Le manuscrit médiéval ~ The Medieval Manuscript

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mercredi 25 mai 2016

Remarques sur quelques livres d'heures de la Bibliothèque municipale de Nantes



© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 3072

La Bretagne (historique) s'enrichit régulièrement de nouvelles numérisations. Ainsi, la Bibliothèque municipale de Nantes s'emploie pleinement à promouvoir ses richesses patrimoniales sur la toile, trésors parfois méconnus du grand public (et même de certains spécialistes). Nous avons à plusieurs reprises fait référence à la précieuse bibliothèque des Oratoriens qui a fourni aux collections nantaises des manuscrits de grande valeur, actuellement sous la garde de Marion Chaigne, conservateur, laquelle a déjà participé à l’élaboration de la bibliothèque numérique de Sainte-Geneviève (Paris).

Ce post n'abordera que quelques livres d'heures sur lesquels nous travaillons pour notre future publication : même modestes ils révèlent souvent des parcours inattendus ...

À tout seigneur, tout honneur, quelques mots sur les superbes Heures de Montbéron (ms. 3072). Nous y avons remarqué un petit texte, semble-t-il inédit, reflet de la poésie des Grands Rhétoriqueurs, avec l'emploi de termes assez significatifs de leur style : olympicque, pluthonicque, deificque, etc, faisant penser aux oeuvres des Molinet (+ 1507), Gringore (+ 1539), et même de Clément Marot (+1544), auteur du « Par toy fuyons le regne Plutonique », etc

« Le filz de Dieu du hault mont olympicque
Par charité qui son joli cueur picque
A rapaisé lire de Dieu son pere
Et pour Adam a souffert mortamere
Le delivrant du resgne pluthonique
Dame au seigneur Tant magnificque
Plut en ton corps faire ung temple deificque
Pour reposez comme au ventre sa mere
Le filz de Dieu »

Probablement ces vers ont-ils été écrits du temps de Jacques de Montbéron, seigneur de Miré, de Chartres et d’Avoir, décédé en 1542/1543. Il avait épousé Louise Goheau, dame de Souché et des Jamonnieres, fille de François Goheau, seigneur de Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, et de Françoise Hamon, nièce de l'évêque de Nantes. En fait, le livre d'heures en question, exécuté vers 1420, pourrait provenir à l'origine de ces Goheau.

Louise Goheau a fait peindre ses armes en fin du volume. : Parti au premier, coupé fascé d'argent et d'azur (de Montberon), et de gueules semé de trèfles d'or, à deux bars adossés de même (Clermont-Nesle), au second d'argent, à trois trèfles de gueules (Goheau).
François, seigneur de Monberon, de Maulévrier et d'Avoir, épousa le 28 mai 1403 Louise de Clermont, vicomtesse d'Aunay, d'où les armes de Clermont.


© Bibliothèque municipale de Nantes

Par la suite, Hector de Montbéron, fils de Jacques, inscrivit sur le manuscrit les naissances de ses enfants, qu'il eut avec sa seconde femme, Radegonde de Noyelles :

Le quatorziesme jour de septambre mil / cincq cens quatre vins sept René de Montberon / filz de Hector et de Ragonde de Noielle fut / né a dix heures du soir.

Nota que le jour de Nouel mil cinq cens quatre vins / huict Hector de Montberon fut né a dix houres du soyr / un dimanche »
« Louis de Montberon fut né le vint yesme jour de janvyer a deulx heures apres minuit / lan mil cinq cens quatre vint dix »

Nota que le dixneuf / yesmme jour de decembre / mil cincq cens quatre / vins troys [Adrienn]e de / Montberon fut nee a dix / heures du matin.

Concernant la provenance de ce somptueux manuscrit, nous avons relevé la présence sur la garde de reliure, de l'ex-libris armorié des Verdier de Genouillac, qui ont conservé la célèbre devise du fameux Galiot de Genouillac (1465-1546) : J'AYME FORTUNE.




Sur cette famille, voir : Henry DU VERDIER. Une famille à travers cinq siècles. La famille du Verdier et du Verdier de Genouillac, Paris, 1987 

L'émotion nous gagne avec le manuscrit 19 de la BM de Nantes (col. des Oratoriens). En effet, plusieurs notes d'un ancien possesseur nous rappellent l'importance du livre d'heures à toute époque, livre gardé précieusement dans les familles, souvent pendant plusieurs générations. Celui-ci porte la marque d'un petit écolier de Nantes, alors à peine âgé de 12 ans et orphelin de père, Jean BUROT, qui se dit "bon enfant". Il note en 1612, et à plusieurs reprises, son nom en lettres capitales:


© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 19

Ce Jean Burot, né le 10 novembre 1600 à St Nicolas de Nantes, est le fils de Guillaume (1567-1610), marchand de la ville, et de Guillemette Langlois (+ 1615). Il épousera le 28 août 1622, à Nantes, Anne Tourayne (1604-1685), fille de François Joseph, sieur de la Brunière (1578-1623) et de Marguerite Luzeau, et décédera dans la vieille cité ligérienne le 27 février 1659 (source : Gerard Vinouse, d'après registres paroissiaux).
Noble homme Jean BUROT sieur du Pé, bourgeois à La Fosse de Nantes, fut nommé échevin de la ville en 1658. "Marchand très combatif, il mène la lutte en 1630 contre la concurrence de la colonie portugaise" (Guy Saupin, Nantes au XVIIe siècle, PUR Rennes, 1996, p. 229, 230, 328).

Le parcours du livre d'heures, manuscrit 20, me parait tout à fait intéressant et nous instruit sur la circulation des manuscrits en Bretagne. En effet, ce n'est pas une production locale (et n'est donc pas à l'usage de Nantes). Les litanies sont plutôt flamandes (s. Amand, Ghertudis, Amelberga). La décoration et l'écriture ont un caractère méridional, et nous orientent vers l'Espagne. Josefina Planas, de l'Universidad de Lleida, que je remercie ici pour son aide, m'indique que le manuscrit a pu être exécuté en Castille, peut-être vers le milieu du XVe siècle. De plus, une main (antérieure à celle du texte principal, XVIe s.?) a noté, en fin d'ouvrage, quelques lignes en vieil espagnol (castillan ancien) (et non en Breton, comme l'affirme l'ancien catalogue) : "Dyze santo Agustyn que es imposible ser condenado qyen la sygyente oracion rezare cada dya" ("Saint Augustin dit qu'il est impossible que quelqu'un soit condamné s'il prie chaque jour l'oraison suivante). Je suis redevable de cette transcription à Mercedes López-Mayán (University of Santiago de Compostela).



Peut-être ce livre d'heures est-il arrivé par le grand port marchand de Saint-Malo? Est-il passé avant par les anciens Pays-Bas ou a-t-il été en usage dans la communauté flamande d'Espagne? 


© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms 20


Dès le tout début du XVIIe, en 1602, le manuscrit se trouve entre les mains du recteur de Bourseul (Côtes d'Armor): Jean DIVEU. Nous savons que celui-ci fut par la suite nommé dans une autre paroisse des environs, à La Landec, où on trouve sa signature sur un des registres paroissiaux, en 1630, au baptême de Jean Amiot : « par moy Don Jan Diveu recteur de laditte paroisse ». Jean Diveu fut inhumé à Plélan-le-Petit, le 11 avril 1634.


© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 20

Nous n'avons pas encore découvert comment ce livre d'heures est advenu dans la famille de Trevelec. Le nom de Jean de Trevelec s'y trouve.
Il serait tentant de voir sous ce nom celui de Jean de Trevelec (1594-1639) marié à Anne Martel, dame de La Salle-Patissière. — Le 26 novembre 1639, fut inhumé Jean de Trevelec, écuyer, sieur de Penhouet et de la Paticière, dans l'enfeu de la Paticière (église Saint-Hermeland de Saint-Herblain). Le curé Chupaut a ajouté :

« Ce bel esprit, non plus que le soleil, 
N'a pas laissé au monde son pareil, 
Et ceux qui ont cogneu son excellence 
Regretteront à jamais sa présence.
Partant, lecteur, pour ce bon trépassé, 
Dis avec moi : Requiescat in pace. » 

Quelques décennies plus tard une main a noté les naissances des enfants de Mathieu de Trevelec (un frère de Jean) et de ses deux épouses, Jeanne Legal (X 1629) et Julienne Bourdic (X 1642) pour finir par une humble prière:

Le 16 octobre 1641 deseda Janne / Legal dame de Trevelec, agéé / seullement de 28 ans, premiere fame / de messire Mathieu de Trevelec sgr / dud. lieu et laissa six (« cinq » barré) enfans savoir / Jan Marie Yves Claude  autre. Yves / et Fransois et Charlotte a presant religieuse / lad. dame fut enterée en leglise dher[bign]ac

Le 19e janvier 1657 deseda Julienne / Bourdic segonde fame dud. seigneur / de Trevelec agée de 48 ans et fut / enterrée en leglise S. Aubin de Guerande. Elle laissa 4 enfans / de ce mariage; savoir Jacques / Guillemette, Magdelaine et Pellagie
Prions Dieu pour eux/
Eternellemant /
Amy lecteur sy tu testonne
Qu'on recommande ses personnes
A toutte la posterité
Enquiers toy de leur hault meritte
Car cette ligne est trop petitte
Pour despaindre tant de bonté

Nous terminerons ce post avec le manuscrit 21, un livre d'heures de moyenne facture, malheureusement mutilé de ses grandes peintures, celui-ci d'origine bretonne, à l'usage de Nantes. Ayant fait partie des collections du couvent des Minimes de Nantes, il est présenté comme venant d'Anne de Bretagne: peut-être même a-t-il été exécuté pour le duc François II (+ 1488). Certaines initiales portent des mouchetures d'hermines ou des fleurs de lys (f. 44v, 57, 121, etc.); au f. 49, en marge, un porc-épic; sur d'autres marges, la fameuse cordelière.


© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 21.

Un des possesseurs de ce manuscrit, au XVIIe siècle, y a laissé son nom, au f. 2v,  Jean Philloux prebstre / de Toussains sur / les Ponst, et au f. 178v : Jan Philloux.
Nous avons retrouvé trace de ce prêtre dans le plus vieux des registres de l'aumônerie de Toussaints de Nantes. Le malheureux fut inhumé le 13 novembre 1605 dans le cimetière de l'hôpital de l'Anerie, fondé en 1572 « pour y établir les malades pestiférés ». Le registre précise bien « Mre Jean Philloulx, chapelain d'une chap[el]le de Toussaincts, enterré au cymityere de la Sancté appelé l'Asnerye estante au bas de la Fosse de Nantes. » (Nantes, AM, GG. 484).
L’aumônerie de Toussaints de Nantes se trouvait sur les ponts « seize en Bièce, sur le chemin par où l'on vat de Nantes à Pirmil » ( fondation le 27 avril 1362 par Charles de Blois et son épouse Jeanne de Penthièvre, pour les pèlerins qui se rendent vers Saint-Jacques-de-Compostelle).


© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 21

Ce livre d'heures fut, au XVIe s. aux mains d'une famille de marchands nantais, les BIZEUL, plus exactement de Mathurin Bizeul et Perrine Lesage. Mathurin fut un temps installé à Bilbao, logé chez le négociant Ochoa Lanier (1563).

Remerciements à mon amie Cynthia J. Brown (University of California), à Mercedes López-Mayán (University of Santiago de Compostela); à Josefina Planas, Universidad de Lleida; à Claire Sicard (https://clairesicard.com/); Erik Kwakkel; Peter Kidd; Dominique Vanwijnsberghe; François du Fou; Alberto Velasco Gonzàlez ...

Lien vers les livres d'heures numérisés de la Bibliothèque municipale de Nantes

mardi 24 mai 2016

Livres d'heures de mai 2016

Quelques livres d'heures mis en vente prochainement:

Vente FERRI & Associés du 27 mai

Lot 22. HEURES selon l'usage de Rouen]. Manuscrit en latin sur vélin, c. 1460. 13 miniatures.
Catalogue Ferri;

Vente Fraysse du 31 mai

Lot 115. Heures à l'usage de Bourges. 112 f. 9 miniatures. Atelier de Jean Colombe, ca 1485/1490.


Catalogue Fraysse ;

Lot 116. Heures de Claude Flairiawe (= à mon avis ce nom est douteux. jld). Amiens, 1490, sous influence rouennaise par Robert Boyvin. 166 f. 27 miniatures.
Voir Tenschert: No. 25: Leuchtendes Mittelalter. II : Sechzig illuminierte und illustrierte Manuskripte des Mittelalters und der Renaissance …
(n° 56) ; No. 36: Leuchtendes Mittelalter I-VI, 1989-1994: Fazit 1996 (n° 51)
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Catalogue Fraysse;

Lot 117. Heures de Roucy. Par un contemporain d’Estienne Collaud. Brüges, vers 1530-1540. 176 f. 34 miniatures : celle de l’Éducation de la Vierge représente le seigneur de Roucy, commanditaire de l’ouvrage, agenouillé, en armure portant une tunique à ses armes, le heaume posé à ses pieds, lesquelles armes sont répétées en bas de la miniature.
Déjà passé chez Sotheby's : Catalogue: Western and Oriental manuscripts and miniatures. 1965/12/13 (le donne de Reims ?) ; Tenschert : No. 27: Leuchtendes Mittelalter. III : Das goldene Zeitalter der Burgundischen Buchmalerei 1430-1560 ; sammlung Carlo Poortere, 1991 (n° 4) ; No. 36: Leuchtendes Mittelalter I-VI, 1989-1994: Fazit 1996 : die noch verfügbaren Manuskripte, 1996 (n°67).

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Catalogue Fraysse;

lundi 9 mai 2016

Fragment retrouvé d'un livre d'heures des Mathefelon


Nous avions relevé dans nos Notes de bibliologie (Brepols, 2009, p. 42 note 14), un passage de la Revue historique de l'Ouest (1892, p. 258), relatif à une exposition ayant eu lieu au pavillon des Halles de Vannes (Bretagne), laquelle présentait un « Livre d'heures venant de l'évêché (de Vannes), Livre d'heures de l’Office de la Vierge, embelli de fines miniatures représentant la Nativité, l’Adoration des Mages, la Fuite en Egypte, etc., et d'encadrements formés d'entrelacs et de rinceaux variés, avec les devises du possesseur, allant se répétant à chaque page : Faulte d'avis ; En passant temps ; Amis sont ; et les armoiries : de gueules à 6 écussons d'or, posés : 3, 2 et 1 », qui sont bien celles des Mathefelon.
J'avais alors précisé que ce manuscrit semblait introuvable...
Comme en la matière rien n'est vraiment jamais impossible, nous apprenons qu'une vente se déroulera au château d'Artigny à Montbazon le 12 juin 2016 (expert: J. Paul Veyssière). Au catalogue est inscrit, sous le lot 110, : "LA FUITE EN EGYPTE. Peinture sur vélin extraite d'un livre d heures". La description ne fait aucun doute, il s'agit là d'une enluminure tirée de l'ancien manuscrit de l'évêché de Vannes... 


La Fuite en Egypte. Armes des Mathefelon. (c) Catalogue ROUILLAC

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Devises des Mathefelon. (c) Catalogue ROUILLAC

223 x 168 mm. Provenance : manoir de la Roche-Musset, Cinq-Mars-la-Pile.

jeudi 5 mai 2016

Quelques manuscrits de Jean Blondelet (XVe s.)


Parmi les membres de la famille BLONDELET, "une honorable famille tourangelle dont certains ont assumé des charges importantes aux XIVe et XVe siècles", figure Jehan Blondelet, préchantre de Tours en 1440, chancelier en 1456. C'est lui qui fut conseiller et procureur de René d'Anjou (1409-1480) en cour de Rome, et c'est à lui probablement que l'on doit associer plusieurs manuscrits dispersés :  
 

(c) London, British Library, Harley 4985, f. 2

Berlin, Deutsche Staatsbibliothek, ms Phill. 1883 (J)
. Compendium historiae Hierosolymitanae. Parchemin. Début XIVe s. Mention XVIe s. au f. 109 : Iste liber est de libris patris mei Petri Blondelet". Ancien Clermont 654 [ Lien ]

Harley 4985. Tobias, Judith, Ruth, et les Proverbes avec la glossa ordinaria. Parchemin. 125 + IV f. 250 x 165 (170 x 85) mm.  Note au f. 125 : 'Hunc librum emi Basilee a librario publico prope fratres minores. Blondelet'. Collège des Jésuites de La Flèche : 'Col. Flex[iens] Soc. Jesu Cat...' (f. 2). Donné par le recteur du collège à Nicolas Foucault le10 Septembre 1706 (note de la main de Foucault au f. 1).[ Lien ]

Leiden, UB, BPL 89. Epitoma historiarum Philippicarum Pompei Trogi / Marcus Junianus Justinus - Parchemin, 76 f. 280 x 115 (187 x 109) mm. f. 74r : "Peregi ego Pucciarellus hoc opus die vigesima secunda augustin 1352 Indictione nona de quo sospitatis auctori gratie referantur." - "Hunc librum emi Rome precio ducatus unius cum dimidio. Blondelet." (XVe s.) Description catalogue : [ En ligne ] [ Lien ] Volume ayant appartenu à Paul Petau : K. A. De Meyier, Paul en Alexandre Petau, Brill, 1947, p. 54-55 [ En ligne ]
Colophons, 16206 [ En ligne ]. L. Reynhout, Formules latines de colophons, Brepols, 2006, p. 225.
 
Paris, BnF, Lat. 350A. Bartholomaeus Anglicus, De proprietatibus rerum. XVe s. Papier. 362 f. 320 x 230 mm. "Finito libro sit laus et gloria Christo, ferrarie, ultima mensis februarii 1437". "Hunc librum feci scribi Bononie, dum illic essem. Blondelet."

Paris, BnF, Lat. 4911. "Hic finit opus Ricobaldi Ferrariensis Excellentis historiographi quod scriptum fuit Rome die xxviia mensis decembris anno christi Millesimo ccccmo tricesimo Tercio" (1433). Puis : "hunc librum feci scribi Rome ut supra Blondelet./ et extrahi ab exemplario domini blanciardini./ quod fuerat N. perrigaut*. Blondelet".
Gabriele Zanella, Riccobaldo da Ferrara. Pomerium Ravennatis ecclesie, 201 [ En ligne ]
F. Bertolli, "La Biblioteca Capitolare di S. Giovanni in Busto Arsizio…", dans  AA. VV.  Ricerche storiche sulla Chiesa Ambrosiana, II, Milano 1971 (Archivio Ambrosiano 21), p. 398 n. 9 ; F. Bianchi, Une recherche sur les manuscrits à cahiers mixtes, dans Scriptorium, 48, 1994, 2, p. 259-286. CH. Samaran et R. Marichal, Catalogue des manuscrits en écriture latine portant des indications de date de lieu de copiste, II, Paris, CNRS, 1962, p. 243 et pl. XCIV.
* Doyen de la cathédrale d'Angers en 14222/1424.

Pour les autres membres de la famille BLONDELET voir ici.

David T. Gura : A Descriptive Catalogue of the Medieval and Renaissance Manuscripts of the University of Notre Dame and Saint Mary's College

 
David T.  Gura, conservateur des manuscrits anciens et médiévaux à la Bibliothèque Hesburgh et professeur adjoint à l'Institut médiéval de l'Université de Notre Dame, a récemment mis en avant un livre d'heures breton du Vannetais, démembré, pour lequel il s'attache à retrouver tous les fragments. Travail louable qu'il faut signaler : la Bretagne lui en est reconnaissante.

 
(c) Univ. of Notre Dame, Hesburgh Library, Frag. III.1 fol. 49r.

Hour by Hour: Reconstructing a Medieval Breton Prayerbook. Snite Museum of Art, University of Notre Dame (January 18–March 16, 2015). Review with video: http://www.medievalists.net/2015/04/08/a-broken-book-of-hours-saving-a-medieval-manuscript/. Digital companion: http://hour-by-hour.snitemuseum.org/

David T. Gura nous annonce la publication en novembre prochain de son monumental Descriptive Catalogue of the Medieval and Renaissance Manuscripts of the University of Notre Dame and Saint Mary's College.
Après une introduction sur l'histoire de la formation de ces collections, David T. Gura nous présente un catalogue innovant où il décrit les 288 manuscrits médiévaux et renaissants conservés à l'Université de Notre Dame (Bibliothèque Hesburgh et Snite Museum of Art) et au Saint Mary’s College, manuscrits reliés, feuillets et fragments, de la fin du XIe au XVIe s.: bibles, livres d'heures, calendriers, textes liturgiques, etc. Tous ces manuscrits bénéficient d'un traitement critique approfondi et d'une description scientifique très poussée. On y trouve ainsi  pour chaque notice des éléments paléographiques habituels dans ce genre d'ouvrages, des informations, entre autres, sur les types d'écriture, l'historique des possesseurs, la reliure, et bien entendu toutes les références bibliographiques utiles.  
Bibliothèques, collectionneurs de manuscrits, chercheurs travaillant sur les manuscrits médiévaux et renaissants trouveront de quoi s'enrichir dans ce catalogue exemplaire.



University of Notre Dame Press
ISBN: 978-0-268-10060-5
648 pages
Année de publication: 2016

mardi 3 mai 2016

Nouvelle identification : le livre d'heures de Nicolas de La Primaudaye (Paris, Bibliothèque nationale de France, Arsenal, Ms-1188)

La mise en ligne récente sur GALLICA d'un livre d'heures à l'usage de Rome, avec une devise répétée à l'infini, D'AMY DELOYAL PAS NAY CVRE, m'a conduit à en rechercher le propriétaire.
Ah, merci "Google Books" ! J'imagine que Léopold Delisle aurait apprécié ce bien utile instrument de travail ... De ce fait, ma recherche ne fut pas longue et me conduisit à une petite étude parue dans le Bulletin de la Société archéologique de Touraine (1940, p. 459-460) avec la description d'un jeton anagrammatique de toute rareté, celui de Nicolas (ou Nicole) de La Primaudaye, alors marié en secondes noces à Marie de Morvilliers.



D'AMY DELOYAL PAS NAY CVRE est bien l'anagramme de NICOLAS DE LA PRIMAUDAYE

Armes de La Primaudaye : d'après les généalogies des familles orléanaises, par le chanoine Hubert : D'azur, semé de fleurs de lys d'or, à un pied de griffon de même posé en fasce et sur le tout un écusson chargé d'un besant d'or; d'après d'Hozier : Semées de France, à l'escu d'or en abîme, traversé d'une patte d'or de griffon, chargé d'un tourteau de sable sur le tout.

Jeton d'Antoine de La Primaudoye (fils de Nicolas), Général des Monnaies. Paris. s.d. (1543-1547). [source]

Ainsi, notre élégant livre d'heures (Paris, Bibliothèque nationale de France, Arsenal, Ms-1188) fut certainement commandité par Nicolas de La Primaudaye, descendant d'une famille originaire de Bretagne, plus exactement de la région de Pontivy : Jean de La Primaudaye avait été trésorier général de Bretagne*; Jeanne de la Primaudaie, abbesse de S. Georges de Rennes en 1534, ...

Nicolas de La Primaudaye, écuyer, conseiller secrétaire du roi, épousa en premières noces Jeanne Berthomier, et en secondes Marie de Morvilliers. Il fut l'ami de Thomas Bohier (1465-1524), trésorier général des finances, le mécène de Chenonceau :

maistre Nicole de la Primaudaye, notaire et secretaire du Roy nostre sire, seigneur de La Barrée, ou vivant de feu messire Thomas Bohier, chevalier, sr de Chenonceau, general de France, il estoit son ser[viteur], amy et familier (Paris, AN, MC/ET/XXXIII/13 , f. 188, 5 août 1528) 


Thomas Bohier.  Source.


© Paris, BnF, Arsenal 1188, f. 17

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© Paris, BnF, Arsenal 1188, f. 16

F. 1. Calendrier en français F. 7. Péricopes évangéliques. F. 11v. Passion selon S. Jean F. 17. « Hore beate Marie virginis, secundum usum Romane ecclesie » F. 55. Les sept psaumes et les litanies. Dans les litanies : S. Louis et Ste Anne F. 64. « Vigilie mortuorum » F. 81. « Suffragia plurimorum sanctorum et sanctarum » F. 93. « Plusieurs devotes oraisons à la vierge Marie » F. 102v. Diverses oraisons latines F. 113. « L'examen de conscience pour congnoistre à bien se confesser, composé par maistre Jehan Quentin, pénitentier de Paris » ; en français [...]
De la bibliothèque de M. de Paulmy.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550098895

* Sur Jean de La Primaudaye, voir Dominique Le Page, Finances et politique en Bretagne au début des temps modernes, 1491-1547, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, Paris, 1997, p. 416-417 et p. 538 : "il faut signaler le recrutement de Bretons soit comme officiers, soit comme membres de l'hôtel royal. La monarchie a su se montrer accueillante pour tous ceux qui désiraient la servir, à quelque degré de la noblesse qu'ils appartinssent. Cela a été vrai pour des gentilshommes en quête de fortune comme Jean de La Primaudaie, originaire de la région de Pontivy, signalé comme secrétaire du roi en 1470".

Antoine de la Primaudaye, fils mineur de Nicole de la Primaudaye, et de Jeanne Barthomier, comme petit-fils des défunts Pierre Barthomier, seigneur d'Olivet, et Antoinette de Gannay, sa femme, morte le 28 septembre 1522, reçut de ces derniers 1/5e de leur succession, dans laquelle on remarque :

Unes Heures en parchemin, enlumynées, à lectres d'or, deux fermouers d'argent doré, garnys de deux tringles d'or, avec troys petis boutons de petites perles, VIII l. t.
deux livres en papier, l'un des Evangilles, en francoys, et l'autre intitulé Frere Jehan de Vigny ...
... Troys livres en papier, l'un l'Ordinaire des crestiens, l'autre la Vie des Peres, et l'autre le premier volume du roy Charles le Quinct.
... Ung grant livre, en parchemin, des Euvres de Seneque ...
Unes petites Heures, en parchemin, à ung fermouer d'argent doré ..., unes vielles Heures, en papier ..., ung grant livre, en papier, lectre d'impression, appellé Ovide, de Methamorphoses, et ung autre livre, en parchemin, commencant : 'Reges intelligite'...
... Ung Messel, en papier, lectre d'impression, à l'usaige de Paris.
Deux paieres d'Heures, en papier, lectre d'impression, à l'usage de Paris.
(Ernest Coyecque, Recueil d'actes notariés relatifs à l'histoire de Paris et de ses environs au XVIe siècle [étude XXXIII], t. I, 1498-1545 [3608 actes], Paris, 1905, p. 56, notice n° 261)


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