Le manuscrit médiéval ~ The Medieval Manuscript

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jeudi 17 janvier 2013

Le Livre d'heures de Jean de Popincourt et de Catherine Le Bègue




Un Livre d'heures à l'usage de Paris, ca 1440-1450, décrit il y a déjà quelques années par Joachim M. Plotzek et sans doute aujourd'hui dans une collection particulière a appartenu à trois générations successives des Popincourt (Popaincourt) : Jean de popincourt et Catherine Le Bègue, sa fille Claudine de Popincourt et Jean du Plessis, son mari, et enfin à Guillaume du Plessis, fils de ces derniers. Le manuscrit porte sur un de ses feuillets, à la Crucifixion, un couple en prières (miniature ci-dessus) : Jean de Popincourt et son épouse Catherine Le Bègue.
Jean de Popincourt, seigneur de Sarcelles et de Liancourt, fils de Jean de Popincourt, premier président au Parlement de Paris. Il était substitut du procureur général audit parlement dès l'année 1458, d'après un arrêt du 26 juillet de cette année. Il fut chargé pendant la ligue du Bien Public de la garde de la porte Saint-Denis, et envoyé en ambassade en Angleterre en 1466 avec l'amiral de France et l'évêque de Langres ; il est qualifié président en la Chambre des comptes dans des lettres du 10 juillet 1469, qui le commettent pour faire publier les lettres de don de la Guienne en apanage à Charles de France ; il fut reçu troisième président au Parlement de Paris en 1471, et l'un des commissaires chargés d'instruire le procès du comte de Saint-Pol en 1475. Il avait épousé Catherine le Bègue, fille de Jean le Bègue et de Catherine Paillard, et mourut le 21 mai 1480. (Blanchard, Les Présidents à mortier du Parlement de Paris, p. 105.)  
 
Jean de Popincourt mourut le 23 mai 1480, ainsi qu'on le voyait par son épitaphe placée sur son tombeau dans l'église Sainte-Croix de la Bretonnerie, au milieu du chœur, sous une tombe plate de marbre noir, sous le lutrin. Il laissa une fille du nom de Claudine qui épousa en 1463, Jean de Plessis.

"Ci gist noble homme et saige maistre Jehan de Poupaincourt, en son vivant seigneur de Sarcelles et Lyancourt, conseiller du roy nostre sire et president en sa court de parlement, lequel trespassa le XXVe jour de may M CCCC LXXX".
"Aussy gist noble damoyselle Catherine Le Begue, femme dudict de Poupaincourt, laquelle trespassa le IVe jour d'octobre M CCCC IC"
"Cy gist noble homme Jehan du Plessis, en son vivant seigneur D'Onchamps, de Savonnieres et de la Prugne, conseiller et maistre d'hostel ordinaire des roys Louis XI et Charles VIII, lequel trespassa Le XXVe jour de may M CCCC XCIV"
Cy gist noble damoiselle Claude de Poupaincourt, dame de Sarcelles et de Lyancourt, femme dudict Jehan du Plessis, laquelle trespassa le XXVe jour de novembre M D X. - Priez Dieu Pour Eulx.

Source : 
Épitaphier du vieux Paris, tome III, Chartreux-Saint-Etienne-du-Mont, publié par Emile Raunié, Paris, Imprimerie nationale, 1899, p. 433.
Popincourt : d'azur, à la croix engrêlée d'or. Du Plessis : d'argent, à la croix engrêlèe de gueules et chargée de cinq coquilles d'or -- Le Bègue : D'argent à trois croix ancrées de pourpre à la bordure engrêlée d'azur
Voir le testament de Jean de Popincourt (son oncle), publié en ligne sur Corpus de l'Ecole nationale des chartes, d'après Tuetey, Testaments enregistrés au Parlement de Paris sous le règne de Charles VI.

Documentation :
Archives du château de Chantilly :
1-BA-042 SARCELLES. Aveu de Jean de Poupaincourt, dit Soullart, 22 janvier 1427 [1428] ; de Jean de Poupaincourt, licencié en lois, avocat au Châtelet de Paris, seigneur de Sarcelles, 5 janvier 1436 [1437]. Il vend à Oudin Gagnepain, laboureur, la maison qui lui est échue par la mort d'André Lasneuze, 30 décembre 1437.
2-BA-030. 1457, 6 mars, Jean de Poupaincourt, écuyer, avocat en Parlement, seigneur de Sarcelles, tiers de ladite seigneurie par lui acquis de Guillaume de Malloc et de Jean de Martainville, écuyers.
1-CD-010. Catherine Le Bègue, veuve de Jean de Poupaincourt, président au Parlement, reçoit Fiacre de Harville en foi et hommage, 4 janvier 1489 [1490].
 
Biblio :
Joachim M. Plotzek, Andachtsbücher des Mittelalters aus Privatbesitz, Köln, Schnütgen-Museum, 1987, n° 21, p. 112-114. 
Virginia Reinburg, Books of Hours, 2012, p. 65.
G. Dupont-Ferrier,  "Les avocats à la Chambre ou Cour des aides de Paris au XVe siècle", dans Bibliothèque de l'école des chartes, 93, 1932, p. 267-313 (p. 301) [ en ligne sur Persée ]
G. Dupont-Ferrier, "Les avocats à la Cour du Trésor de 1401 à 1515",  dans Bibliothèque de l'école des chartes, 98, 1937,  p. 99-145 (p. 119) [ en ligne sur Persée ]

lundi 7 janvier 2013

Les Heures de Josse de Lalaing et de Bonne de La Viefville



(c) Quaritch

En feuilletant par hasard un ancien catalogue de la maison Quaritch, une notice a retenu mon attention, celle d'un Livre d'heures à l'usage de Rome présenté comme étant de la maison du Bec, famille bien connue en Bretagne et Normandie. Ce manuscrit de 207 f. mesurant 133 mm sur 95 mm, copié sur 16 lignes à la page, renferme quatre miniatures des Evangélistes en grisaille et onze grandes initiales décorées.
Une recherche plus poussée m'a conduit à rejeter l'identification proposée par le catalogue Quaritch, conforté par l'aide précieuse d'Hanno Wijsman (IRHT). En effet, les armes de Lalaing (1er parti, de gueules, à 10 losanges d'argent aboutées, accolées et rangées 3, 3, 3, 1, la première à dextre chargée d'un lion de gueules) (1), celles de la Viefville (d''or à trois fasces d'azur, trois annelets de gueules brochant sur le champ et la première fasce) et les initiales entrelacées "J" et "B" ne pouvaient que s'appliquer à Josse de Lalaing et à son épouse Bonne de La Viefville, armes que l'on peut voir également sur le vitrail de la Sainte-Trinité en l'église collégiale Sainte-Waudru de Mons offert par leur fils Antoine et son épouse Elisabeth de Culembourg (2).


Armes de Charles II Lalaing, neveu d'Antoine de Lalaing. Fragment de vitrail de Sint-Katharinakerk van Hoogstraten [ source ]


Armes de Simon de Lalaing, seigneur de Montigny. Musée de l'Hotel Sandelin à Saint-Omer.

Sur le personnage :
J. Lauwerijs, Het testament van Joost de Lalaing (+ 1483), Hoogstraeten, chez l'auteur, 1935, 37 p.
Claude Thiry, "Un inédit de Jean Molinet : l'épitaphe de Josse de Lalaing, sire de Montigny (+ 1483)", dans Bulletin de la Commission royale d'histoire, vol. cxxxix, 1973. p. 29-66.
Christiane Van den Bergen-Pantens, "Le tableau des 32 quartiers de Josse de Lalaing, chevalier de la Toison d’or, seigneur de Brosende († 5 août 1483)", dans Jean-Marie Cauchies et Jacqueline Guisset, Du métier des armes à la vie de cour, de la forteresse au château de séjour : XIVe-XVIe siècles, Turnhout, Brepols Publishers, 2005, p. 194-204.

Fils de Simon de Lalaing (second fils d'Othon), seigneur de Montigny, et de Jeanne de Gavre, dame d'Escornaix, de Bracles et Salardingh (fille d'Arnauld de Gavre et de Marie d'Aumont, dame de Bracles), Josse reçut l'ordre la Toison d'Or au treizième chapitre, tenu Bruges en 1478.

Marié en 1462, on peut supposer que le Livre d’heures fut exécuté vers cette date, peut-être comme cadeau à cette union.

Epitaphe de Josse de Lalaign

Ci-gît Messire Josse De Lalaing, Seigneur et Baron dudit lieu, Seigneur de Hantes, Montigny, Bracles et Salardinghe, qui épousa Marie-Bonne de la Vieufville, fille et héritière de Louis de la Vieufville, Seigneur de Sains, Bertes, Orvilliers et de Maurepas, en le Comté d'Artois et d'autres Seigneuries, il fut de l'ordre de la Toison d'Or, Conseiller et Chambellan des magnifiques Princes Charles, Duc de Bourgogne, puis Maximilien, Archiduc d'Autriche et de Dame Marie de Bourgogne, sa femme, il fit plusieurs grands voyages tant par mer que par terre, haut à joutes et tournois, eut plusieurs grandes charges de gendarme, fut Capitaine de cent lances et de Péronne, prit d'assaut une île, le Duc Charles étant venu devant Nuys, fut amiral, Grand Veneur et Commis à créer les lois de Flandre ; Capitaine des deux châteaux et ville de l'Écluse, fut pris à la bataille de Nancy au service de son Prince Charles, qui là mourut, fut Chevalier d'honneur à ladite Dame Duchesse, laquelle eut en lui si grande confiance qu'elle le fit Ier Chambellan et Gouverneur de Monseigneur Philippe, Archiduc d'Autriche son fils, depuis Monseigneur Archiduc et Duc de Bourgogne, Maximilien, qui après fut Roi des Romains ; le fit Gouverneur de Hollande, de Zélande et de Frise, qui pour lors étaient rebelles, et néanmoins après plusieurs rencontres et villes prises, tant par armes que par beau (?), les réduisit à l'obéissance, subjugua la ville d Utrecht, prit d'assaut la forte ville de Hornes en Frise, acquit la Baronnie de Lalaing : Utrecht se remue (?), laquelle fut assiégée par Maximilien d'Autriche où ledit Seigneur Josse avait la charge de toute l'armée et faisant affuter une bombarde, fut atteint de deux coups d'arquebuse, vécut jusqu'au lendemain, se confessa ; reçut son dernier sacrement et trépassa, Chevalier sans reproche.

Source : Recueil historique

Voir la notice de Casimir de Sars de Solmon (Bibliothèque de Valenciennes) consacrée au couple Josse et Bonne :

Josse de Lalaing, sr de Montigny, de Hantes etc., Chevalier de l'ordre de la Toison d'or, lequel acheta la baronnie de Lalaing de son cousin germain Jean de Lalaing et mourut au siège d'Utrecht lan 1483, gist à Deins. Il avoit épousé Bonne de La Viefville, dame de Sains, Tongres et Maurepas, porte fascé d'or et d'azur de huit pièces à 3 annelettes de gueules sur les deux premières fasces, fille de Louis de La Viefville, sr de Sains et de Marguerite de Rincheval, dame de Maurepas.


Provenances du manuscrit :
Sotheby's : Highly important manuscripts, extremely valuable printed books, autograph letters and historical documents, etc. (Milo) - 1925/04/06, lot 486
Quaritch : A Catalogue of Illuminated and Other Manuscripts Together with Some Works on Paleography - 1931 Lot 46
Quaritch : Illuminated and literary manuscripts, autograph letters, etc. - 1941, Lot 22

Notes
(1) On a ici plutôt un losangé.
(2) Corpus vitrearum. Les vitraux de la première moitié du XVIe siècle conservés en Belgique. La collégiale Sainte-Waudru de Mons, t. V, 2009. [ extraits en ligne ] avec une liste de représentations du couple.

Merci à Hanno Wijsman (IRHT)

dimanche 16 décembre 2012

Les Grandes Heures d'Anne de Bretagne numérisées sur Gallica (Paris, BnF, Lat. 9474)



© Paris, BnF, Lat. 9474

C'était un moment tant attendu ! Gallica nous offre un merveilleux cadeau pour ce Noël 2012 : la numérisation des Grandes Heures d'Anne de Bretagne, enluminé par Jean Bourdichon.
[ en ligne ]

Mandement adressé à Jean Bourdichon pour l’exécution des Heures [ numérisé sur Gallica ] :

« ... a notre cher et bien amé Jehan Bourdichon, painctre et valet de chambre de monsieur [le roi], la somme de mil cinquante livres tournois, en six cens escuz d'or, ... tant pour le recompenser de ce qu'il nous a richement et somptueusement historié et enluminé unes grans Heures pour nostre usaige et service, où il a mis grant temps ..." (Blois, 14 mars 1508 n. s.)


© Paris, BnF, Nlle acq. fr. 21192. Signature d'Anne de Bretagne
 
Note sur la reliure :

1684, 20 avril : au Sr Dalencé, 132 #, 5 s. pour son remboursement de la dépense faite pour la reliure des heures d'Anne de Bretagne pour mettre au Cabinet des curiosités du Roy, et 500 # par gratification en considération de ses services ... (J. Guiffrey, Comptes des bâtiments du roi, II, 537)

Quelques références bibliographiques :
Léopold Delisle, Les Grandes heures de la reine Anne de Bretagne et l'atelier de Jean Bourdichon, E. Rahir, 1913.
H. Omont,  "Un document nouveau relatif à Jean Bourdichon", dans  Bibliothèque de l'école des chartes, t. 73, 1912, p. 581-583 [ en ligne sur Persée ]
Heures d'Anne de Bretagne. Reproduction réduite des 63 peintures du Manuscrit latin 9474 de la Bibliothèque nationale [ en ligne ]
V. Leroquais, Les Livres d'heures, I, p. 298-305, n° 144.
Notice détaillée dans F. Avril et N. Reynaud, Les manuscrits à peintures, 1993, n° 164, p. 297-300, avec bibliographie.
Michele Bilimoff, Promenade dans des jardins disparus, Les plantes au Moyen Âge d'apres les Grandes Heures d'Anne de Bretagne, OUEST-FRANCE, 2001.
Facsimilé Moleiro : commentaires rédigé par Marie-Pierre Laffitte (BnF), Georges Minois, Michèle Bilimoff (CNRS) et Carlos Miranda

Documents sur Jean Bourdichon :
« Led. jour [10 VII 1481] en lad. court, personnellement establyz Jehan de La Rue [Delarue], tailleur et Jehanne, sa femme, de lui suffisamment auctorisee, paroissiens de St-Clemens dud. Tours, soubzmectans etc., lesquelx ont ont congneu et confessé en droit en lad. court par devant nous, avoir vendu et octroyé, et encores par ces presentes vendent et octroyent des a present a touzjoursmais perpetuellement a heritaige a Jehan Bourdichon, enlumineur et varlet de chambre du Roy nostre sire, et a Barbe, sa femme,a ce presente, prenans etc. la somme de 49 s. 2 d.t., monnoie courant a present, de rente annuelle et perpetuelle en quoy les personnes qui sensuivent lui sont atenuz par chacun an aux termes et festes de Noel et Jehan-Baptiste par moictie, cest assavoir... » [source : Tours AD37 - Cote: 3E8/285 = en ligne]

29 juillet 1521 par Foussedouaire notaire à Tours : Françoise Bourdichon, fille du feu sieur Jehan Bourdichon, vivant peintre et varlet de chambre du Roy, femme et espouse de honorable homme maistre Jehan Perrigault, licencié ès lois, conseiller en la cour royale de Tours, autorisée par la procuration de son mari pour recevoir heritage de son père avec ses coheritiers et de dame Barbe Colleberde sa mère".

Voir nombreuses références d'archives dans le Dictionnaire critique de biographie et d'histoire - Jean Bourdichon de Tours, dans Archives de l'art français

dimanche 18 novembre 2012

Baltimore, Walters art Museum, W 282 : les Heures de Jean de Ricametz et Catherine de Barbançon



© Baltimore, Walters Art Museum

Le manuscrit Baltimore, Walters art Museum, W 282, Heures de l'Imaculée Conception, avec un calendrier à l'usage de Brugges, porte les notes de Jean de Ricametz et de son fils Christophe =
Sensuiuent les iours des stations qui sont a Rome sur certains iours de lan ainsi verres escript station.
16 octobre 1498, par Christophe, son fils : mariage de Jean de Ricametz avec Catherine de Barbançon, fille de Christophe de Barbançon
25 octobre 1507 : funérailles de Marguerite de Villers au cimetière des Augustins d'Amiens
18 mai 1515 (d'une autre main que les précédentes) : décès de Catherine de Barbançon, "damoiselle de Ricaumez", femme de Jean de Ricametz
f. 123-126v. Séquences dévotionnelles écrites par Jean et son fils Christophe.
Prières en français signées et datées : "Rycaumez. 1514" :

Puis que une fois mourir conuient /
fol est qui ne pense de lame /
Quant est du corps terre deuient /
Soit de noble home ou gentil femme. //
Statutum est hominibus semel mory / post hoc autem Iudicium. ad hebreos 9°. / Pries Iesus pour Rycaumez. 1514".

Vers adressés sans par Jean de R. (ou Christophe ?) à sa femme mourante :

Mon tour viendra mort masuldra /
Et sy ne say /
quant che sera Quant dieu plesra Ie partiray /
Rycavmez / vostre mary"

f. 127v : "Guigemette de maulde de damoiselle de Ricaumez" (A)
De la main de Christophe, le nom Ricametz en lettres grecques : REKAOUMEZ
Décoration
f. 7. La Vierge des litanies et Jean de Ricaumetz
f. 14. Saint Florentius, Jean de Ricaumetz et sa femme
f. 17v. Saint Christophe, en relation avec Christophe de R. et Christophe de B
Ces presentes heures sont a Jehan de Ricaumez / seigneur dudit lieu et a Katherine de barbenchon / sa femme. Quy les trouvera en les rendant / bon vin avesra/ / Ricaumez - Iesus maria.

Jean de Ricaumetz et Catherine de Barbançon à Foufflin-Ricametz

On conserve encore à Foufflin-Ricametz, commune du Pas-deCalais, les dalles tumulaires de Jean de Ricametz et de Catherine de Barbançon, en pierre noire de Tournai, sculptées en haut relief, et encastrées dans le mur, à peu près à l'endroit où elles avaient été découvertes. Voir ici (photo médiocre)
La partie visible mesure 1 m. 83 de hauteur, et 1 m. 15 de largeur. Le seigneur de Ricametz, debout, les mains jointes, a le visage découvert, et la tête garnie d'une abondante chevelure bouclée. Il est revêtu de la cotte de mailles et de la cotte d'armes sur laquelle se voient, plusieurs fois répétées, les trois coquilles de son écu, et qui descend jusqu'à mi-cuisses ; il porte son armure sous sa cotte d'armes, et son épée et ses gantelets suspendus au côté gauche. Ses pieds reposent sur un lion couché dont on n'aperçoit plus que la tête. Au-dessus du chevalier est figuré l'écu des Ricametz : de [gueules] à 3 coquilles d’[or], timbré d'un heaume au cimier caché par la boiserie, et supporté par deux sauvages au corps velu. Autour de la pierre, sur le bord chanfreiné, est l'inscription :

[Chi gist haut et puissant] seigneur Jehan [de Ricaumez] en son viva[nt chevalier] Sr dudit Ricaumez de Rolecourt descoiv[re et d'Herissart qui trespassa le 28 de juillet (1)] lan mil chinq cens et quatre pries dieu pour son ame.

La seconde pierre tombale, placée à côté de la précédente, est celle de Catherine de Barbançon, femme de Jehan de Ricametz ; elle est de la même hauteur, mais elle est beaucoup plus large (1 m. 40) ; de plus, à dextre, est encore dissimulée derrière la boiserie une partie évidée d'environ 25 centimètres de largeur, où ont dû être incrustés les quartiers de la défunte. Sur cette dalle, est sculpté, aussi en haut relief, un cadavre dévoré par les vers, reposant sur une draperie dont une partie, ramenée en avant, recouvre le milieu du corps. De chaque côté des pieds et de la tête, quatre cavités, en forme de losange, avaient sans aucun doute contenu aussi quatre autres quartiers de noblesse. Trois larges banderoles épigraphiées entourent le personnage. On lit sur celle qui est placée à sa droite :

Chy gist Catherine de Barbe[n]chon fille de nobles et puissa[n]ts se[igneu]r et dame Christofle de Barbe[n]chon, en son viva[n]t ch[evali]er et sei[gneu]r de Cani et Varlues et de mada[m]e Jeh[an]ne de Sarrebruche Icelle Ka[theri]ne en son viva[n]t demoiselle de Che[n]pie[n]g et fame de Jeha[n] de Ricaumes, s[e]ig[neu]r dudit lieu Roilecourt Herissart [et] decoyures laquelle finit ses jours le vendredi xviiie jo[u]r de mai en lan mil V cens et qui[n]ze priez Ih[esu]s po[u]r elle.

Sur la banderole placée au-dessus de la tête osseuse du cadavre on lit ces deux vers :

Vermib[us] hic donor et sic oste[n]dere conor
Quod sicut hic ponor ponitur o[mn]is honor.

Enfin, les deux vers suivants sont sculptés sur la 3e banderole, à gauche du personnage :

Quis quis ades quia morte cades sta respice plora
Sum quod eris modicum cineris, pro me precor ora

Épigraphie du département de Pas-de-Calais, Volume 6, p. 338.
Généalogie Barbançon sur la base ROGLO.
Randall, II, p. 485-492, n° 203.
Luxury Bound (Hanno Wijsman)
Baltimore, Walters Art Museum


Foufflin, sur la carte de Cassini

samedi 27 octobre 2012

Auction : Ketterer Kunst (Hamburg) - Alde (Paris) - Christie's (London) : Heures à l'usage de Paris, de Rome, etc ...


Ketterer Kunst (Hamburg)  19/20 novembre 2012  

 096



Heures à l'usage de Paris. 168 f. 158 x 110 mm. Littera textualis. 13 grandes miniatures. Maitre François ?
Description catalogue en ligne

Alde (Paris)
Salle Rossini - 7, rue Rossini 75009 Paris - Mercredi 31 oct. 2012 - Lot 75 : 

Heures à l'usage de Paris. Paris, ca 1500. Parchemin. 162 f. 195 x 110 mm. 29 et 17 longues lignes (calendrier), encre rouge, bleue et or ; écriture bâtarde. 
Chiffre « CA MC CAM » à plusieurs f.
Enluminé par le Maître de la Chronique Scandaleuse et le Maître d'Étienne Poncher
Armes aux f. 13 et 42 : d'or, au lion d'azur armé, lampassé et couronné de gueules. Guillaume de la Cauchie, seigneur de la Cauchie et du Haut-Loquin (Oise), époux de Jeanne de Ligues, fille de Jean III de Récourt dit Agravin, marié en 1476.
Alde SVV : contact@alde.fr
Catalogue en ligne

Christie's : Valuable Manuscripts and Printed Books -  21 November 2012 - 8 King Street, St. James's, London



Lot 26. Heures à l'usage de Paris, ca 1410. 165 x 127mm. i + 158 + i. Maître de Boucicaut et son atelier



Lot 30. Heures à l'usage de Rome. Paris, ca 1530.199 x 134 mm. i + 133 + i f. Provenance : Anne de Montmorency ? : au f. 8, armes pleine page de Montmorency : d'or, à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d'azur  (ici de sable)

Catalogue en ligne

New York, William Doyle Galleries, Inc
Books, Photographs & Prints - Sale 12BP02 - Lot 266
Monday, November 5, 2012 at 10am



Livre d'heures présenté comme exécuté à Bruges ...  origine très discutable ....
Description et images en ligne

mercredi 10 octobre 2012

La « petite dame » de l'atelier du Maître de l'Echevinage de Rouen

Nous avons relevé, suite à notre post sur les Heures de Catherine Ascelin, l'apparition récurrente d'une dame en prières, archétype représentant sans aucun doute la commanditaire de l'ouvrage. Voici donc quelques exemples (exceptés les deux premiers et le dernier) tirés de la base Enluminures, coproduite par le Service du livre et de la lecture et l'Institut de recherche et d'histoire des textes (IRHT -CNRS). Plusieurs de ces Livres d'heures sortent de l'Atelier du Maître de l'Echevinage de Rouen ou de son entourage :


© San Marino, Huntington Library, HM 1166


© London, British Library, Harley 2922 : "In the style of the Echevinage Master"


©Paris, Bibliothèque Mazarine, Faralicq 4 - Atelier du Maître de l'Echevinage de Rouen


© Aix-en-Provence, BM, 22 - Atelier du Maître de l'Echevinage de Rouen - ca 1460-1470 - Base Initiale (IRHT)


© Besançon, BM, 153, f. 93v - Base Initiale (IRHT)


© Oxford Bodleian Library, MS. Rawl. liturg. f. 25, f. 112r


© Carpentras, BM, 61 - Atelier du Maître de l'Echevinage de Rouen


© UPenn Ms. Codex 1056


Charles Edwin Puckett

Biblio : Claudia Rabel,  Artiste et clientèle à la fin du Moyen Age : les manuscrits profanes du Maître de l'échevinage de Rouen , dans Revue de l'Art,  84, 1989, p. 48-60 [ en ligne sur Persée ]

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