscrits des Budé, voir :
H. Omont, "Georges Hermonyme de Sparte, maître de grec à Paris et copiste de manuscrits, suivi d'une notice sur les collections de manuscrits de Jean et Guillaume Budé", et de notes sur leur famille, dans Mémoires et Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, t. XII, 1885, p. 5-57.

mercredi 21 juillet 2010

Maitre Gui D'Avenel, conseiller au Présidial du Mans (ca 1570), à propos d'un Livre d'heures ...

A la vente de Montignac-Lascaux du 24 août prochain, l'étude Galateau disperse un très bel ensemble d'où ressortent plusieurs pièces exceptionnelles, incunables et manuscrits.
Le lot 647 est un Livre d'heures à l'usage de Rome du XVe siècle dont l'enluminure est attribuée au Maître de Jean d'Albret, nommé ainsi d'après deux incunables parisiens qui lui étaient destinés. 195 x 135 mm. Reliure en maroquin brun du XVIIe siècle. Dos à nerf orné. Plats ornés au centre d'une plaque dorée : Christ en croix, Marie et saint  Jean.

Au f. 74v, un ex-libris du XVIe siècle : je suis à Marguerite Bellangier femme de m. Guy Davenel
Ce dernier personnage n'est pas un inconnu. Licencié "ès-lois", il exerçait comme contrôleur des "deniers communs" du Mans en 1554 (ADS, G 88). Jusqu'en 1571 il fut conseiller au Présidial du Mans, année où il laissa sa charge à Charles Davenel, son fils. Il épousa Marguerite Bellanger, fille de Jacquine Amy et de jehan Bellanger.
Le Livre de famille de Pierre Bellenger et Marguerite de la Porte relate la naissance d'une certaine Marguerite, apparentée  : "Le XVIIIe jour de mars Mil Vc trente et huict, fut née Margarite Bellengier, à une heure après mynuit, et fut baptisée à Saint-Benoist ; parain M" Jehan Le Boucher, chanoyne de Sainct-Pierre ; mareines : Jacquine Amy, femme de Jehan Bellengier, capitaine pour le roy du navire SainctPhelippe, et Margarite Ferrault, femme de Denis Heullant",
"Il a existé dans la province du Maine une famille de Bellanger, sgr de Bizerais en la par. de Spay et du Gué, qui, le 10 mai 1599, obtint une ordonnance de confirmation de noblesse des commissaires généraux chargés du régalement des tailles, dans la personne de Nicolas Bellanger, sgr de Bizerais et du Gué" (Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, I, p. 421).
Biblio : J. Chappée, "Un Livre de famille manceau (familles Bellenger, Hoyau et Le Divin)", dans La Province du Maine, XI, 1903, p. 354-359; 378-383. Etude à partir de notes manuscrites tirées d'un Livre d'Heures imprimé, à l'usage du Mans, chez Yolande Bonhomme, en 1532.
Un acte du 31 octobre 1542 fait mention "d'honorable femme Jacquine Amy, veufve de deffunct noble Jehan Bellenger, sieur des Bizerais et du Perrigne comparant par Me Guy d'Avenel, son gendre" (ADS, E 87).
Le patronyme Davenel est très présent en Ille-et-Vilaine, dès le XVIe s.

Voir description d'après le catalogue de la vente Galateau [ Lien ]

Bookmark and Share

vendredi 16 juillet 2010

Le missel-pontifical de Roland de Neufville, évêque de Léon (+ 1613)


La riche bibliothèque municipale de Lyon conserve sous la cote 521 (Delandine 441) l'imposant missel-pontifical de Roland de Neufville, évêque de Léon. Ce manuscrit, qui ne renferme que le Commun du temps, quelques messes votives et diverses bénédictions et préfaces, a été écrit sur parchemin : 170 f. de 500 × 347 mm. La reliure est en maroquin rouge.

L'ouvrage porte à plusieurs reprises les armes du prélat (ci-dessous, f. 3) Neufville (De gueules au sautoir de vair) / Ruffier ( D’azur à dix billettes d’argent, 4, 3, 2, 1) : 

 
 (c) Lyon BM

Au f. 1v, l'évêque est à l'autel, présenté par saint Pol de Léon, terrassant le dragon. Au-dessus le nom : Rolandus de Neufville, episcopus Leonensis. Ses armes reparaissent, séparées ou réunies, dans les encadrements, avec le chiffre de l'évêque R. D. N. et sa devise « Domine, exalta te, trahe te ad me. » . 


Suivant le catalogue, au "f. 1se trouve une grande peinture héraldique, portant les armes suivantes que décrit le catalogue : écartelé, au un de gueules, à la croix en sautoir moirée d'argent et d'azur ; — au deux parti, au un d'azur, à dix billettes d'argent posées quatre, trois, deux et un, au deux échiquete d'azur et d'argent ; — au trois contrécartelé : au un d'azur, à dix billettes comme dessus ; au deux burelé d'argent et d'azur de dix pièces ; au trois losangé de gueules et de sable, chargé d'une croix d'argent ; au quatre contrécartelé, aux un et quatre d'argent, aux deux et trois de gueules à un lambel de trois pendants d'argent ; — au quatre contrécartelé : au un d'azur, à trois chevrons denchés d'argent ; aux deux et trois de gueules, à neuf mâcles d'or posés en pal, accompagnés d'un lambel de trois pendants d'argent ; au quatre d'or à trois... de sable, accompagnés de dix merlettes de sable, posées quatre, trois, deux et un. — Sur le tout, de gueules à la croix pattée d'or. Tenants : deux licornes, crosse et mitre d'évêque. Au-dessus le nom : Rolandus de Neufville, episcopus Leonensis".


(c) Lyon BM

François du Fou (que je remercie) me suggère ces possibles identifications :
- 1er : de gueules au sautoir de vair (qui est Neufville ou Neuville)
- 2ème : parti, au 1er Ruffier OU d'azur à dix billettes d'argent 4, 3, 2 et 1 (qui est Robien) OU d'azur à dix billettes d'or (qui est Perrier) ; et au 2ème : échiqueté d'argent et d'azur (qui est La Houssaye OU Le Fer)
- 3ème : contre-écartelé au 1er : Ruffier, Robien ou Perrier, au 2ème : burelé d'argent et d'azur de 10 pièces au croissant de gueules brochant (qui est Tréal), au 3ème : de gueules à la croix d'or frettée d'azur (qui est Le Scaff), au 4ème : écartelé d'argent et de gueules, brisé d'un lambel d'argent (qui est Raguenel OU Le Roux)
- 4ème : contre-écartelé au 1er : d'azur à 3 chevrons d'argent (qui est Plumaugat), aux 2ème et 3ème : de gueules à 9 macles d'or 3, 3 et 3, brisé d'un lambel d'argent (qui est Montauban), au 4ème : d'or à trois fasces nouées de sable, accompagnées de 10 merlettes de même, 4, 3, 2 et 1 (qui est ?) et sur le tout, de gueules à la croix pattée d'or (qui est Baudouin de Villembrois, OU De Savonnières OU Renault)
Aux f. 40 et 41 : la Crucifixion et Dieu le Père.

Au f. 98, le nom : « Jacques Jamiaux, fils de Mathurin Jamiaux. » (XVIIe siècle.)
Le patronyme JAMIAUX est caractéristique d'Ile-et-Vilaine. Un Jacques Jamiaux, sans doute l'ancien possesseur du missel-pontifical de Roland de Neuville, fut sous-fermier des devoirs de Rennes au XVIIe s. (Archives municipales de Rennes, FF442 = Lien)

Roland de Neufville
, fils de Regnault de Neufville (1), sr du Plessix-Bardoul et de Charlotte Ruffier, naquit vers 1530. Dès 1551 il a la charge de l'abbaye des chanoines réguliers de Saint-Augustin de Saint-Jacques de Montfort. Nommé évêque de Saint-Pol-de-Léon en 1562 (sous la protection du duc d'Etampes), il prête serment au roi le 25 octobre 1565. La famille de Neufville, sr du Plessix-Bardoul. Ref. 1454, 1477, 1513, paroisses de Domagné, Orgères et Pléchatel, ancien diocèse de Rennes, portait de gueules au sautoir de vair. (De Courcy, Nobiliaire, p. 283). Bardoul fondue dans Neufville.

Le gisant de l'évêque de Neufville se trouve en la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Une verrière disparue du peintre de Lesneven Alain Cap (XVIIe s.) le représentait. Son épitaphe nous apprend qu'il décéda à Rennes le 5 février 1613 :
Cy gist messire Rolland de Neufville puisné de la Maison du Plessis-Bardoul, en son vivant Evesque de Léon, lequel décéda en la ville de Rennes le cinquième jour de Feuvrier 1613. agé de 83 ans, & fut enterré le VIe jour de Mars ; ayant possédé l’Abbaie de Saint Jac pres Monfort 61 ans & ledit Evesché 51, le laissant par sa vigilance sans aucun hérétique, (Gaignières)

Roland de Neufville, prélat humaniste, mourut en odeur de sainteté. Il fut un grand bâtisseur, faisant ériger plusieurs centaines de croix dans son diocèse, afin, disait-il, "que les fidèles rencontrassent partout les signes augustes de notre rédemption",
L'évêque fut à l'initiative de la publication d'une vie de saint Méen : "Parmi les auteurs qui ont écrit la vie de saint Méen, cet écrivain (le Bollandiste) cite Albert de Morlaix ou Albert le Grand qui écrivait vers 1630; puis Pierre Viel, docteur en théologie, qui rédigea cette vie à la prière de Rolland de Neufville, évéque de Léon (sacré en 1532 et mort en 1613). Nous possédons ces deux vies. Voici le titre de la seconde : « La vie de sainct Méen, abbé au pays de Bretaigne, le 15 juin, mise en français du latin escrit à la main, pris des martyrologes et histoires anciennes dudict pays, à la diligence de Révérend Père en Dieu Roland de Neufville, évêque de Léon en Basse-Bretaigne, par M. Pierre Viel, docteur en théologie » (Revue de l'Anjou, 1890, p. 44).

En 1650, Jan Tanouarn, seigneur Duplessix Bardoul et de Kerdanouarn, abbé commendataire de l'abbaye de Montfort, résidant plus ordinairement au manoir du Plessis Bardoul, paroisse de Téchastel, diocèse de Rennes, fonde pour lui, ses parents et son oncle Rolland de Neufville, chaque jour et fête de saint Rolland, évêque de Cambrai, le 13 octobre, un double solennel, mémoire après vêpres et De profundis chanté près la tombe de Mgr de Neufville « estant dans le chœur, côté de l'Épître » (P. Peyron, La cathédrale de Saint-Pol et le minihy Léon, p. 115).


(1) Renaud de Neuville, seigneur du Plessis-Bardoul, appelé à la montre de l'évêché de Rennes, en 1541, dont le fils, Briand, ne laissa qu'une fille, son héritière, Rollande de Neuville, mariée avant le 29 septembre 1576 à Christophe de Tanouarn.

Sources : Collections numérisées de la bibliothèque de Lyon, avec plusieurs images du missel-pontifical [ Lien ]
Biblio : Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France : Fonds général. Lyon, T. XXX
V. Leroquais, Bibliothèque de la ville de Lyon : Exposition des manuscrits à peintures, Lyon, 1920. 
Pouillé historique de l'archevêché de Rennes.
Missel-pontifical cité par F. Duine, Inventaire liturgique de l'hagiographie bretonne, 1922, p. 212-213, n° ccxcviii.
Y. - P. Castel : "La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613)", dans Annales de Bretagne, t 90, 1983, p. 311-319.
Anciens registres paroissiaux de Bretagne : baptêmes, mariages, sépultures ... (Pléchatel) Par Paul Paris-Jallobert, p. 23.

Bookmark and Share

dimanche 4 juillet 2010

Vente Christie's du 7 juillet 2010 : Heures à l'usage de Rennes


Catalogue en ligne de la très belle vente du 7 juillet, dont Heures à l'usage de Rennes, enluminé par le Maître de Coëtivy, lot 37, honorant plus particulièrement les saints bretons Hervé et Méen. Ci-dessous l'archange Michel (f. 201) :

The Arcana Collection : Exceptional Illuminated Manuscripts and Incunabula
Part I

[ En ligne ]

© Christie's


Le catalogue précise  : "... the Anianus commemorated may be the Breton saint Iunan, original patron of St-Aignan between Brest and Rennes" (sic). Saint-Aignan se trouve dans le Morbihan, ecclesia Sancti Iunani en 1184 (charte de fondation de l'abbaye de Bonrepos); c'est une ancienne trêve de Cleguerec. Pour le nom, cf. Saint-Zunan en Riantec (également Morbihan). Le saint évêque d'Orléans a supplanté un saint local breton (J. Loth, Les noms de saints bretons, p. 67). Au reste, saint Iunan ne se trouve dans aucun livre liturgique breton... ce qui laisse à penser que le Livre d'heures en question honore plutôt l'évêque orléanais. Enfin, la forme Mennanus (pour Méen ?) reste curieuse ... On aurait du avoir Meuenus. Huerveus pour Hervé devrait être Haerveus ...

Bookmark and Share

jeudi 1 juillet 2010

Medieval Manuscripts at Upenn


The Rare Book & Manuscript Library of Upenn holds over 850 Western manuscripts produced before 1601. One year ago we received a grant from the National Endowment for the Humanities to create and make available on the Web all 800+ manuscripts. Halfway through the project, full facsimiles for over 400 codices, fragments, and documents are now available -- free of charge -- on the Internet [ Link ]

Nancy M. Shawcross
Curator of Manuscripts
Rare Book & Manuscript Library
University of Pennsylvania

Bookmark and Share

mercredi 30 juin 2010

Vient de paraître ...


Brepols Publishers annoncent la sortie de :

« PECIA. LE LIVRE ET L’ECRIT »
Nouvelle série périodique, volume 7

Notes de bibliologie

Livres d’heures et manuscrits du Moyen Âge identifiés (XIVe-XVIe s.)


Ed. Jean-Luc Deuffic

Avant-propos Eberhard König


Available from : Brepols Publishers
A présent disponible aux Editions Brepols [ Lien ]

Medieval books of hours still reveal their secrets today as fascinating subjects of study. Medieval scholars, be they art historians, liturgical specialists or philologists, find much of interest in these artefacts. This publication offers descriptions of several books of hours whose owners have been identified by indicators such as their coats of arms. The bibliological notes also offer information on certain copyists which may be of assistance in uncovering new manuscript sources for the cultural history of the Middle Ages.

Les Livres d'heures du Moyen Age se révèlent encore aujourd'hui de fascinants sujets d'étude. Le médiéviste, qu'il soit historien d'art, liturgiste ou philologue y trouvera matière à réflexion. Les pages de ce présent volume contiennent la description de plusieurs Livres d'heures dont les possesseurs ont pu être identifiés par la présence d'armoiries ou d'autres indices. Nous avons également fait place à quelques copistes dans ces notes de bibliologie dont la seule prétention est de faire découvrir de nouvelles sources manuscrites pour l'histoire culturelle du Moyen Age.

Sommaire

I. Les Heures des Hurault de Cheverny
II. La Vie du Christ de Charles de Melun († 1468) London, British Library Harley 4328
III. Les Heures de Ponthus de Brye ( ?) London, British Library, Egerton 109
IV. Le manuscrit des Coutumes de Bretagne de Jullien Chauchart
V. Peintres et enlumineurs à Guingamp à la fin du XVe s.
VI. La bibliothèque du chapitre cathédrale de Tréguier (1491)
VII. Henri Bohic et le receveur Yves de Cleder
VIII. Pierre Geraut et son exemplaire du Roman de la Rose. Manuscrit Paris, Bibliothèque Sainte-Geneviève 1127
IX. Les Coustumes de Bretaigne de Guillaume Davy
X. Fierabras, le Roman de Otinel : un copiste de Chansons de geste à Saint-Brieuc en 1317
XI. Le Livre d’heures des Quédillac (1457)
XII. Les Heures de Guillaume de Mauléon : New York, Pierpont Morgan Library M515
XIII. Les Heures de Marguerite de Fontenay : Boston, Public Library ms q. med. 81
XIV. Un Livre d’heures à l’usage de Tréguier (?) Lyon, Bibliothèque municipale, 577
XV. L’Histoire romaine de Tite-Live : l’exemplaire de Guillaume de Sévigné
XVI. Le Livre d’heures de François de Kerboutier
XVII. Le Livre d’heures de Richard d’Espinay, chambellan du duc de Bretagne
XVIII. Hamon Kerredan, copiste et commensal breton au service de Simon de Cramaud
XIX. Marguerite de Rohan († 1496), et ses livres manuscrits
XX. Les Heures de Gilles de Tournemine, seigneur breton († 1474) : London British Library Harley 5781
XXI. Horae ad usum macloviensis diocesis
XXII. Le copiste Jehan Cachelart : breton ou anglais ?
XXIII. Un manuscrit perdu ? Le Quadrilogue (Alain Chartier) de Jean de Coëtquen
XXIV. Un copiste breton : Yves de Villa Aurea
XXV. Yves et Marion : un couple de libraires au Moyen Age
XXVI. La « librairie » de la duchesse Marguerite de Bretagne en 1469
XXVII. Le comte de Kergariou. A propos d'un Livre d’heures ... et de saint Fiacre
XXVIII. Geoffroy Le Moal et le collège de la Petite Sorbonne
XXIX. Les Heures de Françoise de Dinan (1436-1499) Rennes BM 15942 (34-34bis)
XXX. Guillaume Hervé, copiste pour le médecin royal Guibert de Celsoy
XXXI. Les Heures de Champlais
XXXII. Jean de Derval, bibliophile breton du XVe s.
XXXIII. Guillaume du Stiphel : un copiste breton « in England » au XIVe siècle
XXXIV. Les manuscrits d’Yvon du Fou
XXXV. Livre d’heures identifié : Huntington Library HM 1170
XXXVI. Maître Raoul Le Segaler et la bibliothèque capitulaire de Tours
XXXVII. « Jehan Lavenant », écrivain du roi Charles V
XXXVIII. Une diaspora bretonne des artisans du livre (XIVe-XVe s.)

320 p., 62 b/w ill. + 8 colour ill., 210 x 270 mm
ISBN : 978-2-503-53279-0

Présentation en ligne, format pdf [ En ligne ]

BREPOLS PUBLISHERS

samedi 19 juin 2010

"Gric a Molac" : à propos des Rosmadec, de livres et de manuscrits ...


Fils de Sébastien, baron de Molac et de Françoise de Montmorency, Sébastien II de Rosmadec (1) épousa le 1er mai 1616 Renée de Kergournardec'h et de Kerhoent, alors âgée de 15 ans, dont il aura dix enfants (1bis). Député aux Etats de Bretagne en 1626, il fut nommé gouverneur de la ville de Quimper en 1634 et de Dinan en 1643. Personnage érudit, c'est à lui que font référence les mauristes dom Lobineau et dom Morice, comme ayant réuni un grand nombre de documents relatifs à l'histoire de la Bretagne. Au reste, il fournit au généalogiste d'Hozier le manuscrit de Le Baud que celui-ci fera imprimer en 1638 (Histoire de Bretagne, avec les chroniques des maisons de Vitré et de Laval, ... ensemble quelques autres traités servant à la même histoire, et un recueil armorial... Le tout... tiré de la bibliothèque de Mgr le marquis de Molac ...) [original = London, British Library, Harley 4371] : "Le soin que vous avez, Monseigneur, de joindre à la gloire des armes les connoissances honnestes vous rend plus capable qu'aucun de ceux de vostre condition, de donner ceste assistance à ceux qui ont la mesme curiosité que moy; et comme c'est un bien que vous n'estimez que pour en estre liberal, vous m'avez fait l'honneur de me communiquer abondamment les grandes recherches que vous avez faittes particulièrement pour l'Histoire de Bretagne" (dédicace de d'Hozier à Sébastien de Rosmadec).
Vulson de La Colombière lui dédie sa Science héroïque, et loue en lui "un des plus sages et des plus doctes seigneurs de France". Il fut en relation avec plusieurs érudits de l'époque (André Du Chesne, Autret de Missirien, etc.), avec le dominicain breton Albert Le Grand ...

Nicolas Dadier (+ 1628) "a mis son livre (Parthenice Mariane) sous la protection d'un des plus grands seigneurs, d'un des hommes les plus remarquables de son temps et de son pays : c'est au très noble et vertueux seigneur, marquis de Rosmadec, baron de Molac, de la Hunaudaye et Montafillant, seigneur de Penhouet, gouverneur des ville et château de Dinan, qu'il a dédié sa Parthenice Mariane. Ce Sébastien de Rosmadec est le même qui fut aussi gouverneur de Quimper et qui — au rapport de Lobineau — « avoit conçu de vastes desseins pour une nouvelle histoire de Bretagne ; » son portrait et la généalogie succincte de sa maison se trouvent dans la Science Héroïque de Vulson, publiée à Paris, en 1644, et d'Hozier, lui faisant hommage de son édition de l'Histoire de Bretagne, de Pierre le Baud, parlait de « l'estime extraordinaire qu'il faisoit de ses vertus et de ses talents. » Dadier avait donc bien choisi le protecteur à qui il dédiait son livre ; elles n'étaient pas vaines, sans doute, les louanges par lesquelles il remerciait le marquis de Rosmadec de témoigner une bienveillance éclairée aux couvents de son ordre ; et sa reconnaissance s'appuyait ingénieusement sur des souvenirs historiques, quand il ajoutait : « Un chacun a « aussi cognoissance du regret qui pénétra vostre a âme, après avoir veu les lamentables ruines de « vostre maison et monastère des Carmes, jadis « l'honneur de la ville de Ploërmel, temple fondé, « basti et dédié, il y a plus de trois cents ans, par les « anciens ducs et princes souverains de ce pays. » (Gourcuff, Anthologie des poètes bretons, p. 2),

La bibliothèque du marquis de Molac était "très belle et abondante en livres rares et singuliers" (D. Maillet, Description, notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque publique de Rennes, Rennes, 1837, p. 205).

Fer de reliure, écu aux armes de Rosmadec : palé d'argent et d'azur de six pièces.
Source : G. Vialet, Bibliothèques et bibliophiles bretons anciens, Paris, 1931, p. 188-189, signale un ex-libris (193 x 148 mm) signée Matheus fe[cit] dans la collection du docteur Olivier et de M. J. B. Mercier, de Dijon (Archives de la société des collectionneurs d'ex-libris, 1920, p. 35).

Voir également un ex-libris de Rosmadec ("I. Picart fecit") avec la devise Gric a Molac conservé à l'Herzog August Bibliothek de Wolfenbûttel (Graph. A1: 2068) [En ligne]


(c) Herzog August Bibliothek Wolfenbüttel. Pour l'explication des blasons voir in fine...

Parmi les quelques manuscrits ayant appartenu au marquis de Molac, citons le Paris BnF Lat. 9888, une copie de la Chronique de Saint-Brieuc (cf. l'édition de Gwenaël Le Duc et Claude Sterckx, 1972), in-folio de papier de la fin du XVe siècle. relié en veau, aux armes de Sébastien de Rosmadec. Une note du XVIIe s. (sans doute de Du Paz) précise :
"ce livre commence au feuillet IIII en chiffres. Au XVIIe siècle il y en a 2 perduz, et finist à la page chiffrée CLVII. - Envoyé à Monsieur André du Chesne par Messire Sébastien, marquis de Rosmadec, comte de la Chapelle, baron de Molac, Rostrenen et Penhoët, 1633". Effectivement, dans l'état des papiers de Dom Lobineau, dressé en 1727, ce manuscrit est ainsi désigné : "Un autre volume in quarto, relié en veau de couleur noire passée, étiqueté au dos Chronicum Britanniae et marqué sur les deux côtés de la couverture aux armes de Molac-Rosmadec. Ce manuscrit, très ancien, contient 167 feuillets écrits à deux colonnes". (L. Delisle, Notice sur des collections manuscrites de la Bibliothèque nationale, dans BEC, XXXII, 1875, p. 241-245 (cf. Tudchentil).
Le regretté Hubert Guillotel signale également la présence dans les collections de Rosmadec d'un exemplaire du cartulaire de l'abbaye de la Vieuxville communiqué à André Duchesne ("Cartulaires bretons médiévaux", dans Les cartulaires, ENC, p. 330 et 339).
Le marquis de Molac chérissait entre toutes les sciences "celle qui apprend la connaissance des armes, qui déchiffre leurs blazons et traite de leur origine". L'Oratorien Jacques Lelong, dans sa Bibliothèque historique fait état de ses Mémoires servans à l'Histoire de Bretagne, manuscrit autographe, paraphé de la main du fameux d'Argentré. "Il étoit entre les mains de M. Gérard Mellier, Conseiller du roi ..., maire et colonnel de la Milice bourgeoise de Nantes" (Bibliothèque historique, III, Paris, 1771, p. 401). Sur Gerard Mellier (21 mai 1674-28 décembre 1729) voir l'importante notice toujours utile que lui dédie la Biographie bretonne de P. Levot, II, 1857, p. 442-447. Un colloque lui a été récemment consacré aux Archives départementales de Loire-Atlantique [programme]

Le maire de Nantes, Gerard Mellier, administrateur, "collectionneur" et historien (voir annexe, ci-dessous)

Une généalogie historique du monde, depuis Adam jusqu'au roi Charles V (1364-1380), figure dans les collections Lawrence J. Schoenberg de l'Université de Pennsylvania (USA), acquise chez Sotheby's, à la vente du 23 juin 1998, lot 53. Le manuscrit Ljs266 [ numérisé ], daté de 1404/1406, commence : "Cy ensuit la generation de adam qui comprent jusques au deluge", et finit : "En lan mil CCC hexadecimus le jour de pasques fu sacre pape urban en la ville de rome et en chanta on en leglise de paris Te deum laudamus /". Une note en page de garde indique une provenance : "A lonsiesme feuillet ste Anne et autres choses notables / Ce livre est a present de la Bibliotheque du marquis de Molac", puis au f. 1rv : "Achepte a Rouen le 26 avril 1632 par le marquis de Molac de Bretagne". Une marque plus ancienne (XVe s.), lue seulement à l'ultra-violet donne le nom d'un premier possesseur : "Cest livre est a Johan Auslin".
Il me semble plus vraisemblable d'y lire le nom de Jehan Austin.  Sans doute doit on y voir un membre de la famille Austin (Aoustin) qui donna Guillaume, conseiller clerc de Rouen à la fin du XVe siècle, lignage qui portait : "D'azur à la fasce eschiquetée d'argent et de gueulles de 3 traicts ; accompagnée d'un léopard d'or en chef et 3 coquilles d'or en poincte posées en orle". Ce Guillaume fut conseiller "en la grande séneschaussée de Normendie, et par le registre de l'Eschiquier (1497, p. 63), on voit qu'il y eut lettres du Roy adressées au dict Eschiquier pour informer de la vie, mœurs et suffisance tant du dict Austin que de plusieurs autres qui avoient esté conseillers en la dicte séneschaussée, les quels furent tous ensuite pourveus d'offices de conseillers en Leschiquier comme il sera remarqué cy après. Le dict Aoustin fut pourveu de la dite charge par les lettres d'érection du dict Eschiquier, du mois d'avril 1499 et en fit le serment le 1 d'octobre 1409. M. Le Febvre dict que sa seule vertu l'a eslevé à cette charge. Il estoit curé de Moyaux (arrest de Leschiquier du 28 janvier 1502). Les armes cy employées sont en la maison de M. de Tilly, parroisse de Saint-Amand, laquelle a appartenu à ceux de cette famille" (Recueil des présidents, conseillers et autres officiers de l'Échiquier, p. 55).
Les armes de Guillaume Austin (2) ont été reconnues sur un Livre d'heures à l'usage de Rouen de la bibliothèque de Cheltenham, n° 3977 (Revue catholique de Normandie, 1895, p. 127-128). De même, sur le ms Paris, BnF, Fr. 2195, un exemplaire qui contient des fragments du Roman de la Rose et du Roman de Fauvel et le Testament de J. de Coen, on peut lire au f. 147v : « Cest livre est à Massiot Austin de Rouen qui l'acheta le mois de juing l'an mil IIIIC LXX de ung libratier de Rouen nommé Gautier Néron. Qui le trouvera si le raporte et on luy donnera ung bon pot de vin ». Le nom du copiste, Johan Mulot est donné par une enigme à partir des initiales des mots de trois vers. (Langlois, Les manuscrits, p. 37-38).
Quelques images du manuscrit sur le site Roman de la rose digital library [En ligne]
Massiot fut enterré à Saint-Vincent de Rouen (AD, G 7662).
Un "Jean Autin", fut procureur fiscal de Blanche de Harecourt, comtesse d'Aumale (Eschiquier 1464). Un autre (ou le même) "Jean Austin, demeurant à Vicquemesnil, sergeanterie de Montivillier", fut anobli en 1470.

Autre manuscrit du baron de Molac : Nantes BM 1199 : « Parlement général de Bretaigne, assigné par Pierre, par la grâce de Dieu duc de Bretaigne, comte de Monfort et de Richemont, à tenir à Vannes, à ce lundy vingt-quatriesme jour de may l'an mil quatre cens cinquante ung ». XVe siècle. 286 × 185 mm, papier, 160 f. Reliure basane aux armes de Molac.

Livres imprimés de la bibliothèque de Molac
§ Les oeuvres de maistre Alain Chartier
, Paris, Samuel Thiboust, 1617, relié dans un plein veau brun aux armes or du marquis de Molac avec la devise : 'Gric a Molac' (silence à Molac) dans un encadrement à double filets, est actuellement présenté par la Librairie Guimard, à Nantes. L'ouvrage porte à l'encre brune sur la page de garde : "Ce livre est de la bibliothèque du Marquis de Molac 1630".

§ Livre d’architecture contenant plusieurs portiques de differentes inventions, sur les cinq ordres de colomnes / par Alexandre Francine Florentin, ingenieur ordinaire du Roy. - A Paris : Planches signées : A. Francini inventor ; Tavernier ex. : chez Melchior Tavernier, graveur et imprimeur du Roy pour les tailles douces..., 1631. Mention manuscrite sur la page de dédicace : « Le Marquis de Molac ». Exemplaire : Paris, BENSBA Réserve, LES. 1250 [ Description en ligne ]
 
Pour terminer ce billet, quelques mots sur un feuillet de Livre d'heures présenté à la vente par le libraire américain Swaen, d'Indian Rocks [ description en ligne] :


Ca 1480. 125 x 90 mm. Miniature : 70 x 50 mm. Deus in audiutorium meum intende Domine ad adiuvandum me [festina]//. Psaume LXIX. Le thème de cette miniature pourrait représenter l'épisode du martyre des trois juifs brulés pour n'avoir pas adoré la statue d'or de Nabuchodonosor. Je remercie Jean-Thomas Bruel pour cette suggestion. Voir les commentaires ci-dessous pour d'autres hypothèses...
 

La complicité de plusieurs collègues de la liste Noblesse bretonne a permis l'identification des armoiries présentes au bas de cette enluminure. On y remarque entre autres les armes des Rosmadec, écu écartelé :
1) Pontantoul : D'hermines au sautoir de gueules
2) Pontcroix : d'azur au lion d'argent
3) Kerouzéré : de pourpre au lion d'argent
4) Rosmadec : palé d'argent et d'azur de 6 pièces
L'écu losangé suppose une dame, et de ce fait ces armoiries pourraient bien être celles de Jeanne de Rosmadec, fille de Jean II de Rosmadec (+ 1469), mariée en 1476 à Jean III de Kerouzéré, fils d'Yvon II de K. et de Marie de Kerimerc'h.
Ces mêmes armes (sauf inversement des 1 et 3) se voyaient jadis dans l'église Saint-Collodan de Plogoff (F., Cornouaille), sur d'anciens vitraux aujourd'hui disparus, dont on conserve une description précise :
" Et pour ce quy est des armes en vittre, ledict Filly nous a faict voir au pignon oriantal de ladicte église la grande et maistresse vitre composée de troys passées et de troys souflects, au premier et plus hault desquels est un escusson des armes plaines de Francze partye avecq celle de Bretaigne et au second soufflet quy est du costé de l'évangille, est un équsson en bannière porté par un ange, lecquel eccussson est equartellé, au premier et dernier sont les armes de la baronie de Kerouzéré, quy sont de pourpre à un lion d'argeant, au second et troysiesme sont les armes de la seigneurie de Meinfoults (3) quy sont d'ermines à un saoultouer de gueulles, et au troysiesme soufflets, estant du costé de l'espittre, est un autre ecqusson en banière porté pareillement par un ange, lecquel escusson est aussy ecquartellé, au premier sont les armes de la baronie de Kerouzéré, quy sont de pourpre à un lion d'argeant, au second les armes de Pontecroix quy sont d'azur à un lion d'argeant, au troysiesme sont les armes de Meinfouts, quy sont d'ermines à un aoultouer de gueulles, au quattriesme sont les armes de Rosmadec quy sont palles d'argeant et d'asur de six pièczes".(Prééminences de l'église de Plogoff, Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1913, p. 211-212). Auparavant, le dit Filly "a montré et avons veu en hault du pignon occidentall de lad. église, sur lequel est construict le clocher, un grand escusson en bocze de relieff coupé en bannière ... que ledict Fily nous a dit estre les armes de la seigneurie de Kerouzéré en ecquartellé avecq les armes de la seigneurie de Meinfaoults, dans lacquelle maison de Kerouzéré ladicte terre de Kergaradec (4) a entré par le mariaige de dame Jeanne de Rosmadec avecq Messire Jean, baron de Kerouzéré, l'an 1476" (5).

Notes
(1)
Sébastien II, marquis de Rosmadec, comte de la Chapelle-vers 1630, seigneur du Quéménet, seigneur de Crozon et du Porzay (1623-1647), seigneur de Rosmadec-1647, baron de Molac (1er, 1618), seigneur de Pont-Croix et de Penhoët, seigneur du Juch (1638-1638), baron de Serent, vicomte du Besso, seigneur de la Houlle-1634, seigneur de Coëtmenec'h, gouverneur de Quimper (1634), gouverneur de Dinan (1643), sénéchal héréditaire de Rohan (1613), chevalier de l'Ordre du roi (Saint-Michel), conseiller au Conseil d'État (Source : base Noblesse Bretonne, via Tudchentil)
(1bis) Inhumée au Convent des Augustins de Paris :
CY DEVANT REPOSE || LE CORPS DE DEFFUNCTE || HAULTE ET PUISSANTE DAME || RENÉE,DAME DE KERGOUNADECH FEMME || DE HAULT ET PUISSANT SEIGNEUR MESSIRE SEBASTIEN, MARQUIS || DE ROSMADEC, COMTE DES CHAPELLES ET DE CROZON, BARON DE MOLAC, DE TIVARLEN, DE PONTECROIX ||, DU JUCH, DE PENHOET ET DE SERENT, VICOMTE DE || BEAUMANOIR, DU BESSO, ETC., CHEVALIER ||, CONSEILLER DU ROY EN SES CONSEILS, GOUVERNEUR || POUR SA MAJESTÉ EN SES VILLES, CHASTEAUX ET SENESCHAUSSÉES DE QUIMPER ET DINAN; || LAQUELLE DAME, POSSEDANT DES QUALITÉS || EMINENTES PAR-DESSUS LA CONDITION DE SON SEXE, || FAIT VOIR PAR LA BRIEVETÉ DE SA VIE QUE LES CORPS || LES PLUS PARFAITZ ET LES PLUS BELLESAMES || SARRESTENT ORDINAIREMENT LE MOINS EN CE || MONDE. ELLE EST NÉE DANS LE CHASTEAU DE BOTIGNAU, || EN BRETAGNE, LE XVIE DE JUIN MDCI, ET EST MORTE A || PARIS, LE XIX NOVEMBRE MDCXLIII, DANS LE XLIII || DE SON AAGE, ET LE XXVIII DE SON MARIAGE, AYANT ESTÉ MERE DE X ENFANS, DESQUELS V LA SURVIVENT. LEDICT SEIGNEUR MARQUIS, SON MARY, LUI A || FAIT DRESSER CE MONUMENT ET FONDÉ CEANS UN ANNIVERSAIRE SOLLENNEL ET || AUTRES PRIERES POUR LE REPOS DE || SON AME, ATTENDANT QUE LE MESME || DIEU, QUI PAR SA GRACE LES AVOIT || JOINTS ET UNIS EN CE MONDE, PAR SA || BONTÉ ET MISERICORDE LES REUNISSE POUR || L'ETERNITÉ DEDANS LE CIEL. AMEN.
(Epitaphier du vieux Paris)
(2)
Il y a un Guillaume Aoustin, chanoine de Rouen, curé de saint-Michel, vicaire général de 1493 à (+) 1501.
(3)
"Meinfoults" est pour Menfaoutet, (ou Meanfaoutet, Menfautet), manoir et seigneurie en Cleder, possession des Pontantoul. (F., Léon). Voir Nantes, ADLA, B 1723.
(4)
Kergaradec, aujourd'hui en Cleden-Cap-Sizun.
(5)
Jehan III de K., chevalier, décédé en 1518. En 1476, il partagea avec son frère Charles, qui obtient alors le manoir de Coatsabiec (Plougar). Quimper, ADF 151J 27. Chantal Daniel, Chartrier de Kerouzéré, Quimper, 1993, p. 29.

Explication des blasons de l'ex-libris de Sébastien de Rosmadec (source : François du Fou)
Contre écartelé :
1er : Rosmadec (de) : palé d'argent et d'azur de six pièces
2ème : Chapelle (de La) : de gueules à la fasce d'hermines
3ème : Rohan (de) : de gueules à neuf macles dor, trois, trois et trois
4ème : Beaumanoir du Besso (de) : d'azur à onze billettes d'argent, quatre, trois et quatre
et
1er : Montmorency-Fosseux (de) : d’or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d’azur, quatre, quatre, quatre et quatre
2ème : Aumont (d') : d'argent au chevron de gueules, accompagné de sept merlettes de même, quatre en chef et trois en pointe
3ème : Saint-Amadour (de) : d'argent à trois têtes de loup de gueules
4ème : Ferrières (de) : d'hermines à la bordure de gueules, chargé de fers de cheval d'or
sur le tout :
Bourbon-Préaux (de) : de France à la bande de gueules chargé de trois lions d'argent


Bibliographie
La Science héroïque traitant de la noblesse, de l'origine des armes, de leurs blasons et symboles... avec la généalogie de Rosmadec en Bretagne, le tout embelly d'un grand nombre de figures en taille douce..., par Marc de Vulson, sieur de la Colombière... Paris : chez S. Cramoisy et G. Cramoisy , 1644.
Généalogie succincte de la maison de Rosmadec, extraite de celle qui a été amplement dressée par le sieur d'Hozier,... enrichie de quelques remarques et recherches faites par le sieur de La Colombière Vulson
,... Paris : S. Cramoisy , 1644.


Merci à Diane Booton pour ses premiers commentaires sur la miniature ... A François du Fou, Hervé Torchet, Jean "Brogilos", Jean-Yves Marjou, Jacques Petit, etc, de la liste "Noblesse Bretonne".

Annexe : les collections de Gerard Mellier, maire de Nantes
(tiré de la préface de Léon Maitre, pour l'Essai sur l'histoire de la ville et du comté de Nantes, par Gerard Meiller, Nantes, 1872) :
"Lorsqu'en 1719 Mellier acheva le manuscrit dont on va lire le texte, il n'était pas encore le premier magistrat de la ville de Nantes ; cet honneur lui échut l’année suivante. Son esprit, toujours porté vers la recherche du progrès, conçut de suite la pensée de mettre à profit le dépôt des archives municipales confié à ses soins pour donner plus de développements à son œuvre avec le concours de Dom Lobineau. Voici l'intéressante lettre qu'il adressa à ce sujet au maréchal d'Estrées, gouverneur de Nantes ... :
"Nantes, le 11 octobre 1720.
Monseigneur,
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, le 7 de ce mois, au sujet de la proposition que je vous ai faite touchant l'histoire de la ville et comté de Nantes. Il est certain que le Père Lobineau y serait propre, plus que personne, par toutes les connaissances qu'il s'est acquises en travaillant à l'histoire générale de la province. J'ose même, à cette occasion, vous envoyer, Monseigneur, une lettre qui vient de m'être rendue de sa part, au sujet du rétablissement de sa pension de 300 l. par les raisons contenues dans le mémoire joint à cette lettre. J'avoue qu'il ne serait pas indigne de l'honneur de votre protection à cet égard.
La voie des souscriptions pour une pareille histoire pourrait nous procurer les moyens de l’embellir, en faisant graver tous les portraits des maires sur les originaux qui ont été conservés dans l'hôtel de cette ville. Il y a peu de leurs descendants qui ne fussent ravis d'en acheter des exemplaires, outre qu'on trouverait à Paris divers curieux dans le goût des portraits, qui se porteraient volontiers à souscrire pour cet ouvrage sur le plan imprimé qui en serait annoncé.
Voici, Monseigneur, en général, ce que je pourrais fournir pour ce travail :
- L'histoire manuscrite abrégée de la ville et comté de Nantes, depuis le temps de Jules César.
- Le nobiliaire par extrait du même pays, suivant la dernière réformation de la noblesse.
- Le catalogue des anoblis depuis ce temps, suivant les enregistrements de leurs lettres à la Chambre des Comptes.
- Le manuscrit original de Pierre Lebeau, secrétaire de la duchesse Anne, qui contient une infinité de faits qui concernent la même histoire (6)
- Tous les blasons des maires de Nantes, avec les ornements de l’écu d'après les originaux.
- Les principales chartes qui concernent les privilèges des habitants de la ville et faubourgs de Nantes.
- L'ancienne carte de la ville et comté de Nantes, par Ortelius, et la nouvelle, dressée en 1693 par le Père Lambilly.
- Un manuscrit original, signé de l'argentier de la reine Anne de Bretagne, contenant un ample catalogue des curiosités qu'elle avait ramassées au château de Nantes.
- Toutes les rues de la ville et faubourgs de Nantes dessinés à la plume, d'un très-bon goût; les dessins des édifices publics de Nantes, savoir : du Château, du Palais du Bouffay, de la Chambre des Comptes, de l'église Saint-Pierre et de tous les monuments curieux qui s'y trouvent et dans les autres églises, soit en tombeaux, vitrages, etc.
- Le plan géométrique du cours de la rivière de Loire, depuis Nantes jusqu'aux confins de l'évêché du côté de l'Anjou dans laquelle sont spécifiés les îles, ilôts ; l'original a coûté 1,500 # à faire lever; j'en ai une copie exacte.
- Les plans des œillets de marais salans de Bourgneuf et du Croisic, avec des dissertations physiques sur la manière dont le sel s'y forme et s'y conserve.
- L'histoire manuscrite du commerce de la ville de Nantes et des manufactures établies dans l'évêché.
- Plusieurs monnaies gothiques qui ont été trouvées en divers temps auprès de Nantes et dont j'ai les originaux mêlés d'or et de bronze.
- Plusieurs médailles du haut et bas empire trouvées à Nantes et aux environs : il y en a une entre autres de Néron, en grand bronze, ayant pour revers : Portus ostrensis (sic, pour Ostiensis); elle est très-bien conservée et très-rare.
- Plusieurs monnaies des ducs de Bretagne qui ont résidé à Nantes.
Le père Lobineau a composé l'histoire des saints de cette ville et comté; il ne manque pas de matériaux pour tout cet ouvrage auquel il serait très à propos et très-utile de songer sérieusement.
Je suis, etc.
Mellier"

(6) La vente de la bibliothèque de Gerard Mellier eut lieu en 1735. Le catalogue de celle du maréchal d'Estrées, daté de 1740, porte au n° 16177 : Compillacion des Cronicques & Ystoires des Bretons ; jusqu'en l'année 1457, par Pierre Lebaut. Fol. mss sur vélin avec miniature, exemplaire vendu 100# qui semble bien provenir du maire de Nantes. Au reste, le maréchal d'Estrée possédait d'autres manuscrits bretons :
- Etat de la province générale de Bretagne, in-f° (6,1 #)
- Mémoire de l'état présent de la province de Bretagne, in-4° (1 #)
- Histoire du Barronage de Bretagne, in-f° (15 #)
- Recueil concernant l'incendie de Rennes, in-f°, vendu 60 # avec Réformation de la Noblesse des Evêchez de Rennes et de Dole, in-f° et Réformation des Evêchez de Saint Brieux (sic) et Kimper (sic)
- Réformation de la Noblesse de l'Evêche de S. Malo, in-f°.
- Réformation de la Noblesse de l'Evêché de Nantes, in-f°.
- Réformation de la Noblesse de l'Evêché de Vannes, in-f° (1,5 #)
.......
Recueil de pièces sur les communautés de Bretagne, in-f°.

Nous reviendrons sur les collections du maréchal d'Estrées ... et son catalogue. Voir [ en ligne ] sur le site de l'Ecole nationale des chartes.


Bookmark and Share

mardi 15 juin 2010

La culture de la revendication royale chez les ducs de Bretagne


Nous avons le plaisir d'annoncer la soutenance de thèse en doctorat d’Etat-ès-lettres de notre collègue Jean-Yves Copy, docteur en histoire de l’art, thèse présentée à l'Université de Rennes/2  le 21 juin 2010 :
ETRE ROI A PAMPELUNE, A PARIS ET « EN SON PAYS »
LA CULTURE DE LA REVENDICATION ROYALE CHEZ LES DUCS DE BRETAGNE

Résumé
L’examen du patrimoine artistique breton révèle l’existence de signes royaux, échelonnés entre 1260 et 1514. Chercher un sens à cet ensemble, c’est s’interroger sur son homogénéité et sur ses finalités. Portent-ils tous la même signification politique ? Comment admettre le paradoxe que les souverains bretons ont été de grands féodaux du royaume de France et qu’ils ont manifesté en même temps des aspirations à l’indépendance ? Le duc de Bretagne est-il donc un roi ? Ou bien aspire t’il au titre royal ? Comment concilier l’appropriation de signes royaux et les titulatures a minima, comtale puis ducale, qui leur furent octroyées par le roi de France ? Serait-ce dans la singularité de la revendication ? Revendiquer, c’est faire comme si, c’est défier le roi dans son apparence extérieure, c’est se poser en s’opposant.
La thèse, qui prend surtout appui sur l’étude de la sculpture funéraire, montre les deux champs successifs de la revendication. A l’exemple des deux premiers comtes de Dreux, leurs ancêtres, d’origine capétienne et donc de sang royal, les ducs de Bretagne Pierre Mauclerc, m. 1250, et Jean 1er, m. 1286, ne pensent qu’à un trône royal, et par-dessus tout à celui de France, un rêve grandiose traduit par des images funéraires du pays nantais et repris quatre-vingts ans plus tard par Charles de Blois. Le lignage continue à défier l’Etat.
C’est alors qu’une autre symbolique d’émancipation voit le jour, fondée sur le raccordement au lignage royal breton du Haut Moyen Age, étranger au monde capétien. Descendue du ciel, à Ploermel, la couronne royale bretonne soutient la querelle successorale entre Bretons avant d’être un moyen d’opposition au roi de France.

Jury
M. Michel Pastoureau, directeur d’études à l’Ecole pratique des Hautes études, rapporteur
M. Bruno Boerner, professeur d’histoire de l’art du Moyen Age à l’université de Rennes 2, directeur de thèse, rapporteur
M. Michaël Jones, professeur d’histoire médiévale à l’université de Notttingham, rapporteur
M. Patrick Demouy, professeur d’histoire médiévale à l’université de Reims
M. Bernard Merdrignac, professeur d’histoire médiévale à l’université de Rennes 2
M. Christian Freigang, professeur d’histoire de l’art du Moyen Age à l’université de Francfort-sur-le-Main

21 juin 2010, à 14h 30. Université de Rennes 2, quartier de Villejean, Bâtiment A (Unité de formations et de recherches en sciences sociales), 3e et dernier étage, salle Jacques Léonard (A 322)

lundi 14 juin 2010

Vente Sotheby's du 6 juillet 2010


Le catalogue de la vente Sotheby's du 6 juillet 2010 vient d'être mis en ligne (40 lots, quelques livres d'Heures, dont celui d'Anne de Montmorency (1539, lot 35), un à l'usage de Metz (lot 37), un autre de Poitiers (ca 1470/1480, lot 40) :

[ En ligne ]


Bookmark and Share

dimanche 13 juin 2010

Décès d'André Chédeville (1935- 12 juin 2010)


Nous apprenons - par un message du professeur Bernard Merdrignac - le décès de l'historien André Chédeville, dont les ouvrages sur la Bretagne médiévale sont bien connus, notamment celui publié avec le regretté Hubert Guillotel (également décédé il y a peu de temps), La Bretagne des saints et des rois : Ve-Xe siècles, Edilarge, (1984), collection Ouest France université. Il avait aussi travaillé à l'édition du Cartulaire de Redon.

Sources : liste "La_Bretagne_au_Moyen_Age" (info B. Merdrignac)

/ Source PUF /

Saint-Denis dans l’histoire : sources et historiographie (17 juin 2010)


Saint-Denis dans l’histoire : sources et historiographie (17 juin 2010), tel est le thème de la Journée d’étude des historiens médiévistes et modernistes de l’université Paris 8, Vincennes-Saint-Denis.
Voir présentation et programme sur le site de l'IRHT [ En ligne ]

vendredi 11 juin 2010

PECIA Le livre et l'écrit : Brepols Publishers

PECIA LE LIVRE ET L'ECRIT à la une du site de Brepols Publishers ...

http://www.brepols.net/Pages/Home.aspx

dimanche 6 juin 2010

The Old Testament in Medieval Manuscript Illumination : exposition au Getty Center


"The Old Testament (the Hebrew Bible modified and reordered for Christian use) served as one of the richest sources for narrative art in the Middle Ages. It provided familiar stories–such as those of the Creation of the World and Noah's Ark–and held up heroes such as David and Solomon for emulation.
Medieval readers turned to the Old Testament not only for inspiration and moral guidance, but also as a source of entertaining tales and historical information. This exhibition features illustrations of the Old Testament in a wide variety of books, including: Bibles, private devotional manuscripts, books for the mass, and world histories..."


More ...

1er juin -8 août 2010. Getty Center [ Link ] Site incontournable ...



vendredi 28 mai 2010

Les Oratoriens de Nantes : épaves d’une riche bibliothèque ...


Les Oratoriens furent introduits à Nantes en 1617, l'évêque Charles de Bourgneuf de Cucé (1598-1617) (1) leur octroyant alors le prieuré vannetais des Montagnes, l’Ile-Saint-Michel dépendant de Sainte-Croix de Quimperlé. Le prélat, qui mourut cette même année, le 17 août, leur légua « par testament sa librairie estimée à 10000 francs où il y a de très bons livres, couverts seulement de parchemin, sans papier collé, pour empescher dit-on, que les rats n’appètent à les ronger » (2).
Par un accord du 1er mars 1753 entre la municipalité de Nantes et les Oratoriens, la congrégation ouvrit ses collections (plus de 10.000 volumes) au public.
De cette riche bibliothèque subsistent quelques belles "épaves" à la Bibliothèque municipale de Nantes. Le manuscrit 8 constitue le second tome d'un magnifique exemplaire de la Cité de Dieu enluminé par Maître François, - puis par son principal collaborateur, Jacques de Besançon -, commandité par le célèbre bibliophile Jacques d'Armagnac (1433-1477) et continué pour Philippe de Commines (1447-1511), conseiller du roi (3). Le premier volume se trouve à La Haye, au Musée Meermano-Westreenen (ms 10 A 11). Voir quelques reproductions à cette adresse [En ligne]
Le volume de Nantes a été numérisé entièrement [ En ligne ]

Parmi les autres manuscrits de la collection des Oratoriens conservés à la BM de Nantes, citons : Pontifical de Noyon (ms 24, XVe s.); Bréviaire de Nantes (ms 25, XVe s.), Digestum novum (84, XIVe s.) ; Caton (ms 109, XVe s.) ; Traité de morale dédié à Guillaume Gouffier (ms 207, XVIe s. ) ; Traité d'arithmétique (456, XVe s.), etc ...

Se trouve également à la British Library, Harley 6259 [ En ligne ], un exemplaire du traité de Charles de Viry (?) dédié au duc de Savoie Charles III (1486-1553), portant l'ex libris nantais :



(C) British Library

Ci-dessous exlibris des Oratoriens de Nantes, Oratorii Nannetensis, sur une édition de Josse Bade de [1554]

Badius Ascensius, Jodocus. Navis stultifera d. Sebastiani Brant : verum humanae vitae speculum / Iacobo Lochero interprete Exlibris: "Charles-Louis Frossard, de Nimes pasteur de l'église réformée de France archiviste du synode général." UB Basel AN 129 : http://www.ub.unibas.ch/spez/poeba/poeba-002827822.htm





Oratorians first came to Nantes in 1617. The bishop Charles de Bourgneuf de Cucé (1598-1617) (1) granted them the Vannes priory Montagnes, on the Ile Saint-Michel, which belonged to Sainte-Croix de Quimperlé. The bishop, who died the 17th August that same year, left them in his will 'his library estimated at 10000 francs which consisted of very good books, only covered in parchment, without glued paper, as it is said that in this way the rats will not gnaw them' (2).

Of this rich library some lovely 'wrecks' survive at the Bibliothèque municipale de Nantes. Manuscript 8 consists of the second volume of a magnificent example of the Cité de Dieu illuminated by Maître François, - then by his principal collaborator, Jacques de Besançon -, commissioned by the famous collector Jacques d'Armagnac (1433-1477) and continued for Philippe de Commines (1447-1511), king's counsellor (3). The first volume is in the Hague, at the Meermano-Westreenen Museum (ms 10 A 11). Some reproductions can be seen here [link]. The volume in Nantes has been digitised in its entirety [link].

Other manuscripts of note from the Oratorian collection in Nantes include the Noyon Pontifical (ms 24, 15th cent.), the Nantes Breviary (ms 25, 15th cent.), Digestum novum (84, 14th cent.), Cato (ms 109, 15th cent.), a morality treaty dedicated to Guillaume Gouffier (ms 207, 16th cent.), an arithmetic treaty (456, 15th cent.), and many more.
Also, British Library, Harley 6259 [link], is an example of a treaty by Charles de Viry (?) dedicated to the duke of Savoy Charles III (1486-1553), which has an ex libris from Nantes.

Notes

(1) "Il fut transféré du siège épiscopal de Saint-Malo à celui de Nantes, le 31 août 1598, en vertu de la permutation qu'il avait faite, deux ans auparavant, avec Jean du Bec, nommé à l'évèché de Nantes, après la translation de son oncle Philippe au siège de Reims. Il assista aux Etats tenus à Rennes en 1598 et en 1604. Député en cour pour la même compagnie, il mourut à Chartres le 17 juillet 1617, et fut inhumé à Saint Pierre-en-Vallée. Guillaume Le Gouverneur, évêque de Saint-Malo, parle fort avantageusement de Charles de Bourgneuf dans la préface de son Rituel, imprimé en 1617, et nous le représente comme une des grandes lumières du clergé de France. (D. Morice, Catal. des Evêques). Le Catalogue des Evéques de Bretagne, placé a la suite de la Vie des Saints d'Albert de Morlaix, nous apprend que le même prélat était "homme docte et de vie sainte et austère.... Il a fait faire, ajoute-t-il, les jardins du manoir (épiscopal) de Chasseil et le petit chastelet qui se void, pour s'y retirer et y faire ses exercices spirituels ; donna aux Pères de l'Oratoire, établis à Nantes au collège de Saint-Clément, l'an 1617, sa librairie, estimée dix mille francs et à son église cathédrale, deux tentes de tapisserie, pour orner le choeur et la nef aux festes solemnelles, et toute l'argenterie qui sert à l'autel les grandes festes de l'année. » Enfin Guy Leborgne ne craint pas de dire qu'au jugement de tout le monde le prélat nantais a été l'un des plus grands de son siècle en piété et en doctrine. Ces divers témoignages de science, de vertu et de libéralité, doivent faire considérer comme calomnieuses quelques accusations de simonie portées contre Charles de Bourgneuf, par l'abbé Travers, janséniste intolérant , dans sa prétendue Histoire des Evêques de Nantes, ouvrage qui n'est autre chose qu'un indigeste amas de matériaux, utiles sans doute, mais rangés sans ordre et sans critique." (P. Levot, Biographie bretonne, I, 171)
(2) Dubuisson-Aubenay, Itinéraire de Bretagne en 1636, éd. 2001, II, p. 214.
(3) F. Avril & N. Reynaud, Les manuscrits à peintures, p. 52.

Bibliothèque municipale de Nantes [ Lien ]
Sources :
- Établissement à Nantes des Pères de l'Oratoire. 17 novembre 1617 (Nantes, Archives municipales, BB 28)
- Établissement de la Bibliothèque publique ; délibérations à ce sujet ; nomination du R. P. Giraud, prêtre de l'Oratoire, ancien supérieur de la Maison de Nantes, comme premier bibliothécaire ; règlement, 1, 13 et 18 avril 1753 (Nantes, Archives municipales BB 93)
- Bibliothèque publique. Art. 439, à M. Jérôme Giraud, prêtre, ancien supérieur de la maison de l'Oratoire de Nantes, choisi et nommé pour premier bibliothécaire de la Bibliothèque publique, établie dans la maison de l'Oratoire, 1,600l pour deux années de sa pension et entretien d'un garçon, dont 500l pour le bibliothécaire et 300l pour le garçon. (Nantes, Archives municipales, CC 222)
- (1722) : " pour le sr Lelievre de Valoris, supérieur de l'Oratoire, 2 caisses de livres…, 2 boîtes de remèdes ..." (Nantes, AM GG 781)

- page 1 de 17