Le manuscrit 22 de la
Bibliothèque Sainte-Geneviève de
Paris, ''Bible historiale'' de
Guyart des
Moulins, exécutée vers 1330, apporte une information généalogique
précise sur l'illustre famille bretonne des seigneurs de Léon dont les
exploits de certains membres ont été contés par le chroniqueur
Froissart. On y trouve en effet au recto du dernier feuillet
cette note très détaillée de la naissance en 1341, à la Roche-Maurice
(Finistère), le dimanche après la translation de saint Martin, à deux heures
environ avant le lever du soleil, d'
Hervé VIII de Léon, fils
d'
Hervé VII et de
Marguerite d'Avaugour, sa
seconde femme :
« Anno Domini M° CCC° XLI°, die Jovis post translacionem beati Martini, de
nocte, quasi per duas leucas ante diem, aput Rocham seu Rupem Mauricii , fuit
natus HERVEUS DE LEONIA, ex nobilissimis parentibus procreatus, patre scilicet
domino HERVEO DE LEONIA, matre autem domina Margareta de Alvalgoria ; et
hoc, tempore guerre super ducatu Britannie inter Karolum Blesensem, dominum de
Penthevreia, ex una parte, et comitem de Monte Forti ex alia ; et fuit
conceptus in reditu guerre dominorum regum Francie scilicet et Anglie. Sit
longevus ut Matusale, sapiens ut Salomon, robustus ut Samson, salvatus ut
Petrus Symon ! Amen ». Ainsi, cette Bible appartint à Hervé VII de Léon,
chevalier, seigneur de
Noyon-sur-Andelle.
Pour l'histoire même du manuscrit, notons la présence au verso du dernier
feuillet d’un inventaire très précieux :
« Ensuit les noms et nombres des livres que a Monsr. » Qui est donc
ce « Monseigneur » ?
Tout d’abord il importe de savoir que notre Bible passa par l’officine du
libraire parisien
Geoffroy de Saint-Léger, connu pour avoir
exercé comme libraire-juré de l’Université de Paris en 1316. Au bas du f. 37v,
il signe « C’est Geufroi de S. Ligier ». L’initiale "G" placée au f. 56 et
accompagnant plusieurs illustrations ont conduit François Avril à voir aussi en
lui l’enlumineur. Dans tous les cas il doit être celui qui vendit le manuscrit
au seigneur de Léon.
Nous savons qu’Hervé de Léon possédait à Paris la «
Maison
d’Ardoise … assise … en la grant rue S. Denis », laquelle fut du reste
vendue par sa femme Marguerite d’Avaugour à la confrérie
Saint-Jacques
aux Pélerins en 1343-1344 pour la "délivrance" de son mari alors
prisonnier en Angleterre
(1). Au début de l'année 1341, Hervé
de Léon testa à Paris, en présence notamment du canoniste breton Henri Bohic,
dans la demeure de Guy de la Roche,
in vico alterius divitis, en la
rue de l'autre Riche (sic = il s'agit en fait de la
rue d'Autriche), près du Louvre (
voir
en ligne), non loin du quartier de la Petite Bretagne..
La Maison d'Ardoise était située rue
Saint-Denis, entre la rue du Cygne et la rue Mauconseil : voir le
plan in
extenso.
On peut donc supposer qu’Hervé de Léon acquit cette bible de Geoffroy de
Saint-Léger. Pour ce qui est du « Monseigneur » de l’inventaire,
conjecturons que le manuscrit passa aux héritiers des seigneurs de Léon que
furent les vicomtes de Rohan. Jean I du nom épousa en 1349 Jeanne de Léon ( +
1372). Et l’on connaît assez l’attrait de certains Rohan envers les livres et
les manuscrits pour envisager que ce "Monseigneur" est issu de cette famille et
que l'inventaire en question a pu être celui de la "librairie" d'un
seigneur de Rohan : Pierre (+ 1518), Jean II (+ 1516), Alain
IX (+ 1462) ... ?. Mais le doute subsiste ...
La mention du
Testament de maître François Villon dans cet inventaire
ne permet toutefois pas d’en placer la rédaction
avant 1460.
D'autre part il est souvent difficile de savoir s'il s'agit d'imprimés ou de
manuscrits.

(c) Manuscrit Sainte-Geneviève 22, f. 175. Salomon et la reine de Saba
Parchemin. 545 f. 455 x 320 mm. 2 colonnes de 50/52 lignes.
Maître du Roman
de Fauvel. 125 miniatures « représentatives d’une certaine production
commerciale qui envahit le marché parisien autour des années 1320-1335 »
(F. Avril). Se trouvait à Sainte-Geneviève dès 1698 d'après la note inscrite au
haut du premier feuillet : « Ex libris S. Genovefae Paris., 1698, 20 livres
».
Le style de cet artiste (le Maître du Roman de Fauvel) se repère
facilement par le traitement des carnations en blanc, les compositions souvent
un peu maladroites, les visages aux bouches, nez et yeux rapprochés, les
chevelures bouclées, les drapés fluides aux plis cassés qui ne dévoilent aucune
anatomie. Il favorise l’aspect narratif et expressif des personnages. Comme il
a beaucoup produit d’enluminures, il se répète souvent et commet des
erreurs iconographiques (Éléonore Fournié)
Au verso du dernier feuillet, 545v :
« Ensuit les noms et nombres des livres que a Monsr
1
Lancelot du Lac
(= peut-être le manuscrit ayant appartenu à
Francis Douce :
Printed books and manuscripts bequeathed by Francis Douce, Oxford,
1840, lot 189. Fiche
ARLIMA- Voir le manuscrit
numérisé de
RENNES).
2
Giron le courtoys
(= un exemplaire de "Gyron Le Courtoys", daté ca 1430, ayant appartenu à un
Rohan, est signalé à la vente Quaritch de novembre 1880,
catalogue
332, lot 50. Voir : Gyron le Courtois , avec la devise des Armes de
tous les Chevaliers de la Table Ronde ; translaté et compilé par Rusticien de
Puise. Paris, Verard, gothique, in-fol - Fiche
ARLIMA).
3
Le sainct Greal
(= L'
Histoire, ou
Roman du Sainct Greal,
qui est le
fondement de la Table Ronde, que on dit de Lancelot du Lac et du Roy Artus et
des autres Chevaliers de la Table Ronde, translaté en Romance par Messire Rob.
de Borron. Voir l'édition de Galliot du Pré, de 1516 - Le ms numérisé
Paris,
BnF,
Fr. 113).
4
Merlin et ses prophecies
(= manuscrit ou imprimé ? :
L'Histoire de Merlin, et ses Prophéties.
Paris, Verard, 1498, gothique - Merlin de Robert de Boron, Fiche
ARLIMA).
5
Godeffroy de Billon
(=
Li Roman de Godefroy de Bouillon - Voir sur Persée l'analyse du
roman par Le Roux de Lincy, dans
BEC, 1841).
6
Le Regime des princes
(= Le
De regimine principum fut composé vers 1280 par Gilles de Rome,
précepteur de Philippe Le Bel (
BnF). Gilles de
Rome sur
ARLIMA.
Ce fut un grand succès de la littérature politique médiévale (près de 200
manuscrits latins conservés), traduit en français dès 1282. Charles V en
possèdait une dizaine d’exemplaires dans sa "librairie").
7
Un aultre petit livre du sang
Greal
(= Cf. Conqueste de la très doulce mercy au coeur d'amour espris ;
ensuivant les termes du parler du livre de la
Conquête du Sang
Greal : Ouvrage mêlé de prose et de vers, composé par René (d'Anjou
Roy de Sicile, oncle et cousin de Jean II, Duc de Bourbon et d'Auvergne, à qui
il est dédié )
M.S. in-fol - Voir le manuscrit numérisé Paris,
BnF, Fr.
343)
8
Le Livre des Anges
( = Le
Livre des saints anges, premier ouvrage imprimé à Genève, et
achevé le 23 Mars 1478; pour les manuscrits, par ex. "Le Livre des Anges,
compilé par Frère Françoys Eximinez de l'Ordre des Frères Mineurs, à la
requeste de Messire Pierre d'Artes, Chevalier-Gouverneur jadis du Roy
d'Arragon". in-fol. Manuscrit sur vélin, du 15e siècle, enrichi de deux belles
miniatures, avec les Sommaires en rouge & ses lettres tourneures peintes en
or & en couleurs. Vendu 39 liv. chez M. le Duc de la Vallière.
9
Regnaud de Montauban
(= Renaut de Montauban.
Paris, BnF, Fr. 764, XVe
s., Flandre). Sur
ARLIMA.
10
Le Champion des dames
(= Le Champion des Dames, contenant la deffense des Dames contre Mallebouche et
ses consorts ; (ou critique du Romant de la Rose :) composé en vers par Martin
franc Secretaire du Pape Felix V. avec figures. Paris, Galliot du Pré, 1530.
Martin Le Franc
; Incunable sur
Gallica.
11
Le Romant de la Rose
(=
voir
ici)
12
Alixandre en prose
(=
Vasquez de Lucène, littérateur portugais, dans la traduction française
qu'il fit de Q. Curce en 1468, dit que l' Histoire d'Alexandre se trouvait de
son temps « en francois en rime et en prose en six ou sept manières, mais
corrompues, changées, fausses et pleines de évidens mensonges. »
Sur le Roman d'Alexandre. Voir la
numérisation en
ligne sur le site de la BnF du manuscrit Paris, BnF, Fr. 9342, XVe s., pour
Philippe Le Bon, duc de Bourgogne.
13
Alixandre en ryme
(= Le roman d'Alexandre en vers, sur
ARLIMA)
14
Le Romant de Regnart
(= Le roman de renart, sur
ARLIMA.
Dossier pédagogique sur la BnF
et le manuscrit numérisé
Paris, BnF, Fr.
12584).
15
Deon (sic) de
Meances
(= Doon de Mayence. Voir fiche sur
ARLIMA. Edition en ligne,
Guessard, 1859).
16
Le livre de Ysopet
(= Ysopet, de Marie de France ?.
ARLIMA - Mohan
Halgrain,
Autour
du stemma de l’Isopet de Marie de France).
17
Le Livre de Mandeville
(= Jean de Mandeville, Le Livre des Merveilles du Monde. Fiche
ARLIMA. Paris,
BnF, Fr. 22971,
18
Aubri le Bourgoignon
(= Auberi Le Bourguignon. Fiche
ARLIMA. Edition
Tarbé en ligne. Passage de
Codex and Context. Un exemplaire manuscrit de la
bibliothèque de La Vallière).
19
Le Testament M. F. Vouillon
(= Le Testament de François Villon. Fiche
ARLIMA - Le Grand
testament, sur
Wikisource -
Illustrations sur
Gallica -
Société François
Villon).
20
Plusieurs aultres l
21
Beuffves d’Antonne
(= Beuve d'Hantone. Fiche
ARLIMA.
22
Un livre de sermons
23
Un livre des Sept Sages de Romme
(= Les sept sages de Rome. Voir dans
Brunet. Etude dans le
Bibliophile français. Fiche
ARLIMA.
24
La Guillemine
(= ?)
25
Les Croniques du roy d’Angleterre
(=
Recueil des croniques et anciennes istoires de la Grant Bretaigne,
de Jean de Wavrin. Fiche
ARLIMA - Voir le manuscrit
de la Bibliothèque de La Haye,
KB, 133 A 7
I-III - Le manuscrit numérisé sur Gallica : Paris,
BnF, Fr.
79.
26
Un livre ecclesiastique
27
Le Rebours de Matheolus
(= de Jehan Le Fevre, Voir édition de
1864 en ligne.
28
La vie sainct Jehan Baptiste
(= Vie de saint Jean, plusieurs éditions dans
Brunet.
29
La vie sainct Balan et Josaphat
(= Barlaam et Josaphat. Fiche
ARLIMA - Jean
Sonet, Le roman de Barlaam et Josaphat, dans
Revue belge de philologie et
d'histoire, 23, 1944, p. 25-37, en ligne sur
PERSEE .
30
Troille
(= Giovanni Boccaccio : Roman de Troyle et Criséïde)
31
La Légende dorée
(= de Jacques de Voragine.
Voir ici -
Fiche
ARLIMA).
32
Un petit livre de la table ronde,
Greal
(= Voir expo sur le site
Paris, BnF)
33
Paris et Vianne
(= Paris et Vienne. Voir dans
Brunet pour diverses éditions.
34
Vita Christi
(= de Louis de Saxe. Paris,
BnF, Fr. 177,
178. Manuscrit
Hunter 36-39 de la
Bibliothèque de GLASGOW. Sur Gallica :
Le grand
"Vita Christi" en françoys, par Ludolphe le Chartreux, traduit par
Guillaume Lemenand, 1493/1494).
35
Bouciquault
(=
Le Livre des faicts du bon messire Jean le Maingre, dit Boucicaut.
- Fiche
ARLIMA - Edition
Lalande).
36
Theseus roy de Grece
(= Peut-être la
Vie de Theseus, par Plutarque. Voir le manuscrit
Paris, BnF. Fr. 1396 - ou La Théséide de Boccace,
traduction anonyme en prose française. Fiche
ARLIMA. Imprimé : Ferrare,
Augustinus Carnerius, 1474).
37
La Bible
(= sans doute la
Bible historiale, manuscrit Sainte-Geneviève
22)

(c) Manuscrit Sainte-Geneviève 22, f. 3. Dieu sépare la lumière des ténèbres. A
noter l'indication manuscrite "blanc" donnée à l'enlumineur. Comparer avec le
ms Paris, BnF, Fr. 8, f. 3, ci-dessous, où la même technique a été utilisée, de
même pour le ms Montpellier BU H49. Voir à ce sujet S. Berger - P. Durrieu, «
Les notes pour l'enlumineur dans les manuscrits du Moyen Age », dans
Mémoires de la Société nationale des antiquaires de France, t. 53,
1892, p. 1-30. P. Stirnemann & M. T. Gousset, « Marques, mots, pratiques :
leur signification, et leurs liens dans le travail des enlumineurs », dans O.
Weijers (éd.),
Vocabulaire du livre et de l'écriture au Moyen Âge.
Actes de la table ronde, Paris, 24 septembre 1987, Turnhout, Brepols, 1989, p.
34-55 :

(c) Manuscrit Paris, BnF, Fr. 8, f. 3.
Bible historiale. ca 1320/1330.
Maître du roman de Fauvel. Illustration base
Mandragore
Description
E.
Fournié.

Manuscrit Montpellier, Bibliothèque de Médecine, H49, f. 3v.
Bible
historiale. vers 1312-1317.
(c) IRHT/Montpellier BIU.
Images en
ligne. Notice du manuscrit
par E. Fournié.

(c) Manuscrit Sainte-Geneviève 22, f. 13; Naissance de Seth. Autre indication
sur la tenture blanche : "ouvre" pour "orner". Cf. M. T. Gousset, Libraires, p.
173
BIBLIOGRAPHIE ET LIENS
Voir le manuscrit numérisé sur la base
Liber Floridus.
Description du manuscrit sur
CALAMES
Éléonore
Fournié, « Catalogue des
manuscrits de la
Bible historiale (3/3) »,
L'Atelier du
Centre de recherches historiques ,
03.2 | 2009 , [En ligne],
mis en ligne le 30 septembre 2009. URL :
http://acrh.revues.org/index1469.html.
Consulté le 28 février 2011.
Bibliothèque
Sainte-Geneviève, Paris.
Guyart des Moulins sur le site
ARLIMA
La Bible historiale de la
National Library of
Russia
La Bible historiale de la
Médiathèque de Troyes, enluminée en partie par le
Maître de
Fauvel.
Paris, BnF, Fr.
761. La légende du roi Arthur, Maitre de Fauvel
Aden Kumler, “Faire translater, faire historier: Charles V’s Bible historiale
(Houghton Library, fMS Typ. 555) and the Visual Rhetoric of Vernacular
Sapience,”
Studies in Iconography, 29, 2008, p. 90-135 [
en ligne ].
Kohler,
Catalogue des manuscrits de Sainte-Geneviève, t.1, p.
24-25.
Paul Meyer, « Inventaire d’une bibliothèque française », dans Bulletin de la
Société des anciens textes français, 1883, p. 70-72.
S. Berger,
La Bible française au Moyen-Age, Paris, 1884, p. 213, 288,
304, 376-377.
A. Ramé, « La Bible des sires de Léon », dans
Mélanges d’histoire et
d’archéologie bretonne, t. 1, 1855, p. 241-246.
A. Boinet,
Bulletin de la Société française de reproduction de manuscrits à
peintures, 5, 1921, p. 73-75.
François Duine,
Inventaire , n° 309.
Frédéric Lyna, « Les miniatures d’un manuscrit du
li nous dit », dans
Scriptorium, 1, 1946, p. 117.
François Avril,
Les Fastes du gothique, le siècle de Charles V. Paris,
exposition du Grand Palais, 1981-1982, catalogue, p. 298 et pl. 244.
A. M. Genevois, J.-F. Genest et Anne Chalandon,
Bibliothèque des manuscrits médiévaux en France, relevé des inventaires du
VIIIe au XVIIIe siècle, Paris, 1987, no 1925.
R. H. & M. A. Rouse,The commercial production of manuscript books in
late-thirteenth-century and early-fourteenth-century Paris, dans Linda L.
Brown-Rigg (éd.),
Medieval book production assessing the evidence.
Proceedings of the second conference of the Seminar in the history of the book
to 1500, Oxford, July 1988, Los Altos Hills, 1990, p. 103-115.
Lionel Le Corre,
Présence et pratique de la couleur dans une Bible
historiale parisienne des années 1330 : le manuscrit 22 de la Bibliothèque
Sainte-Geneviève, (s. l.), (1991), 106 p. (Mémoire de maîtrise en histoire
de l’art, Paris IV Sorbonne, 1990-1991).
Dieu en son royaume, la Bible dans la France d'autrefois, XIIIe-XVIIIe
siècle, Paris, 1991, n° 47 p. 63.
Marie-Thérèse Gousset, « Libraires d'origine normande à Paris au XIVe siècle »,
dans (P. Bouet & M. Dosdat),
Manuscrits et enluminures dans le monde
normand (Xe-XVe siècles), Caen, 1999, p. 169-180 (sur Geoffroy de
Saint-Léger, p. 170-173).
Patrick Kernevez & Frédéric Morvan, « Généalogie des Hervé de Léon (vers
1180-1363) », dans
BSAF, 131, 2002, p. 309, transcription et
fac-similé du f. 545 (voir texte sur
Tudchentil).
R. H. & M. A. Rouse,
Manuscripts and Their Makers : Commercial
Book Producers in Medieval Paris, 1200-1500. London : Harvey Miller,
2000, I, p. 206-208 et notes p. 378-379, II, Appendix 8C.
K. Busby,
Codex and Context, 2002, p. 699-701.
Jean-Luc Deuffic, « La Bible historiale d'Hervé de Léon : manuscrit
Bibliothèque Sainte-Geneviève 22 », dans
Pecia,
4, 2004, p. 110-113.
Diane Booton,
Manuscripts, Market and the Transition to Print in Late
Medieval Brittany, Ashgate, 2010, p. 196, 198, 200, 290, 305.
(1) Acte concernant la "Maison d'ardoise" d'Hervé de Léon
:
Par devant le prevost de Paris, en jugement, est produit l'acte suivant : «
Charles, duc de Bretagne, en nostre court, à Jugon, personnellement establie
noble dame Marguerite d'Avaugor, dame de Noion, femme de noble homme et
puissant mons. Hervé de Léon chevalier, sire de Noion, recognut et confessa que
le dit mons. Hervé son mari estoit absent hors du royaume de France, detenu
prisonnier par les Anglois anemis du roy, et pour ce ne povoit bonnement
requerre ne avoir auctorité de son dit mari a faire les choses ci en après
escriptes ; pour quoi, elle voulant parvenir à la necessité de bonne delivrance
de son dit seigneur et mari et pour l'evident besoing et prouffit d'icelui a
establi . . . ses procureurs generaulx et especiaulx ses iraez, mons. Philippe
de la Roche sire de Vaulx, mons. Riou de Rosmadouc et mons. Jehan de Léon sire
de Montagu, chevaliers ; mons. Daniel le Neiret mons. Alain l'Escaf
(A), prestres ; Hervé Raymond et Jehan Lemoine, et chascun
d'euls pour le tout especialement pour obligier la dite dame ses biens, ses
hoirs, par foy, par serement et par peines et par toutes les meilleures
obligacions que l'on saura deviser 1 . . (23 mars 1343). — Sur quoi, par devant
le prevost de Paris, « les quiex procureurs affermerent en vérité que pour la
delivrance de la personne du dit mons. Hervieu de Léon qui, si comme ils
disoient, estoit prisonnier du roy d'Angleterre en la ville de Londres, il
avoient exposé et mis en vente entre les autres choses un hostel si comme il se
comporte, qui est appelé la Meson d'Ardoise, lequel hostel o toutes ses
appartenances led. mons. Hervé tenoit et poussédoit comme son propre heritage
avecques touz les droiz, entrées, issues, court, jardin et la granche, assis à
Paris en la grant rue S. Denis et aboutissant à la rue au Cygne, tenant d'une
part tout au lonc à l'ospital de S. Jacques aux Pelerins, de Paris, et d'autre
part devers la grant rue à la meson que l'en dit aus Trois Filles Dan Symon, et
par devers la rue au Cygne la meson sur la porte, derrieres tenant à la meson
Jehan Beaupignié et d'autre a la meson Hebert d'Ivry. Et est le dit hostel par
devers la grant rue en la censive et seignorie du roy N. S., et par devers la
rue au Cygne en la terre et censive que l'en dit de Jooigny, Iaquele est à
present Jehan de Pacy, bourgeois de Paris ; chargié tout le dit hostel ... en
20 1. 2 s. p. tant de fons de terre comme de crois de cens ou rente chascun an,
deues aus censiers ci apres devisez . . (au curé de l'eglise de S. Pere des
Arsiz 4 1. p.; à l'eglise de S. Magloire 48 s. p.; aus freres de la Trinité 8
s. p. ; à sire Pierre des Essars 40 s. p. ; aus hoirs de maistre Pierre le
Breton 25 s. p. ; à Garnier Marcel 2 3 s. p. ; etc.) et les maistres et
gouverneurs et aulcuns confreres dud. hosp. S. Jacques, pour ce que le dit
hostel ou meson d'Ardoise leur estoit moult convenable pour le dit hospital,
s'estoient trait par devers euls et leur en avoient offert bon et raisonnable
pris, montant à la somme de six cent vingt livres parisis, lequel prix a eté
payé en deniers d'or à l'escu pour treize soulz quatre deniers parisis la pièce
»... Le 22 avril 1344 (Cote 178, dans Henri Bordier, Léon Brièle,
Les
archives hospitalières de Paris, Paris, Champion, 1877,p. 59-60).
(A)
Alain Le Scanff chapelain d'Hervé VII de Léon, puis
d'Hervé VIII, aux testaments desquels il assista, respectivement en 1341 et
1363, fit en 1338 une fondation de deux messes à l'abbaye
Notre-Dame de
Daoulas. A cet effet, Hervé de Léon l'autorisa à acheter 12 livres de
rentes en ses fiefs de Léon ou de Cornouaille. En 1349, Alain gratifia le
monastère augustinien des prévôtés de Sizun et de Ploudiry qui lui valut d'être
inscrit en son nécrologe (J.-L. Deuffic, « Les documents nécrologiques de
l'abbaye Notre-Dame de Daoulas », dans
Bulletin de la Société archéologique
du Finistère, 107, 1979, p. 127).
CREDIT ICONOGRAPHIQUE
Bibliothèque
Sainte-Geneviève
Bibliothèque nationale de
France
Bibliothèque
Interuniversitaire de Montpellier