Nous avons le plaisir d'annoncer la soutenance de thèse en doctorat
d’Etat-ès-lettres de notre collègue Jean-Yves Copy, docteur en
histoire de l’art, thèse présentée à l'Université de Rennes/2 le 21 juin
2010 :
ETRE ROI A PAMPELUNE, A PARIS ET « EN SON PAYS »
LA CULTURE DE LA REVENDICATION ROYALE CHEZ LES DUCS DE BRETAGNE
L’examen du patrimoine artistique breton révèle l’existence de signes royaux, échelonnés entre 1260 et 1514. Chercher un sens à cet ensemble, c’est s’interroger sur son homogénéité et sur ses finalités. Portent-ils tous la même signification politique ? Comment admettre le paradoxe que les souverains bretons ont été de grands féodaux du royaume de France et qu’ils ont manifesté en même temps des aspirations à l’indépendance ? Le duc de Bretagne est-il donc un roi ? Ou bien aspire t’il au titre royal ? Comment concilier l’appropriation de signes royaux et les titulatures a minima, comtale puis ducale, qui leur furent octroyées par le roi de France ? Serait-ce dans la singularité de la revendication ? Revendiquer, c’est faire comme si, c’est défier le roi dans son apparence extérieure, c’est se poser en s’opposant.
La thèse, qui prend surtout appui sur l’étude de la sculpture funéraire, montre les deux champs successifs de la revendication. A l’exemple des deux premiers comtes de Dreux, leurs ancêtres, d’origine capétienne et donc de sang royal, les ducs de Bretagne Pierre Mauclerc, m. 1250, et Jean 1er, m. 1286, ne pensent qu’à un trône royal, et par-dessus tout à celui de France, un rêve grandiose traduit par des images funéraires du pays nantais et repris quatre-vingts ans plus tard par Charles de Blois. Le lignage continue à défier l’Etat.
C’est alors qu’une autre symbolique d’émancipation voit le jour, fondée sur le raccordement au lignage royal breton du Haut Moyen Age, étranger au monde capétien. Descendue du ciel, à Ploermel, la couronne royale bretonne soutient la querelle successorale entre Bretons avant d’être un moyen d’opposition au roi de France.
Jury
M. Michel Pastoureau, directeur d’études à l’Ecole pratique des Hautes études, rapporteur
M. Bruno Boerner, professeur d’histoire de l’art du Moyen Age à l’université de Rennes 2, directeur de thèse, rapporteur
M. Michaël Jones, professeur d’histoire médiévale à l’université de Notttingham, rapporteur
M. Patrick Demouy, professeur d’histoire médiévale à l’université de Reims
M. Bernard Merdrignac, professeur d’histoire médiévale à l’université de Rennes 2
M. Christian Freigang, professeur d’histoire de l’art du Moyen Age à l’université de Francfort-sur-le-Main
21 juin 2010, à 14h 30. Université de Rennes 2, quartier de Villejean, Bâtiment A (Unité de formations et de recherches en sciences sociales), 3e et dernier étage, salle Jacques Léonard (A 322)
Manuel Díaz y Díaz, attaché à l'Université de Saint-Jacques de
Compostelle, vient de décéder. Ce grand médiéviste espagnol, membre du
Comite international de paléographie latine (CIPL) était
président émérite de l'Université de Santiago de Compostela. Il occupait la
chaire de philologie latine des universités de Valence, Salamanque et
Saint-Jacques-de-Compostelle. Depuis les années 50, ce chercheur a consacré sa
carrière au domaine de la philologie latine et aux études médiévales, étant
devenu l'une des références internationales dans ces deux domaines d'études,
comme le prouve les trente sept thèses de doctorat et les huit projets de
recherche qu'il a dirigé. Il a reçu de nombreux prix et distinctions. Il a été
nommé docteur honoraire des universités de Lisbonne, Salamanque, Léon et
Coimbra, et a enseigné plusieurs cours et conférences dans de nombreuses
universités européennes et américaines. Il fut l'un des principaux promoteurs
des études "jacquaires", participant à de multiples projets, des publications,
des congrès et à la création de centres de recherche, à travers l'Europe, pour
l'étude du "Chemin de Saint-Jacques" et de son influence dans la construction
de l'espace européen. Ses œuvres les plus remarquables sont, entre
autres:
On lui doit
plusieurs études sur les manuscrits bretons, dont le Harkness Gospels
(New York, Public Library 115, IXe s.) [
La mise en ligne de son inventaire
British Medieval Library Catalogues reste pour les médiévistes un
instrument de travail incontournable pour l'étude des manuscrits et des
bibliothèques anglaises au Moyen Age. On lira également avec beaucoup d'intérêt
Le bibliothécaire médiéval et son héritage, conférence donnée à la
Sorbonne le 18 septembre 2003. Dans l'impressionante liste des publications de
Richard Sharpe nombre d'études font référence aux manuscrits médiévaux.