Le manuscrit médiéval ~ The Medieval Manuscript

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dimanche 25 novembre 2012

Une épitaphe inédite du duc de Bretagne François II (+ 1488)

Epitaphe du feu duc Françoys de Bretaigne

Je suis nommé Françoys, qui en la maison de France
Par le feu bon roy Charles norry de mon enfance
Mes honneurs, et grans biens de sa grace receuz.
Apres la mort Arthus, duc de Bretaigne fuz
Le roy Loys XIe pere du roy regnand
Charles du nom, VIIIe me greva durement
Plusieurs foys m’en hay, mais a luy resistay
Contre son filz puissant en la fin j’en (?) n'ay
Riens ne ma valu, Nantes, Feugeres, Saint Malo
Toute Basse Bretaigne, ne le pays galo
Ne tous mes aliez ne m’ont peu secourir
Quil n’ait faict en ma terre par toust son ost avoir
Sur moy a conqueste le pays tout en tour
Au contre son effors ny ay sceu donner tour
Victoire a heu sur moy, Dieu la ainsi permis
Dont a traicté de paix me rengay, et soubmys
Mays lors que je cuydoye paisible user mes jours
La mort anticipa de ma vie le cours
En septembre rendi mon ame a Dieu lassus
L’an mil, et IIIIc octante, et huict escheuz,
A Nantes fust mon corps mys dessoubz cest lame,
Vous qui cecy lires priez Dieu pour mon ame.
Amen.

L'épitaphe contenue dans le manuscrit Paris, BnF, Fr. 3939, f. 8v, retranscrite ici avec l'aimable concours de Michael Jones n'a, me semble-t-il, jamais été publiée. Elle fait partie d'un important recueil de pièces en prose et en vers du XVIe siècle, pourtant connu des chercheurs.
Le duc François II mourut à Couëron le 9 septembre 1488.

Manuscrit numérisé sur Gallica


Cathédrale de Nantes : tombeau de François II, duc de Bretagne et de sa femme Marguerite de Foix, commandé par Anne de Bretagne pour honorer la mémoire de ses parents, initialement placé dans la chapelle des Carmes à Nantes.
Site de la cathédrale de Nantes
Wikipédia


François II sur l'ancien vitrail des Cordeliers de Nantes [ Gallica ]

Biblio :
M. Jones, "En son habit royal": le duc de Bretagne et son image vers la fin du Moyen Âge, dans Représentation, pouvoir et royauté à la fin du Moyen Âge. Actes du colloque organisé par l'Université du Maine les 25 et 26 mars 1994, Blanchard, Joël [Publ.]. Paris (1995), p. 253-278. 
Murielle Gaude-Ferragu, D'or et de cendres : La mort et les funérailles des princes dans le royaume de France au bas Moyen Âge, Lille, PUS, 2005, p. 238sq.


Sceau équestre de François II, duc de Bretagne


François II (1458-1488). AVERS : + *FRAnCISCVS* DEI* GRACIA* - BRITOnV* DVX* R. Cavalier galopant à droite.

REVERS : + *DEVS* In* ADIVTORIVm* mEVm* In* TEnDE* R*. Croix feuillue et tréflée accostée de quatre mouchetures d'hermine.
[ Source ]

Testament du duc François II
(septembre 1488)

À tous ceux qui ces présentes lettres verront & orront salut en NS. Pardevant moy Gilles de la Riviere vischancelier de Bretaigne, doyen de Nantes & archidacre de Rennes, protonotaire du S. siège Apostolique, en la présence des tesmoins souscripts, très haut, très excellent & très puissant prince François, par la grâce de Dieu Duc de Bretaigne, Comte de Montfort, de Richemont , d’Estampes & de Vertus, gissant au lit de maladie & sain de pensée & mémoire, comme apparoissoit, considérant la instabilité de nature humaine, & que chacun est subjet à un tribut infaillible de mort corporelle, de sa certaine science & propos délibéré, voulut disposer par manière de testament & derniere volonté des biens que Dieu luy avoit donné au salut & remède de son ame & de ses amis vivants & trespassez, à l’onneur de la glorieuse Trinité, le Père, le Fils & le Saint Esprit, a fait sondit testament en la forme & manière qui enfuit. Premièrement il a recommandé son ame à Dieu, nostre Créateur, en priant la pretieuse Vierge Marie, les benoists saints & saintes de Paradis & singulièrement Monsieur saint François, donc portoit le nom, estre pour luy envers Dieu intercesseurs a impetrer pardon & rémission de les péchez. Item a ordonné que lors que l’ame de luy sera d’avec le corps séparée, ledit corps soit mis à sépulture ecclésiastique a l’Eglise du convent des Carmes de Nantes prés du lieu ou gist le corps de feue de bonne mémoire Marguerite, naguères duchesse de Bretaigne, première femme dudit testateur... [ source ]

vendredi 15 juin 2012

Nuz Coetquelfen, chanoine de Barjols et procureur du cardinal Alain de Coëtivy


La notoriété du prélat Alain de Coëtivy, reçu cardinal de Saint-Praxède le 3 janvier 1449, amena dans la seconde moitié du XVe siècle une quantité de clercs bretons vers le sud de la France.


Le tombeau d'Alain de Coëtivy à Saint-Praxède. Cliquer sur la photo pour agrandir [ (c) Stephen Bartlett ]

Parmi ceux-ci fut Nuz Coetquelfen, attesté chanoine de la collégiale de Barjols (Var) dès 1466/1467, issu d'une famille bretonne du Pays de Léon, dans le Finistère, portant pour armes "de sable au lion d’argent lampassé de gueules". A cette époque Nuz détenait également les prieurés de Tavernes et de Saint-Maximin (ADV E 821, f. 195v).
En 1469, une enquête est menée sur les biens ecclésiastiques dans le bailliage de Brignoles : y participe, Nuz Coetquelfen, procureur d'Alain, cardinal de Sainte-Praxède et prieur commendataire de Notre-Dame de Correns (Marseille, ADBR B 1205).


Collégiale de Notre-Dame de Barjols

Nuz Coetquelfen dut mourir avant le 2 juillet 1499, car à cette date était cédé au chapitre de Barjols par Baptiste de Castellane, de la Verdière, bachelier en théologie, possesseur du canonicat et de la prébende de feu Misie Cohetquelfer (sic), le prieuré ou prébende de l'église de Notre-Dame du Plan à Saint-Julien-le-Montagnier (ADV E 8565, f. 200)

Pour notre plus grand bonheur le testament de Nuz Coetquelfen est conservé aux Archives départementales du Var, où les inventaires notent généralement son nom sous la forme : Mizie ( Misie) Coetquelfer, alias Quohequelfer :


1493 : Testamentum venerabilis viri domini // Nuzii Quoetquelfen // canonicus ecclesiae Bariolensis
(c) Archives départementales du Var, E 830

Testament de Nuz Quoetquelfen, chanoine de Barjols, fils de feu noble Pierre, autorisé par Pierre Tiran [aussi chanoine et vicaire du prévôt], en tant que de besoin : sépulture dans la chapelle de Notre-Dame de Piété de l'église de Notre-Dame de Barjols ; divers legs pieux, fondation d'anniversaire dans ladite église avec assignation de 300 florins de dotation ; legs : de 10 florins à son cousin Hervé Trefilis (1), prêtre, sacristain de Villeneuve d'Avignon, d'un plat, « discum » ; d'une aiguière ; de 3 écuelles d'étain au prévôt en exercice au moment de son décès ; héritier universel, noble Jean de Quoetquelfen, fils d'Yvonet, avec la substitution successive en faveur de nobles François et Allain, frères dudit Jean, à la condition qu'ils se feront prêtres, et à défaut, de celui de ses plus proches parents qui sera prêtre (1493, 14 avril) (E 830, f. 8v).
(1) Peut-être la famille bretonne de Tréfilis, où le prénom Nuz est attesté.

Hervé Torchet, à propos de la Réformation de 1426 (diocèse de Léon), fait mention du possible  père de Nuz Coetquelfen : 

"Pierres Coetquelfen passera un aveu à Cléder en janvier 1429(30) et en scellera en juillet 1441 et d’autres à propos de Plouescat en avril 1443 et février et mars 1449(50). Il fera exempter un métayer à Kerlunezeuc en Cléder en 1446. Il sera recensé à Trézilidé et y fera exempter des métayers à Leslouch, au Cosker et à Kerilis Trézilidé. Il est probable qu’il est ou sera père d’un autre Yvon de Coetquelfen qui s’éteindra en décembre 1481 et dont le rachat pour Leslouch, en Trézélidé, sera présenté par le fils aîné Pierre". [ Réformation des fouages de 1426, diocèse de Léon, Hervé Torchet, 2010 ]

Source : voir Nantes, B 1719 : aveu par Pierre de Coetquelfen (1475), Pierre, fils d'Yvon de Coetquelfen (1481), pour le manoir et lieu noble de Leslouch en Trézilidé

Le blog d'Hervé Torchet, sources pour la noblesse bretonne au Moyen Âge [ lien ]

Archives départementales du Var [ page de recherche ]

dimanche 25 mars 2012

Un greffier qui s'ennuie ? (ca 1365)


Vers 1365, le greffier chargé de transcrire le procès de l'assise de Foudon en Anjou se laisse aller à quelques fantaisies ...


Parchemin de réemploi


Un registre de la fin XVIIIe siècle des Archives départementales du Maine-et-Loire a reçu comme couverture un feuillet parchemin d'un antiphonaire enluminé où l'on reconnait le passage Infantia quidem computabatur in annis, sed erat senectus mentis immensa (S. Agnetis : In primo nocturno, Versus ad Responsorium 1)


Le parchemin a été volontairement maculé de taches d'encre

Voir le feuillet correspondant de l'Antiphonaire de Poissy (Melbourne, State Library of Victoria, Ms 096.1 R66A, XIVe s.) [ en ligne ]

LIEN : Les différentes types de reliure : la reliure en parchemin de réemploi

mercredi 14 septembre 2011

Les livres manuscrits de la reine Blanche de Navarre († 1398)


La remarquable contribution de Brigitte Buettner, « Le système des objets dans le testament de Blanche de Navarre », Clio, numéro 19-2004, Femmes et images [En ligne],  me donne l'occasion de publier ci-dessous la liste des livres manuscrits décrits dans les dispositions testamentaires de Blanche de Navarre.

Blanche de Navarre (ou Blanche d'Evreux), seconde épouse du roi Philippe de Valois le 29 janvier 1349. Veuve en 1350, décède le 5 octobre 1398 ; inhumée à la basilique de Saint-Denis


Les chiffres entre parenthèses renvoient à l'édition du testament par Léopold Delisle.

Testament du 18 mars 1395 (n. s.)

- à l'ostel Dieu de Vernon ... un livre de la vie monseigneur saint Loys de France qui est en françoys, pour lire aux dames quant elles veilleront à l'ostel, pour avoir memoire de saint loys de qui ilz sont fondez.

Codicille du 20 mars 1396 (n. s.)

(195) - à Isabeau de Bavière un de noz livres qui se commance : Audi fili Israël, et y a pluseurs bons enseignemens, et fu à ma ditte dame la royne Jehanne de Bourgongne, et lui prions que elle le vueille garder sa vie durant pour amour de nous ;
(196) - à Charles III, roi de Navarre, le breviaire qui fu monseigneur le roy saint Loys de France, lequel l'ange lui apporta en la chartre quant il fu pris des ennemis de la foy, et fu monseigneur le roy Phelippe, son filz ainsné, qui mourust en Arragon, mary de madame la royne Marie, nostre besaiole, et le lui donna en sa vie. Et depuis est venu de hoir en hoir de la ligniée monseigneur saint Loys. Et le nous donna nostre frère le roy de Navarre, son père. Et pour reverence et la sainteté de monseigneur saint Loys, et que par grace il est venu de la ligne de nous, et depuis que nous eusmes le dit breviaire promeismes à nostre frère que il retourneroit en nostre ligne, nous voulons et ordonnons que à nostre dit neveu il demeure, et desormais ensuivament à ses successeurs, senz estre aucunement estrange, et les requerons que ilz le facent tousjours garder comme precieux et noble jouel venu de noz ancesseurs, et qu'il ne parte point de la lignie. ;
(197) - au même, nostre livre des Croniques de France ;
(198) - au duc de Berry nos plus belles heures que nostre très chiere dame et mère, que Dieux pardoint, nous lessa à son trespassement ;
(200) - au duc de Bourgogne le psaltier ou monseigneur saint Loys aprint ; et fu à madame la grant duchesse Agnès, duchesse de Bourgongne, sa fille ; et depuis la duchesse Agnès vint à nostre dicte dame la royne Jehanne de Bourgongne, sa fille ; et en après à nostre dit seigneur et espoux, qui le nous donna, et nous tesmongna, et aussi firent les femmes de la dicte madame la royne qu'il (sic) nous bailla que c'estoit icellui vraiement. Si desirons qu'il soit à la ligne. Et pour ce prions à nostre dit filz que il vueille garder et faire tenir à ses successeurs et en sa ligne, pour l'amour de ceulx dont il est venu;
(202) - au duc d'Orléans nostre bon livre de la Somme le roy, qui fu au roy Philippe le Bel et est bien enluminé ;
(204) - à la reine de Sicile nostre breviare le milleur, qui fut à la dicte madame la royne Jehanne de Bourgongne ;
(207) - au duc de Bourbon nostre livre du gouvernement des princes selon théologie et y a dedans le Livre des eschaz et d'autres choses ;
(209) - à la duchesse de Berry  un livre où est le psaltier et oroisons, qui se commance Beatus vir, et la premiere oroison de saint Elysael, lequel est couvert d'un changant, et fu madame Blanche de Longchamp ;
(211) - à la duchesse de Bourgongne ... le livre de Josafas et Balaham et de pluseurs autres choses, et est armoié de France et de Bourgongne et fut à madame la royne Jeanne de Bourgongne ;
(213) - à la duchesse d'Orléans un livre d'oroisons et devocions qui fu à noz très chieres dames la royne Marie et la ditte madame la royne Jehanne d'Evreux ; et le nous donna la duchesse d'Orliens, sa fille, derreniere trespassée ; et se commance apres le kalendrier Gloria in excelsis Deo ;
(214) - à la duchesse de Bar le livre du lignage de Nostre Dame et de ses suers ; et est au commencement dudit livre la louenge de Saint Jehan l'Euvangeliste ;
(218) - à la duchesse de Bretagne nostre breviaire qui fu nostre sueur madame Jeanne de Navarre, de Longchamps, lequel nous avons fait estoffer ;
(222) - à la comtesse de Foix nostre livre de l'Enseignement du mirouer des dames lequel est couvert de veluau, et a les fermoirs d'argent
(223) - et un psaltier qui fu nostre très chiere dame et mère, que Dieux absoille ; et y a sept paires de heures de pluseurs oroisons.
;
(225) - à Pierre de Navarre nostre livre des Croniques d'oultre mer ;
(229) - à Jeanne de Navarre, vicomtesse de Rohan, nostre livre du pelerinage du monde, où il y a pluseurs oroisons, et est cellui qui parle de la mort.
(230) - Et noz heures de Nostre Dame, où nous disons touz les jours nos heures, qui furent madame nostre mère, que Dieux absoille, qui sont les meilleurs que nous aions, apres celles que nous lessons à nostre dit filz de Berry ;
(233) - à Marie de Navarre un breviare à l'usage de Romme, qui fut achaté à Paris, et est la couverture brodée sur satarin (sic) yude à or et à perles et est d'un côté l'adnunciation et d'autre le crusifix ;
(236) - à la même, un rommant qui au commancement  parle du pelerinage de Jhesu Crist, et pluseurs autres bons enseignemens ;
(238) - au comte d'Étampes nostre livre où sont les euvangiles des quatre euvangelistes et plusieurs sermons en françoys qui fut à la mère de monseigneur saint Loys de France ;
(242) - à Charles de Rohan, fils de Jeanne de Navarre, le livre du déduit des chiens et oyseaux que fist messire Gasse de La Buyne, jadiz chapellain des troys roys ;
- à la dame de Fontenay nostre messel escript en françois ;
- à la dame de Gisors, un psaltier qui a les fermoirs l'un de France et l'autre de Champaigne ;
- à la dame de La Mote nostre roman de Sydrac ;
- à frère Pierre Bassin, son confesseur, le livre où est la vie des Pères, le dialogue Saint-Gringoire et son pastoral ;
(274) - à Jeanne La Besaine, sa première demoiselle, un livre où il y a pluseurs romans ;
(277) - à Jeanne de Rouvières, sa demoiselle, le livre qui aprent à bien vivre et bien morir ;
(278) - et pluseurs miracles de Nostre Dame ;
(279) - Et l'un de noz deux livres de cirurgie ;
(280) - Avecques le bréviare qui fut Jehanne de France, nostre fille, où elle aprint, que elle a en sa garde ;
(288) - à sa filleule Blanche, fille de Jean Le Porchier, dame de Troussy, un gros livre des miracles Nostre Dame abregiées en prose, couvert de cuir rouge ; et y a pluseurs bonnes choses, c'est assavoir de sainte Baudeur, de sainte Élysabel, de saint Gile et la voie d'enfer et de paradis ;
(291) - à Jehanne du Mesnil, sa demoiselle, le livre de la Somme le Roy où sont les remèdes contre les pechiez ;
(293) - à Marguerite de Vimont, sa demoiselle, le livre nommé le Tresor de l'ame et parle des sept pechiez mortelx et d'aucuns examples et remèdes contre iceulx, et de plusuers autres choses ; et est couvert de cuir vert ;
(297) - à Margot, femme de Robert Legrant, sa demoiselle, le livre du Salterion de X cordes, de Anticlaudien, les vies de pluseurs sains et moult d'autres bonnes choses ;
(299) - à Agnote, sa demoiselle, un livre qui enseigne la vie devote et si contient le testament de maistre Jehan de Meun et plusieurs sermons ;
(307) (425) - à Jeannette Sante, le livre de Si nous dit ;
(314) - à frère Robert Cresserel le livre du gouvernement des princes selon philosofie, et le fist frère Gille l'augustin ;

Codicille du 10 septembre 1398

(405) - pour et en lieu du livre d'oroisons et devocions que nous lessions en nostre dit premier codicille à nostre tres chiere fille la duchesse d'Orleans, lequel fu a noz tres chieres dames la royne Marie et la royne Jehanne, nous voulons et ordennons que notre ditte fille ait nostre breviaire à l'usage de Romme, qui est en deux volumes, qui fu ma ditte dame la royne Jehanne.
(427) - à Symmonete, femme de chambre, un de noz livres de cirurgie ;

200. Leyde, BU 76A. f. 30v : Cist psaultiers fuit mon seigneur saint looys qui fu Roys de france ou quel il aprist en senfance ... f. 185r : Cist psaultiers fu mon seignor // saint looys qui fu roys de france // du quel il aprist en sanfance.
Voir Inventaire de 1420. Henri Omont, Miniatures du Psautier de St. Louis, manuscrit Lat. 76a de la Bibliothèque de L'université de Leyde, Édition Phototypique. Leyde: A.W. Sijthoff, 1902. [ En ligne ]


Leyde BU 76A, f. 17r.
Quelques folios numérisés sur le site de la BU de Lyde [ En ligne ]

Sur un missel que Blanche de Navarre fit faire : Georges Doutrepont, La littérature française à la cour des ducs de Bourgogne [ En ligne ]

Epitaphe de Blanche de Navarre à Saint-Denis :



Source : Archives départementales des Pyrénées atlantiques E 525.
Bibliographie
Kervyn de Lettenhove, Le Psautier de saint Louis, de la bibliothèque de l'Université de Leyde, ln-8° de 11 p.
Léopold Delisle, « Testament de Blanche de Navarre, Reine de France », Mémoires de l’Histoire de Paris et de l’Île-de-France, XII, 1885, p. 1-64.
Marguerite Keane, « Most beautiful and next best: value in the collection of a medieval queen », dans Journal of Medieval History, Volume 34/4, 2008, p. 360-373.
A paraître : Marie-Thérèse Gousset (Paris - BnF) : Un aspect de la production courante des enlumineurs parisiens sous le règne de Philippe VI de Valois et de Blanche de Navarre : l'exemple du Maître de la Dame à la licorne.

mardi 17 mai 2011

Les livres manuscrits de Laurent Surreau, chanoine de Rouen († 6 novembre 1479)


Laurent Surreau testa le 14 août 1476. Chanoine de Rouen, originaire de Sens, comme il le précise lui-même :

Pour ce que mes progéniteurs, que Dieu absolve, mes uncles et antes, ont esté atrais et natifs en la bien renommée cité de Sens et y ont eu grans biens et honneurs et o aussi mon frère à qui Dieu pardoint et moy sommes natifs d'icelle cité et encores y ay grand nombre de notables parens et amis qui m'ont fort reconforté et secouru en mon adversité, etc.

Laurent Surreau a témoigné de l'importance qu'il donnait à ses livres, lesquels prennent une large place dans son testament. L'homme, semble-t-il, aimait aussi la musique : dans la description du mobilier du receveur Pierre Surreau, on a trouvé plusieurs livres et harpes que l'en dit appartenir à maistre Laurent Surreau, fils dud. deffunt.

De mes livres.
Item, je donne et laisse à ceste vénérable esglise de Rouen pluseurs de mes livres de la saincte escripture, des droiz canon et civil et aultres contenuz et déclarez en une cédule atachée en la marge de cest présent testament soubs mon seing manuel et signet et vueil que iceulx livres soient mis et appliquez et enchaynez en la librarie d'icelle esglise, pour y estre tant qu'ilz pourront durer au prouffit et utilité des bons estudians, sauf à les changer à meilleurs et plus prouffitables quant on les pourra trouver, et quant mes exécuteurs bailleront et livreront iceulx livres, soit escript en grosse lettre au commencement et en la fin : ex dono Laurencii Surreau, in utroque jure licenciati, canonici hujus ecclesie Rothomagensis. Orate pro eo

...[ à son neveu, maistre Richard]...

Et oultre, lui donne et laisse mon beau bréviaire et journal [= Diurnal] esquelz je dy mes heures communément,
mon Innocent,

Apparatus in quinque libros decretalium. Commentaires sur les décrétales de Grégoire IX. Impression de Strasbourg, 1477.

ma Légende dorée,

La Légende dorée, de Jacques de Voragine. Impression de Lyon, 1476. Voir : Jacques de Voragine, La Légende Dorée. Edition critique dans la révision de 1476 par Jean Batailler, d'après la traduction de Jean de Vignay (1333-1348), publiée par Brenda Dunn-Lardeau, Paris, Editions Champion, 1997. R.  F. Seybolt, "Fifteenth-Century Editions of the Legenda aurea", dans Speculum, 21, 1946, p. 325-328.

ma Nouvelle de Jeh. Andrieu en deux volumes sur les Décretalles,

La Novella de jean André. Impression de Rome, 1476.

5 volumes que j'ay de Panorme en papier, c'est assavoir :
ung volume en papier de petite forme sur le premier des Décretales qui n'est pas parfait,
3 volumes sur le second livre desd. Décretales,
ung volume sur le tiers livre desd. Décretales ;

Les Décrétales de Gregoire IX. Premières éditions : Mayence 1473, Rome 1474,

ung livre en papier sur le quart livre d'icelles Décretales, nommé de Zochis

Jacobus de Zochis (+ 1457) sur le 4eme livre des décrétales. Manuscrit ? Famosum, utile atque altum C. omnis utriusque sexus de peni. et remis, disputatum ac repetitum per famosum ac excellentem juris utriusquedoctorem Dominum Jacobum de Zochis de Ferraria, in gignasio Patavino ordinariam sedem benemerito occupantem. Bar. de Valdezochio Patavus. Martinus de Septem Arboribus, 1472, pet. in-fol.

et ung volume en papier sur la première partie du 5e livre desd. Décretales d'ung docteur très excellent nommé Jo. de Anania ;
Dominique de Sancto Geminiano en deux volumes en papier sur le 6e ;
de Immola sur les Clémentines en papier
ung répertoire dud. Dominique sur les Décretales en papier
et ung livre en papier, appelé Preceptorium legis divine
et ung livre apelé Margarita Decreti fait escripre en parchemin


Joannes de Anania (+1458), Commentaires sur le 5e livre des Décrétales. Edition 1555. Dominique de Sancto Geminiano, Commentaires sur les Décrétales ; voir par ex. Paris, Mazarine 1335/ 1336. Jean de Immola, commentaires sur les Clémentines. Johannes Nyder,
Preceptorium divine legis, Argentine, 1483, in-fol. Martin le Polonais, Margarita decreti seu tabula martiniana edita per fratrem Martinum ordinis praedicatorum ... (par ex. Cologne, 1481)

Item, et pour ce que mes progéniteurs, que Dieu absolve, mes uncles et antes ont esté atrais et natifs en la bien renommée cité de Sens et y ont eu grans biens et honneurs et aussi mon frère, à qui Dieu pardoint, et moy somes natifs d'icelle cité et encores y ay grand nombre de notables parens et amis qui m'ont fort reconforté et secouru en mon adversité, en remembrance de ces choses et aultres, pour le bien et utilité de toute lad. cité et des bons prescheurs et aultres estudians, et aussi pour estre à tousiours et demourer participant es prières, oroisons et suffrages de lesglise métropolitaine de sainct Estienne d'icelle ville et cité, je donne et laisse à icelle esglise mon beau de Lira
sur toute la Bible, qui est en quatre volumes, dont le premier volume contient le Viel Testament du commencement jusques au psaultier, le second volume contient le psaultier et les 4 livres sapienciaulx, le tiers volume est sur les prophètes et le quart volume est sur les Euvangeles et sur tout le Nouveau Testament

Nicolas de Lyre

et mon beau livre De civitate Dei beati Augustini

Saint Augustin : La Cité de Dieu

et mon livre Policraticon qui aultrement est nommé Saliberiensis de nugis curialium,

Polycraticon de Jean de salisbury. Manuscrit Soissons BM 24 (2).

lesquelz livres j'ay donnez et donne à lad. esglise par telles condicions qui seront mis et enchaisnez à chaynes de fer avecques les aultres livres de fonds d'icelle esglise et ne pourront estre venduz, aliénez, prestez ou mis hors de leurs lieux, excepté en éminent péril et pour plus grand seurté. Item vueil que, au devant que mes exécuteurs baillent et livrent iceulx livres, qu'ilz facent escripre en grosse lettre au commencement et en la fin de chacun d'iceulx volumes et livres ce qui ensuit, c'est assavoir : Laurencius Surreau, in utroque jure licenciatus, de hac civitate oriundus, canonicus Rothomagensis, dédit ac legavit in suo testamento huic venerabili ecclesie Senonensi hunc librum, talibusadiectis condicionibus quod in hac libraria, per-petuo quamdiu durabit, manebit incathenatus, nec poterit vendi, aut quovis modo alienari, nec prestari, aut extra librariam poni, nisi in eminenti periculo et pro maiori securitate. Orateproeout celestibus ac perpetuis fruat gaudiis.
...
De mes exécuteurs. Et pour acomplir et exécuter mon présent testament et derrenière voulenté, je ordonne et eslis, fais, constitue mes exécuteurs mes deux nepveux maistre Robert Surreau et Thomas Surreau, filz de mon frère Jehan Surreau, à qui Dieu pardoint ; mais pour tant que messire Richard Desquesnes qui m'a long temps servi et congnoist mieulx mon estât et mon fait, aussi scet mieulx ce qui est à faire pour l'acomplissement de mon présent testament, et si pourra plus facilement avoir recours et conseil de messrs de Chappitre en tout ce qu'il sera à faire touchant lesglise que ne feroient mesd. nepveux et que en lui ay grand confidence de toute loyauté et espérance très ferme qu'il priera pour mon âme, je l'ordonne et constitue mon exécuteur de cest présent testament ou derrenière voulenté avecques mesd. deux nepveux et affin qu'il se charge d'icelle exécucion, je lui donne pour sa peine 20 escuz et deux de mes livres, c'est assavoir :
de Lira sur les euvangiles qui est escript de sa main et de Lira sur les epistres, sainct Paul canoniques et Fais des appostres et vueil que quant il s'en sera chargé, mesd. nepveux et chacun d'eulx s'obligent devant le tabellion de Chappitre de le rendre indempne de tous les dommages qu'il pourrait avoir à cause d'icelle exécucion et ne vueil point que mesd. nepveux, mes exécuteurs, se meslent aucunement de eslire ou commettre les chappellains qui diront les messes que j'ay cy dessus ordonnées estre dictes et célébrées pour le salut de mon âme, car je scay bien qu'ilz seroient fort pressez de les bailler à telz que ne vouldroye, mais je ordonne que led. messire Richard, qui congnoist mieulx la vie et estât des prestres que ne font mesd. nepveux, les eslise et commette à telz qu'il sara ou cuidera vraisemblablement estre de bonne vie, et sans quelconque faveur, de quoy je charge sa conscience.
....
Et pour approbacion des choses dessusdictes et que telz soient mon testament et derrenière voulenté, je l'ay escript de ma main, à pluseurs et diverses journées, par grant et meure délibéracion, signé de mon seing manuel, séellé de mon seel et contresigné de mon signet, le quatorecyesme jour d'aoust, veille de la glorieuse assumption de la très benoitte vierge Marie, l'an mil cccc soxante saize. A Dieu soit mon âme !
SURREAU. (ADSM G 3441)



Autres mentions relatives aux livres de Laurent Surreau :

9 septembre 1479. Jovis, nona septembris, cappitulantibus dominis cantore, archidiaconis Rothomagensi et de Augo, cancellario, Gaudin, Francisco, Surreau, Gaillart, Perchart, cum aliis. Ea die, venerabilis vir Laurencius Surreau, canonicus hujus ecclesie Rothomagensis, ad honorem Dei et pro augmentacione notabilis librarie de novo in eadem ecclesia constructe, dedit et contulit libros sequentes, qui sunt numero octodecim, videlicet :

Unum magnum et perpulcrum volumen continens epistolas beati Hyeronimi, completas debito ordine et sub tabulis et rubricis ordinatas, cujus foliculum secundum post tabulam sic incipit : perstrinximus quod qui interferent, etc.

Les épîtres de saint Jérôme. Voir l'exemplaire imprimé offert à l'abbaye de Saint-Victor : Anniversarium honorabilium virorum Petri Schœffer et Conradi Henlif ac Johannis Fust civium de Moguntia, impressorum libromm, nec non uxorum, filiorum, parentum, amicorum et benefactorum eorundem. Qui Petrus et Conradus dederunt nobis Epistolas beati Hieronymi impressas in pergamo, excepta tamen summa duodecim scutorum auri, quam prefati impressores receperunt per manus Domini Joanhis abbatis hujus ecclesiae. La première édition datée est de 1468 [ Lien ]. Sur celle de 1470 [ Lien ]

Item, unum volumen continens primam partem secunde sancti Thome de Aquino, vulgariter nuncupatum prima secunde sancti Thome, incipiens in secundo foliculo sic : quod unus actus secundum speciem nec ordinetur, etc.
Item, unum continens secundam partem secunde partis dicte summe sancti Thome, que communiter nuncupatur secunda secunde et incipit in secundo foliculo : magis quam in aliam et si quidem, etc...

Thomas d'Aquin

Item, unum aliud volumen continens primam partem Item, unum aliud volumen continens alios 16 libros, seu secundam partem dicti speculi historialis Vincentii, cujus secundum folium post tabulam incipit : Ludovicus filiusejus, etc.
Item, unum parvum librum in quo continetur tabula dicti speculi historialis secundum ordinem litterarum alphabeti, quod sic incipit in secundo foliculo: runt et flebilem lesionem, etc.

Le Speculum historiale de Vincent de Beauvais. Sur les manuscrits, voir par ex. M.-C. Duchenne, Gregory G . Guzman et J. B. Voorbij, « Une liste des manuscrits du Speculum historiale de Vincent de Beauvais », Scriptorium, t. 41, 1987, p. 286-294. Biblio par Hans Voorbij. Sur ARLIMA.

Item, unum volumen continens libros Ethicorum, Polithicorum et Rhetorice Aristotelis, cujus secundum foliculum sic incipit : et fere a plurimis confessum est, etc.

Commentaires sur l'Ethique, la Politique et la Rhétorique d'Aristote.

Item, commentum sancti Thome super dictis libris Ethicorum et Polithicorum Aristotelis, quod in secundo foliculo sic incipit : vite nostre est habere, etc.

Commentaire de Thomas d'Aquin sur l'Ethique et la Politique d'Aristote

Item, unum volumen continens quamplures libros Aristotelis, quod in secundo ejus foliculo sic incipit : omnibus esse et principium quod, etc.

Aristote, sur la Métaphysique. Commentaire de Thomas d'Aquin. Liber I, lectio 3, n° 32.

Item, unum parvum volumen de textibus Logice, quod in secundo foliculo sic incipit : que ante specialissimum, etc.

Isagoge, Porphyre.

Item, Valerium Maximum, cujus secundum foliculum post tabulam incipit : Marcio certamini commissurum, etc.

Valere Maxime, faits et paroles mémorables. Factorum et dictorum memorabilium libri novem. Strasbourg, Mentelin, 1470. [ ISTC ]

Item, de Burgo super Valerio, cujus secundum foliculum sic incipit : constitui ego, etc.

Dionisio di Borgo san Sepolcro, Expositio Valerii Maxima dictorum factorum memorabilium. Strasbourg, Mentelin, 1470. [ ISTC ]

Item, unum volumen continens tres libros, primum de mirabilibus Ybernie, secundum libros Solini et tercium libros Orosii, quod in secundo foliculo post tabulam sic incipit : ventis exposita nullam penitus, etc.

Orose

Item, aliud volumen Origenis super cantica canticorum, quod dicitur Periarchon, et incipit in secundo foliculo : Dei factum secundum e limo terre, etc.

Origene,

Item, unum volumen continens tractatus de potestate ecclesiastica et regia et de scismatibus ecclesie cum pluribus litteris et epistolis circa predictum scisma, quod incipit in secundo foliculo : et ex patre procedere dicitur, etc.

....Abelard,

Item, Bocacium de claris mulieribus, cujus secundum foliculum sic incipit : ut plereque facitis mulieres, etc.

Bocace, ... Voir en ligne [ Lien ]

Item, librum Augustini de spiritu et anima, qui in secundo foliculo sic incipit : functionibus anime ponerentur, etc.

Le De spiritu et anima, d'Alcher de Claivaux, longtemps attribué à saint Augustin. PL, t. XL.

Item, librum Francisci Petrarche de vita solitaria, qui in secundo foliculo sic incipit : distributor fuerim nisi rationem habeam.

Petrarque, De vita solitaria (1346-1356) : Capitula in librum Francisci petrarche de vita solitaria incipiunt... Voir l'édition de Strasbourg, avant 1473 (Adolf Rusch) [ ISTC ]

De quo quidem tam magnifico dono domini prefati eidem Surreau debitas impenderunt gratiarum actiones.

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ADSM, G 2140.

Iste liber est magistri... Quem qui furatus fuerit, vel abstulerit, vel fraudem fecerii quominus ipsum habeat, aut titulum istum deleverit, anathema sit ;

« Ce livre icy est de grant estime, manuscript de l'auteur mesme qui l'a dédié à saint Thomas, évesque de Cantorbie, martyr, et je l'ay aschepté par hazard vingt pistoles, et par conséquent je veux comme entendz que mes enffants le gardent très-scrupuleusement. » Suit la signature : « Jac (Jacques) Cornutz. »


1449, 24 février, Pierre de la Hazardière et Laurent Surreau chargés de faire le catalogue de la librairie. – 6 mars, livre de la Cité de Dieu prêté à Laurent Surreau (ADSM G 2131)
Quittance de Laurent Surreau : il reconnaît avoir reçu de messieurs du chapitre 87 livres 16 sous 10 deniers à compte sur ce qu’il avait prêté au chapitre pour acheter de Lira, sur toute la bible, 1462. (G 3237)
1468, 6 octobre, vente de livres par le chapitre : Henri de Bouyc, en 2 volumes, à Laurent Surreau, 60 saluts d’or  (ADSM G 2138)
16 octobre 1469, Laurent Surreau, chanoine, prête à la fabrique 100 saluts d’or pour l’achèvement de cette tour (Ibid.)
13 septembre 1479, on permet à Laurent Surreau de placer dans la chapelle des Innocents une grande image de saint Laurent (G 2140)
8 novembre, le chapitre, informé de la mort de Laurent Surreau, permet de l’enterrer dans la nef devant le crucifix. (Ibid.)

(1) Pierre Surreau, maître, ès arts, licencié en droit canon, chanoine de Rouen, promoteur, 1434-1457, official, 1459.

(2) Pour la description du manuscrit de la BM de Soissons
[ lien ]
[ Lien ]

Source : Le testament de Laurent Surreau [ En ligne ]
A lire : Vincent TABBAGH, Survivre par l’écrit chez les ecclésiastiques rouennais du XVe siècle, sur TabularIa [ En ligne ]
Indiqué : Anne-Marie Genevois, Jean François Genest, Anne Chalandon, Bibliothèques de manuscrits médiévaux en France: relevé des inventaires du VIIIe au XVIIIe siècle, Paris CNRS, 1987, p. 116.

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