Henri Bohic and the cost of producing a manuscript in the Middle
Ages
According to his writings, Henri Bohic was born in Brittany,
in the diocese of Léon, almost certainly in the area covered by the Benedictine
Abbey of Saint-Mathieu du Finistère or one of its priories (« ibi Deus in
finibus terrarum (undè sum oriundus) Alpha et oméga, id est principium atque
finis, collocavit mirificè ! »). At the beginning of the fourteenth century he
was a student of civil law in Orléans under the tutelage of Jean de la Ferté et
Pierre du Chesne (or Du Quesne, future dean of the cathedral chapter of
Tournai). Among his fellow students in Orléans was a certain Alain Helory,
nephew of Yves Hélory, the saint of Tréguier. We know nothing of his time in
Paris, including the dates when he was awarded his maîtrise or his
licence.
Henri Bohic taught for many years. We know that he was responsible for giving
lessons on papal decretals "de mane", that is in the earliest hours of the
morning as the bells for prime were ringing in Notre Dame in Paris. In his
Distinctiones on the papal decretals of Gregory IX, the Breton specialist in
canon law sets out "the substance of the lessons which he gives to the pupils
of the Clos Bruneau". This immense work, written late in life at the insistence
of his pupils and disciples, was finished after the battle of Crécy (1346), and
echoes of this event can be found in one of his "Distinctions". Elsewhere in
his writings, in a passage on the canonical offices, he again refers to the
events at Crécy: "in Paris, in the days which followed the arrival of the sad
news, many chapters and monasteries celebrated the office in the early hours,
not worrying about the fixed times of the liturgy, and then closed the
churches, such was the great panic which reigned" in the capital. Other
manuscripts tell us that Book II was finished in 1349, at a time when many were
dying: the plague, the Black Death, was hitting the heart of Paris.
Tours BM 576, f. 28: Henri Bohic remet son ouvrage au pape. XIVe s.
Au témoignage de ses écrits, Henri Bohic naquit en Bretagne,
au diocèse de Léon, sans doute dans la mouvance de l'abbaye bénédictine de
Saint-Mathieu du Finistère, ou d'un de ses prieurés. Le seigneur, écrivait-il,
avait placé en ce lieu l’Alpha et l’Oméga, c'est-à-dire, le commencement et la
fin : « ibi Deus in finibus terrarum (undè sum oriundus) Alpha et oméga, id est
principium atque finis, collocavit mirificè ! » Henri Bohic fut au début du
XIVe siècle élève en droit civil à Orléans sous Jean de la Ferté et Pierre du
Chesne (ou Du Quesne, futur doyen du chapître cathédral de Tournai). Parmi ses
condisciples se trouvait un certain Alain Helory, neveu d'Yves Hélory, le saint
de Tréguier, lequel fréquenta lui aussi ces écoles d'Orléans. De ses études
dans la capitale nous ne savons rien, ni les dates de sa maîtrise ni celles de
sa licence.
Henri Bohic professa de nombreuses années. Nous savons qu’il lui incombait de
donner la leçon sur les Décrétales « de mane », c’est-à-dire aux toutes
premières heures du matin lorsque sonnait prime à Notre-Dame de Paris. Dans ses
Distinctiones sur les Décrétales de Grégoire IX le canoniste breton
consigne à vrai dire « la substance des leçons qu’il prodigue aux écoliers du
Clos Bruneau ». Cette œuvre immense, construite tardivement sur les instances
de ses propres élèves et disciples, fut achevée après la bataille de Crécy
(1346), événement dont fait écho une de ses distinctions. En d’autre lieu de
son recueil, au passage traitant des heures canoniales, il fait état à nouveau
des évènements de Crécy : « que dans les jours qui suivirent à Paris l’arrivée
de la triste nouvelle, de nombreux chapîtres et monastères célébrèrent l’office
de grand matin, sans se préoccuper des heures fixées par la liturgie, et
fermèrent ensuite les églises, tant était grande la panique qui régnait » dans
la capitale. Certains manuscrits nous apprennent d’autre part que le Livre II
fut terminé en janvier 1349, époque de grande mortalité : le fléau de la «
peste noire » frappe alors le coeur de Paris...
Pour nous faire une idée de la dépense qu'entraînait l'exécution des livres
manuscrits au Moyen Age, nous avons à disposition les frais engendrés pour un
exemplaire des volumineux Commentaires de Henri Bohic,
qu'Etienne de Conty fit transcrire en 1374 et 1375 par le
copiste Guillaume du Breuil. Ils forment deux imposants
volumes in-folio, l'un de 370 feuillets, l'autre de 388. Une note insérée dans
chaque volume nous apprend que l'ouvrage est revenu à 62 livres 11 sous,
monnaie parisis, cette somme se décomposant de la manière suivante :
- Salaire du copiste : 31 livres 5 sous
- Achat et apprêt du parchemin, y compris la réparation des trous : 18 livres
18 sous
- Prix de six grandes initiales dorées : 1 livre 10 sous
- Prix des autres enluminures, en rouge et en bleu : 3 livres 6 sous
- Location d'un exemplaire fourni au copiste par Martin, bedeau des carmes : 4
livres
- Réparation des trous des marges, et étirage du livre : 2 livres
- Reliure : 1 livre 12 sous
Ces manuscrits sont conservés à la Bibliothèque municipale
d’Amiens sous la cote 365.
To give us an idea of the spending involved in making manuscript books in the
Middle Ages we have an example of the costs incurred in making a copy of Henri
Bohic's volumous Commentaires, which Etienne de Conty had made
in 1374 and 1375 by the copyist Guillaume du Breuil. It is a
work of two large in-folio volumes, one with 370 leaves and the other with 388.
A note on the inside of each volume tells us that the work cost 62 livres and
11 sous in Parisian money. This sum was made up of the following:
- The copyist's salary: 31 livres 5 sous
- The purchase and preparation of the parchment, including the mending of
holes: 18 livres 18 sous
- Six initial letters with gold: 1 livre 10 sous
- Other illuminations, in red and blue: 3 livres 6 sous
- The hiring of an exemplar for the copyist provided by Martin, Carmelite
clerk: 4 livres
- Repairs to holes in the margins, and stretching: 2 livres
- Binding: 1 livre 12 sous
These manuscripts are now kept in the Bibliothèque municipale
d’Amiens, shelfmark 365.

Amiens BM 365. f. 310. Armes d'Etienne de Conty. © Institut de recherche et
d'histoire des textes - CNRS
Autre exemple: en 1456, le collège de Beauvais, à Paris, achèta de la
succession de maître Jacques Mérart « un Henry Bourch (sic ) en deux volumes »
pour la somme de 36 écus d’or valant 40 livres. Paris AN H3 278510, f. 44. E.
Pellegrin, Bibliothèques retrouvées, 1985, p. 42 et n. 7.
On se reportera utilement au tableau de ce lien pour une comparaison avec les
prix des denrées de l’époque.
This table is useful as a comparison with the price of general commodities at
the time.
[Format pdf: Lien]
Description du ms Amiens Bm 365. Distinctiones in Libr. I-V
Decretalium. 2 parties. 1er volume. Livres I et II.
f. 1. Inc. « Incipit primus liber distinctionum magistri Henrici Boyc.
Expl. « … quam si prelatus, etc. Explicit liber primus magistri Henrici Bohic.
Unusquisque legens in isto primo libro predicti magistri Henrici Bohic sciat
indubitanter quod anno ab incarnacione Domini millesimo CCC° septuagesimo
quarto, IIIIta die mensis julii, completa fuit littera istius primi libri ; et
fecit eum scribere venerabilis vir frater Stephanus de Contyaco, monachus
antique Corbeye, Ambianensis diocesis, natus de predicta civitate, tunc
prepositus de Busco et bacalarius in vico Brunelli, per manus domini Guillelmi
de Bruolio, presbiteri, canonici Sancti Johannis de Nongento Retrodi ac
scolaris Parisius, illo tunc ibidem commorantis, cum magnis laboribus et
expensis ; ideo studens cum appetitu in eo, roget Deum pro eo. Amen.
Finito libro, sit laus et gloria Christo ;
Vinum scriptori debetur de meliori. »
Puis en lettres d’or :
« Frater Stephanus de Contyaco fecit scribi istum librum. Brueil.
Sor supermo
scrip
li pocia
te
rum tor
bri tur.
Mor superbo
rap li
mori
Item, sciendum est quod iste primus liber fuit ultimate scriptus, et in isto
primo libro sunt XIII sisterni cum duobus foliis; in secundo, cum tabula, XVI
cum VIII° foliis; in tertio et in IIIIto, XVIII cum semi unius; in quinto,
XIIII; et quilibet sexternus in scriptura constitit X solidos, franco pro XVI
solidis. Et totum fecit scribere predictus dominus Guillelmus de Bruolio. Et
sic predicti LXII sixterni cum semi unius constiterunt juste in scriptura XXXI
libras cum V solidis, sunt juste XXXIX franci cum XII denariis. Item, fuerunt
decem bote de pargameno vitulino cum semi unius posite ; unde quelibet bota cum
rasura et reparatione foraminum constitit XXXVI solidos ; et sic constitit
predictus liber in pargameno XXIII francos cum X solidis. Item, sciendum quod
quinque magne littere auree de principiis VI librorum cum prima littera tabule
consteterunt XXX solidos. Item, sciendum quod tota alia illuminatio de aduro et
rubeo constiti IIII francos cum II solidis. Item, sciendum est quod exemplar
tocius libri constitit in locagio Martino, bedello Carmelitarum, V francos.
Item, pro foraminibus reparatis in marginibus cum tractione libri XL solidos.
Item, pro ligatura, II francos. Somma totalis de omnibus expensis factis in
predictis duobus voluminibus, LXII libras cum XI solidis, que juste faciunt
LXXVIII francos cum tribus solidis. » [cette note se retrouve au f. 388v du
second volume.]
f. 160. Livre II.
Inc. « De Quovuldeo, etc. super glosa : sed nonne in fine … »
Expl. « … in glosa allegata. Henricus.» Puis : « Unusquisque legens … [avec les
variantes suivantes :] … anno …millesimo CCC septuagesimo quarto, ultima die
mensis februarii … per manus domini Guillelmi de Bruolio, presbiteri, ac tunc
curati de Villaribus Vicecomitis, Belvacensis dyocesis … Finito libro … [en
lettres d’or :] Stephanus … »
f. 310. Tabula. Inc. « Incipit tabula distinctionum magistri Henrici Bohic
super libro Decretalium. Ut illud quod queritur, occurrat facilius … »
Parchemin. XIVe s. 388 f. 430 x 296 mm. Miniatures et encadrements. Abbaye de
Corbie.
Henri Bohic
enseignant. Manuscrit Amiens BM 366, f. 1 (détail). © Institut de recherche et
d'histoire des textes - CNRS
Catalogue général, XIX, 1893, p. 168-171.
Sur le copiste Guillaume de Breuil voir notamment les études
de Emma Condello, Da copista a familiaris : il cammino professionale di uno
scriba del Trecento nei colophon di Guillaume de Breuil, dans Emma Condello
& Giuseppe De Gregorio (ed.), Scribi a colofoni : Le sottoscrizioni di
copisti dalle origini all’avvento della stampa. Atti del seminario di
Erice, X Colloquio del Comité international de paléographie latine (23-28
octobre 1993), Spolete, 1995, p. 321-346 et pl. ; ibid., Tra littera textualis
e littera bastarda : Scritture e codici di Guillaume de Breuil, dans Scrittura
e civiltà, 19, 1995, p. 235-249, pl. Cf. Richard H. Rouse & Mary A. Rouse,
Illiterati et uxorati. Manuscripts and their makers. Commercial Book
Producers in Medieval Paris 1200-1500, Harvey Miller Publishers, t. 2, 2000, p.
39.
Parmi les nombreux manuscrits des oeuvres d'Henri Bohic, signalons celui très
illustré de la Bibliothèque Mazarine de Paris, coté 1331, issu des anciennes
collections de l'abbaye de Saint-Victor. 276 f. 492 x 350 mm, ca 1470-1480.
Ci-dessous détail du f. 121:

(c) Bibliothèque Mazarine, Paris. CNRS-IRHT & CINES.
Images sur la base Liber Floridus [Lien]
Bibliothèque Mazarine [En ligne]
Bibliographie
Jean-Luc Deuffic, Au service de l'Université et au conseil du duc … Notes sur
le canoniste breton Henri Bohic († v. 1357), dans Pecia, 4-2004, p.
47-102.
[Lien]
Sur Etienne de Conty et ses manuscrits: Léopold Delisle, Recherches sur
l'ancienne bibliothèque de l'abbaye de Corbie, dans Bibliothèque de l'école des
chartes, Tome 1, cinquième série, 1865, p. 393-439 (essentiellement, p.
421-426)
Illustrations
Bibliothèque municipale d'Amiens [Lien] - ©
Institut de recherche et d'histoire des textes - CNRS [Lien]
Maîtres bretons au M.A.
samedi 3 novembre 2007
Henri Bohic ... à propos du prix d'exécution des livres manuscrits au Moyen Age
Par jean luc deuffic le samedi 3 novembre 2007, 13:07
jeudi 20 septembre 2007
Alain de Lille (Alanus ab insulis) était-il breton ?
Par jean luc deuffic le jeudi 20 septembre 2007, 07:50
[Article paru initialement dans Pecia, 4,
2004]
Les origines bretonnes d’Alain de « Lille » et le manuscrit Marseille
BM 436
La renommée du Doctor universalis, théologien, poète et philosophe, a
traversé les siècles, en témoigne encore l’important colloque (1) qui lui
a été récemment consacré. Si l’œuvre d’Alain de « Lille » (Alanus ab
Insulis, 1128-1203) reste généralement bien connue et continue à faire
l’objet d’études de grande valeur, la question de ses origines demeure à ce
jour à l’état de controverse. Nous aimerions ainsi verser à ce dossier épineux
les indications contenues dans le colophon du manuscrit 436 de
la Bibliothèque municipale de Marseille, exemplaire de son
De planctu nature : « Explicit liber magistri Alani. Deo gratias.
[d’une autre main :] Alanus iste qui librum istum composuit, fuit oriundus de
episcopatu Leonie in Britannia. Et vocabatur Alanus Mimi (a), britonice Barz
(b) ; fuit enim magnus clericus valde … ». Il s'agit d'un
manuscrit composite des XIV/XVe s. (202 x 144 mm) provenant de la
Chartreuse de Villeneuve (d'où en tête la lettre de Boson,
général de l'Ordre, adressée au pape Clément V). Le texte d'Alain de Lille se
trouve dans la partie papier, aux f. 34-89.
Parmi les œuvres communément attribuées au docte savant figurait un commentaire
sur les prophéties de Merlin, Explanatio in prophetiam Merlini (2).
L’auteur de ce texte, faisant allusion à la venue de saint Samson en Armorique
donne la liste des saints frères l’accompagnant :
« Venerunt autem cum eo sex fratres ipsius, sancti et magnifici et magnarum
virtutum viri : Melanius (3), Matutus (4), Maclovius (5), Pabutual (6),
Paternus (7), Wasloeus (8), qui in aliis civitatibus ejusdem regni ordinati
sunt, et Ecclesiae Dei praefecti. Et hoc est, quod ait : pastor Eboracensis
septimus in Armorico regno frequentabitur. Hos autem septem fratres, usque in
hodiernum diem, non solum gens incola terrae illius, sed et finitimae regiones,
septem Britanniae sanctos appellant. »
Dans sa notice sur Le culte des sept saints de Bretagne au Moyen Age
(9), l’érudit André Oheix relevant le passage en question
avait remarqué l’incohérence de cette énumération d’hagionymes. En effet, la
présente liste ne correspond pas à celle habituellement connue qui révèla le
pèlerinage si célèbre en Bretagne (10), celui associant les sept saints
fondateurs des évêchés bretons et dont la dévotion populaire s’est maintenue
tardivement. Il semble donc difficile d’admettre que son auteur soit natif d’un
diocèse dont il oublie le saint protecteur, en l’occurrence Paul
Aurélien.
Un projet de recherche autour de ce commentaire est menée actuellement par
Clara Wille du Mittellateinisches Seminar de
l’Université de Zurich. Aucun des manuscrits connus des Prophetie
Merlini n’en attribue la paternité à Alain de Lille. Seules les premières
éditions imprimées font mention de cette identification qui en fait « repose
sur une petite anecdote que relate le commentateur, laquelle s'est passée au
moment de l'entrée du comte Thierry d'Alsace » à Lille le 23 avril 1128 .
L’hypothèse des origines bretonnes d’Alain de Lille ne doit donc pas être
écartée. Le nomen d’Alain n’est pas étranger à la péninsule. Il évoque
ainsi les grands personnages que furent Alain le Grand, ultime roi de Bretagne,
et Alain Barbe-Torte († 952), grand restaurateur du pouvoir breton. Plus tard
il sera porté par quelques membres de prestigieuses familles : Rohan (Alain Ier
le Noir, † 1128), ou Léon (Alain assiste à la translation des reliques de saint
Mathieu en 1206) par exemple. Reste à savoir tout de même si sous le nom
d’Alanus ab Insulis ne se profilent pas plusieurs personnages
homonymes (11).
Was Alain de Lille (Alanus ab insulis) from
Brittany?
[Article adapted from Pecia, 4,
2004]
The renown of Alain de Lille, Doctor Universalis,
theologian, poet and philosopher has crossed the centuries, as is witnessed by
the recent conference devoted to him (1). If the works of Alain de "Lille"
(Alanus ab Insulis, 1128-1203) remain generally well known and
continue to be the object of valuable studies, the question of his origins
remains in a state of controversy to this day. Here I would like to contribute
to this prickly subject the information contained in the colophon of manuscript
436 of the Bibliothèque Municipale de Marseille, which is a copy of his De
Planctu Nature:
" Explicit liber magistri Alani. Deo gratias. [in another hand:] Alanus iste
qui librum istum composuit, fuit oriundus de episcopatu Leonie in Britannia. Et
vocabatur Alanus Mimi (a), britonice Barz (b) ; fuit enim magnus clericus valde
…" This Alain, then, originates from the bishopric of St-Paul de Léon, and is
known as Alain "the bard", which in the Breton language is Barz...
The manuscript in question contains various works, dates from the XIV/XVth
centuries, measures 202 x 144 mm, and comes from the Carthusian monastery of
Villeneuve, near Avignon (and has as its opening the letter
from Boson, the head of the order, to pope Clement V). Alain de Lille's text is
found in the paper portion of the manuscript, on folios 34-89.
Amongst the works commonly attributed to the learned Alain figures a commentary
on Merlin's prophecies, Explanatio in Prophetiam Merlini (2). The
author of this text alludes to St Samson's visit to Armorique (an area of
northern France which includes Brittany) and gives the list of holy brothers
who accompany him:
"Venerunt autem cum eo sex fratres ipsius, sancti et magnifici et magnarum
virtutum viri : Melanius (3), Matutus (4), Maclovius (5), Pabutual (6),
Paternus (7), Wasloeus (8), qui in aliis civitatibus ejusdem regni ordinati
sunt, et Ecclesiae Dei praefecti. Et hoc est, quod ait : pastor Eboracensis
septimus in Armorico regno frequentabitur. Hos autem septem fratres, usque in
hodiernum diem, non solum gens incola terrae illius, sed et finitimae regiones,
septem Britanniae sanctos appellant."
In discussing this passage in his work on the Cult of the Seven Breton Saints
(Le culte des sept saints de Bretagne) in the Middle Ages, the scholar
André Oheix has noted the incoherence of this list of saints.
In fact, the list given here is not the same as that which is generally given
for the famous pilgrimage to Brittany (10) which associates the seven founding
saints of the Breton bishoprics whose popular devotion continued for a long
time. It thus seems difficult to assume that the author did not know about the
diocese whose protecting saint he does not mention, in this case St Paul
Aurélien. A research project surrounding this commentary is currently being
undertaken by Clare Wille of the Mittellateinisches
Seminar of the University of Zurich. None of the known manuscripts of
the Prophetie Merlini attributes the origin to Alain de Lille. Only
the first printed editions make any mention of this identification which in
fact "relies on an anecdote given by the commentator, which took place at the
time of Count Thierry d'Alsace's entry" into Lille on the 23rd April 1128. Thus
the hypothesis that Alain de Lille might have Breton origins cannot be pushed
aside. The name Alain is no stranger to the Breton peninsular. It brings to
mind great figures such as Alain le Grand (the Great), the last king of
Brittany, and Alain Barbe-Torte (of the Twisted Beard) († 952), who did much to
restore Breton power. Later the name was carried by members of prestigious
families such as the Rohans (Alain I le Noir - the Black - †1128) and the Léons
(whose Alain helped with the translation of the relics of St Matthew in 1206),
among others. It remains to be seen whether there are in fact several such
Alains behind the name Alanus ab Insulis (11).
Notes
(a) Sur le terme: [Lien]. Voir dans Du Cange: Ministrelli dicti praesertim scurrae,
mimi, joculatores quos etiamnum vulgo menestreux vel menestriers
appellamus, citant Jornandès.
(b) Moyen breton Barz, français barde, chanteur,
musicien: Bardus gallicè cantor appellatur (Festus, Epit.
Col. 258)
(1) Paris, 23-25 octobre 2003 : « Philosophie, théologie et littérature au XIIe
siècle : Alain de Lille. Le Docteur universel. Huitième centenaire de sa mort
», colloque organisé par la Société internationale pour l’étude de la
philosophie médiévale.
(2) Prophetia Anglicana, Merlini Ambrosii Britanni, ex Incubo olim (ut hominum
fama est) ante annos nulle ducentos circiter in anglia nati, vaticinia et
praedictiones : a Gaffredo Monumetensi latine conversae. Una cum septem libris.
Explantationum in eandem prophetiam, Alani de Insulis. Francofurti, typis G.
Bratheringii, 1603.
(3) Melaine, le saint fondateur de l’abbaye rennaise qui porte son nom.
(4) Pour Macutus, autre nom de saint Malo.
(5) Saint Malo.
(6) Saint Tudwal, patron de l’évêché de Tréguier.
(7) Saint Paterne de Vannes.
(8) Sans doute une déformation du nom du saint fondateur de l’abbaye de
Landévennec, Guénolé, Winwaloeus.
(9) Dans Mémoires de la Société d’émulation des Côtes-du-Nord, 49,
1911, p. 11 sq.
(10) Aussi appelé Tro Breiz, « tour de Bretagne ». Sur ce pèlerinage on
consultera entre autres : Trevedy, Les sept Saints de Bretagne et leur
pèlerinage, dans Bulletin archéologique de l’Association bretonne,
1897, p. 112-167; du même, Culte collectif des Sept Saints de Bretagne, dans
Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 28, 1901, p. 8-28 ;
Abgrall, Etude … du chemin du pèlerinage des Sept Saints entre Quimper et
Vannes, dans Bulletin archéologique de l’Association bretonne, 1905,
p. 111-124 ; L. Le Guennec, Le Chemin du Tro-Breiz entre Saint-Pol de Léon et
Tréguier, dans Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 33,
1906, p. 247-281. Charles Mendes, Au sujet du Tro Breiz, Edition du
Moulin Vieux, 1991. Yves-Pascal Castel, Le chant du Tro-Breiz,
Editions Nouvelles du Finistère, 1995.
(11) Nous rencontrons au XIVe s. plusieurs Bretons portant ce patronyme :
Pierre de l’Isle, archidiacre de Tréguier, maître en théologie, pourvu de
l’évêché de Tréguier le 16 septembre 1323; Raoul de l’Isle, maître ès-arts,
reçoit un canonicat avec expectative de prébende pour le diocèse de Léon le 14
octobre 1327; Geoffroy de l’Isle, chanoine de Nantes, professeur en médecine en
1329; Yves de l’Isle, étudiant en théologie au collège de Navarre en 1342,
chanoine de Dol en 1349, etc. Les toponymes sont également nombreux : L’Isle en
Plonevez-Lochrist, Spezet, Le Tréhou, etc, pour les anciens diocèses de Léon et
de Cornouaille.
Je remecie Clara Wille pour son message du 20 juillet 2004. Lire son étude: La Symbolique animale de la Prophetia Merlini de Geoffroy de Monmouth selon un commentaire du XIIe siecle attribué à Alain de Lille [En ligne, au format pdf]
Prophetia anglicana Merlini Ambrosii britanni ... vaticinia et praedictiones a Galfredo Monemutensi latine conversae una cum septem libris explanationum in eamdem prophetiam... Alani de Insulis,... Francofurti, G. Bratheringii, 1603 [En ligne sur Gallica]
J. Crick, Geoffrey of Monmouth, prophecy and history, dans Journal of Medieval History, 18, 1992, p. 73.
M. Th. d'Alverny, Alain de Lille, textes inédits, Paris, 1965.
Alain de Lille, Lettres familières (1167-1170), éd. Françoise Hudry, Etudes et Rencontres de l’Ecole des Chartes 14, Paris, 2003.
Palémon Glorieux, Alain de lille: problèmes d'édition, dans H. Roussel, F. Suard, Alain de Lille, Gautier de Châtillon, Jakemart Giélée et leur temps, Lille, 1980, p. 77-81. Christel Meier, Die Rezeption des Anticlaudianus Alans von Lille in Textkommentierung und Illustration, dans : Text und Bild, hg. von Christel Meier/Uwe Ruberg, Wiesbaden, 1980, p. 408-549.
M. Bloomfield, A Preliminary List of Incipits of Latin Works on the Virtues and Vices, mainly of the Thirteenth, Fourteenth and Fifteenth Centuries, dans Traditio, 11, 1955, n. 61.
P. Michaud-Quantin, Le Liber penitentialis d'Alain de Lille. Le temoignage des manuscrits belges et francais, dans Citeaux, 10, 1959, p. 93-106; idem, Sommes de casuistique et manuels de confession au moyen âge, XII - XVI siècles, Louvain, Lille, Montreal, 1962, p. 15-19.
L. E. Marshall, Phalerae Poetae and the Prophet’s New Words in the Anticlaudianus of Alan of Lille [En ligne]
Magister Alanus (of Lille?), Introduction to his commentary on the pseudo-Ciceronian Rhetorica ad Herennium, &
=> [Essentiel] J. O. Ward, Between two worlds: the career and oeuvre of Alan of Lille [En ligne]
Encyclopédie théologique de Migne: Alain de Lille [Lien]
Liens
Lire le c.r. de Max Lejbowicz sur le livre de Marcel Brasseur, La geste des Bretons II, Merlin le veilleur du temps [En ligne sur le site des Cahiers de recherches médiévales]
Wikipedia [En ligne]
Florent Rouillé, L’hymne « Omnis mundi creatura », une miniature de l’Anticlaudien d’Alain de Lille (XIIe s.) [En ligne]
De planctu naturae [En ligne: Intratext]
De planctu naturae [En ligne: The latin library]
The Complaint of Nature [En ligne: Medieval Sourcebook]
Anticlaudianus sive De officiis viri boni et perfecti [Bibliotheca Augustana] [pdf :Documenta catholica]
Manuscrit numérisé
§ Biblioteca Pública del Estado en Soria ms 23-H(2) : Tractatus Magistri Alani super Cantica Canticorum (XIIIe s.) [En ligne]
Illustration: Les Paraboles Maîstre Alain. Paris, Antoine Vérard, 20 mars 1492 (1493 ns). Chantilly, musée Condé. (C) Photo RMN - ©René-Gabriel Ojéda
lundi 3 septembre 2007
Guillaume de Rennes (ca 1250)
Par jean luc deuffic le lundi 3 septembre 2007, 20:38
Parmi les universitaires bretons du Moyen Age, le nom de Guillaume
de Rennes reste associé à un important traité sur la
Somme du catalan Raymond de Penyafort, dont il
nous reste de nombreux manuscrits.

(c) Bibliothèque de Valenciennes ms 212. Détail du f. 2v.
Guillaume serait originaire de Thorigné-sur-Vilaine, près de Rennes, et
plusieurs manuscrits le présentent comme magister in decretis et pariter in
legibus, officialis Senonensis, Remensis et Turonensis (Graz 824, Erlangen
363). Il serait mort au couvent d'Orléans.
Peut-être est-il celui qui figure dans le nécrologe-obituaire de la
cathédrale du Mans (fin du XIIIe s.) au 1er décembre:
Eodem die, obiit frater Willelmus Redonensis, de ordine
predicatorum; vir magne fame et magni consilii, qui antea fuerat hujus ecclesie
canonicus et magister scolarum, et postea archidiaconus de Sabolio (=
Sablé). Cujus anima requiescat in pace.
G.
Busson & A. Ledru, Nécrologe-obituaire de la
cathédrale du Mans, Archives Hist. du maine, VII, Le Mans, 1906, p.
322.
Manuscrits de Guillaume de
Rennes
Valenciennes BM ms 212 (203).
Raimond de Penafort. Summa de casibus. - Début : Quoniam, ut ait Jeronimus
de penitentia, secunda post naufragium... Sur les marges, commentaire
perpétuel de Guillaume de Rennes : Ait Jeronimus de penit., dist. I, cap.
vero : Secunda tabula. Tabula hic dicitur baptismus... A la fin
du livre IV : Explicit summa de matrimonio. - Explicit correctio super
matrimonium. A la fin du volume, les neuf vers connus :
Incestum faciens, corrumpens aut homicida...
Si male de bulla pape tractaveris ulla.
Puis recettes médicales.
XIIIe siècle. Parchemin. 1 et 355 feuillets à 2 col. et à longues lignes.
235 x 156 mm. Initiales de couleur, quelques-unes rehaussées d'or. Rel.
bois, peau blanche. - (Abbaye de Saint-Amand; ancien R, 242; Sanderus, R,
183.) [En ligne]
> Voir le manuscrit numérisé Biblioteca Pública del Estado
en Tarragona ms. 82 [En ligne]
> Berlin, Staatsbibliothek zu Berlin Ham. 30 [En ligne]
> Erlangen, Universitätsbibliothek ms 362 [En ligne] 363 [En ligne]
> Köln, Historisches Archiv der Stadt Köln GB oct. 1 [En ligne] = contient également des extraits de Guillaume Le
Breton (Guillelmus Brito sive Armoricus)...
> Nürnberg, Stadtbibliothek Cent. V, 77 [En ligne] Cent. V, 93 [En ligne]
> Stuttgart, Württembergische Landesbibliothek HB VI 90 [En ligne]
> Université de Mons-Hainaut - Bibliothèque centrale - MONS - cod. 58/116
[En
ligne]
> Université de Liège - Bibliothèque générale de philosophie et lettres -
LIEGE - ms. 577 [En ligne]
> Berkeley University of California Robbins ms 11 [En ligne]
>
San Marino, Henry E. Huntington Library HM 57 [En
ligne] Ci-dessous, détail du f. 1v:

(c) Henry E. Huntington Library and Art Gallery, San Marino,
California
(c) Digital Scriptorium
> Cod. Ups. C 589 [En ligne]
> Melk 1548. XIVe s. [En ligne] Inventar der Handschriften des Benediktinerstiftes
Melk.
> Leeuwarden, Tresoar : PBF 587 hs [En ligne]
> Troyes Médiathèque ms 279. XIVe s. Ci-dessous détail du f. 1 avec armes à
identifier:
© Institut de recherche et d'histoire des textes - CNRS
Oeuvres de
Guillaume de Rennes
§ Apparatus in Summam de casibus Raimundi de Penyafort (ca
1241)
Inc. prol. : Ait Hieronymus de penit., d. I, c. 2, secunda tabula.
Tabula hic dicitur baptismus vel penitentia, quia sicut nauta nave fracta
adherendo alicui tabule.
Inc. lib. I: Quoniam inter crimina ecclesiastica. W. Crimina
ecclesiastica sunt quorum cognitio pertinet ad ecclesiasticum iudicem,
secularia vero que pertinent ad iudicem secularem.
§ Quaestiones Summae de casibus Raimundi de Penyafort
adiecta.
Inc.: De temporibus et qualitate ordinandorum. Queritur de hiis qui scienter
peccaverunt peccatis enormibus, ut incestu cum consanguinea vel affini
spirituali vel etiam sanctimoniali.
§ Summa abbreviata.
Inc.: Aliquis secularis receptus est in canonicum regularem vel monachum.
Consuetudo est quod receptus det prandium recipientibus.
Biblio: Thomas Kaepelli O.P., Scriptores Ordinis
Praedicatorum Medii Aevi, Volumen II, Romae ad S. Sabinae, 1975, p.
156-159, avec liste des manuscrits.
Histoire littéraire de la France, XVIII, 1895, p. 403-406.
K. Pennington, Summae on Raymond de Pennafort’s
Summa de Casibus in the Bayerische Staatsbibliothek, Munich,
dans Traditio, 27, 1971, p. 471-80