Sotheby's London: sale 4th December 2007
Par jean luc deuffic le lundi 26 novembre 2007, 07:43 - Vente, auction - Lien permanent
Sotheby's winter sale traditionally includes a batch of precious
manuscripts, and this year there it includes a masterpiece: the sublime and
famous Ottheinrich Bible, in German, of which 3 (out
of 8) volumes are in the Staatsbibliothek in Munich (published in facsimile in
2002).
The group of manuscripts making up this bible were almost certainly
commissioned for Louis VII the bearded (1368-1447), duke of
Bavaria from 1413-1443. The decoration of the first volume (which is in Munich)
carries the arms of France and Bavaria, with the device "De bon ceur vray sans
repentir a tout iour" ("A good and true heart which never turns back"). During
the years 1390-1415 Louis was at the court of France thanks to his sister Queen
Isabeau (1371-1435), and it was here that he was surrounded by
gothic art and the book-loving royal family. "Louis the bearded was about the
same age as his sister, and he came to France to make his fortune. He found in
Isabelle a indulgence which knew no bounds. From 1402-1405 he held the post of
the grand maître de l'hôtel du roi (grand master of the king's household), one
of the highest possible. He only left this post in order to become a member of
the council." In addition, he was a nephew (by marriage) of the Duke of
Berry.
In 1402 he married Anne of Bourbon (+ 1408), then on 1st
October 1413 at the hôtel Saint-Pol (Paris) he married Catherine
d'Alençon, widow of Pierre de Navarre, count of Mortain. "It could be
said that for twenty-five years his life consisted of a series of swoops on
France and Bavaria. His progress was marked by numerous violent or scandalous
depredations to the shame and misfortune of the two countries. In France he
was, along with his sister, by the side of the duke of Orléans, like a bad
fairy. Think of the convoy of six horses laden with French gold which crossed
the Metz in 1405 in order to get to Germany. On the 5th February of the same
year, Louis the bearded, together with the queen and the duke of Orléans, made
Charles VI sign letters patent for a royal gift of twenty thousand francs for
his first marriage. As security, Louis took delivery from the guard of the
king's jewels some of the crown's most precious items. The authentic record of
this gift remains in the royal archives of Munich. From this and from many
other jewels taken from the same source, he amassed enormous riches in precious
metals, sacred vases, jewels and precious stones. This wealth was divided into
three parts: the first became the bounty of one of Louis's relatives, a
high-ranking officer in the Bavarian Rhineland, who somehow managed to get hold
of it; the second consisted of the treasures of Ingoldstadt; and the third the
treasures of Notre-Dame d'Œttingen. The last two were shown in public in 1710."
(1)
On his return to Germany, Louis naturally occupied himself with the decoration
of his castle in Ingoldstadt where he brought together a
sumptuous collection of manuscripts. After the prince's tragic death, and
following the division of Bavaria into three distinct districts, the collection
was dispersed.
Ottheinrich, elector Palatine (1502-1559), who was also a
booklover, had the manuscript in his possession in 1530. It was a treasure of
his library at Heidelberg, and he commissioned Mathis Gerung
to complete the miniatures. The five volumes available at Sotheby's (Lot 40 of
the sale) have a total of 189 folios of 533 x 374mm, and are described in a
their own catalogue with numerous illustrations.
La vente d'hiver de Sotheby's nous apporte traditionnellement son lot de
précieux manuscrits, cette année avec une pièce maitresse : la
sublime et célèbre Bible d'Ottheinrich, en allemand, dont 3
volumes (sur 8) sont déjà conservés à la Staatsbibliothek de Munich
(publication fac-similé en 2002)

(c) Sotheby's
L'ensemble des manuscrits composant cette Bible fut sans doute commissionné par
Louis VII (1368-1447), duc de Bavière de 1413
à 1443, dit "le Barbu". La décoration du premier volume (à Munich) portent les
armes de France et de Bavière, avec la devise De bon ceur vray sans
repentir a tout iour. Dans les années 1390/1415 Louis fréquenta la
cour de France, près de sa soeur, la reine Isabeau,
(1371-1435) s'imprégnant ainsi d'art gothique et des pratiques
bibliophiles de l'entourage royal. "Louis le Barbu était à peu près du
même âge que sa sœur; il vint en France pour y chercher fortune. Louis trouva
auprès d'Isabelle une complaisance sans bornes. De 1402 à 1405, il remplit à la
cour l'office de grand maître de l'hôtel du roi, l'une des hautes charges de la
couronne. Il ne quitta cette place que pour entrer au conseil". Au reste,
il était neveu, par mariage, du duc de Berry. En 1402 il prit pour femme
Anne de Bourbon (+ 1408), puis Catherine
d'Alençon, veuve de Pierre de Navarre, comte de Mortain, qu'il épousa
à l'hôtel Saint-Pol, le 1er octobre 1413.
"Durant vingt-cinq années, sa vie forme, on peut le dire, une suite de
descentes opérées alternativement en France et en Bavière. Ses pas furent
marqués par autant de déprédations violentes ou scandaleuses, pour la honte et
le malheur de ces deux pays. En France, il fut, aux côtés de sa sœur, avec le
duc d'Orléans, comme un mauvais génie. L'on se rappelle ce convoi de six
chevaux chargés d'or de France qui traversa Metz en 1405, faisant route pour
l'Allemagne. Le 5 février de la même année, Louis le Barbu, de concert avec la
reine et le duc d'Orléans, avait fait signer à Charles VI des lettres patentes
: ces lettres reconnaissaient en sa faveur un don royal de cent vingt mille
francs à l'occasion de son premier mariage. Pour nantissement de ladite somme,
Louis se fit délivrer par le garde des joyaux du roi une partie du mobilier le
plus précieux de la couronne. Le titre authentique de cette donation subsiste
aux archives royales de Munich. De ce fonds mobilier et de beaucoup d'autres
joyaux tirés de la même source, il composa un amas énorme de richesses en
métaux précieux, vases sacrés, bijoux et pierreries. Cet amas fut divisé en
trois parts : la première devint le lot d'un parent de Louis, haut officier de
la Bavière rhénane, qui s'en saisit on ne sait à quel titre; la seconde composa
le trésor d'Ingoldstadt, et la troisième le trésor de Notre-Dame d'Œttingen.
Ces deux derniers se montraient publiquement en 1710" (1).
A son retour en Allemagne, Louis influa naturellement sur la décoration de
son château d'Ingolstadt où il installa une somptueuse
collection de manuscrits. A la fin tragique du prince, et à la suite de la
division de la Bavière en trois duchés distincts, celle-ci fut dispersée.
Ottheinrich, prince électeur du Palatinat (1502-1559),
bibliophile, était en possession du manuscrit en 1530. Fleuron de sa
bibliothèque d'Heidelberg, il engagea Mathis Gerung pour
exécuter les enluminures restées inachevées.
Les cinq volumes présentés par Sotheby's (lot 40 de la vente) forment un
total de 189 f. de 533 x 374 mm, et sont décrits dans un fascicule à part avec
de nombreuses illustrations.
Also included in the sale on the 4th December are the following items / A cette
vente du 4 décembre 2007, nous avons noté :
§ Lot 1. 107 fragments provenant de reliures dont un extrait de sacramentaire
en écriture carolingienne (France, IXe s.), autre fragment du Libellus
de Exordiis de Walahfrid Strabo (Xe s.); de l'Université de Paris
...
§ Lot 7. Miniature de la Crucifixion attribuée au Maître de
Dunois, Paris ca 1430.
§ Lot 16. Un feuillet tiré d'un exemplaire des Grandes Chroniques de
France.
§ Lot 27. 5 f. d'un Livre d'heures du XVe s., décoration attribuée au
Maître de Marguerite d'Orléans. Bretagne ou Vallée de la Loire,
1430-1450.
§ Lot 30. Découpée d'un Livre d'heures, une Pieta attribuée au Maître
d'Adélaïde de Savoie. Nantes ou Poitiers, ca 1460.
§ Lot 44. Bifolium du Sacramentaire de saint Boniface. Fragments de
calendrier (fin juillet/début novembre). Scriptorium anglais. Première moitié
du VIIIe s.
§ Lot 45. Vita Christi. Vie illustrée du Christ et de la Vierge. Latin
et moyen-anglais. Angleterre du nord (York?), ca 1190-1200. 106 f. 170 x 120
mm.
§ Lot 48. Les Heures d'Ashbourne. Angleterre, ca 1430.
§ Lot 51. Pierre Lombard. Libri quatuaor Sententiarum. Latin. France
(Paris?), second quart du XIIIe s. 140 f. 302 x 204.215 mm.
§ Lot 52. Antiphonaire. Sud de la France, XIIIe s. 218 f. 415 x 300 mm.
Communauté franciscaine. Provenance : Julien Chapée (Le Mans)
§ Lot 55. Saint Bonaventure. Commentaria in quatuor libros
sententiarum. France, 1300. 81 f. 320 x 216 mm.
§ Lot 56. Bréviaire/ Antiphonaire dominicain. Arles? XIVe s.
§ Lot 57. Magnifique bréviaire de Jean de Roussay (+ avant
1418), chambellan de Louis d'Orléans. 2 volumes. Paris ca 1400. 693 f.
205 x 136 mm. 47 miniatures. Au f. 336v du vol. I: "Istud breviarium pertinet
nobilissimo domino domino J. de roucoyo camibellario illustrissimi principi
domini nostri regis francie et domini aurelianensis fratris sui".
Armes : de gueules à trois merlettes d’argent posées en orle ; au
franc-quartier d’hermine. Jean de Roussay s’unit à Jeanne de
Chepoy en 1390, et demeura en la rue Saint-Pol à Paris , dans un hôtel
particulier acquis en 1418 par Charles VI pour l’agrandissement du logis royal.
Voir entre autres Humbert Jacomet, Saint Jacques : une image à la française,
dans Saint Jacques et la France, Paris, Cerf, 2003, p. 202sq.
Par la suite le bréviaire fut en possession de Jean
d'Armagnac, évêque de Castres (1440-1493), fils de Bernard d'Armagnac
et de Eléonore de Bourbon, comtesse de Castres. Il était le frère de Jacques,
duc de Nemours, bibliophile distingué. Cf. Ch.Samaran, De quelques manuscrits
ayant appartenu à Jean d'Armagnac - L. Delisle, Note complémentaire sur les
manuscrits de Jacques d'Armagnac, dans Bibliothèque de l'école des
chartes, 66, 1905, p. 246sq.
§ Lot 48. Livre d'heures de Jean du Chastelet d'Amiens.
127 f. 157 x 102 mm. Au f. 1: "Ces p(re)sentes heures sont a Jeha(n) du
chastelet qui les treuve se lui es rende et il donna le vin Lesquelles furent
par achevees a amiens le VIe io(ur) de Juing Lan mil cccc iiiixx et xiii de sa
main".
Jean du Chastelet, écuyer, seigneur du dit lieu (près d'Aire,
en Artois), de Fuffoy et de Coulomby, épousa Jeanne de Fleschin, de la maison
de Flandres, fille de Raoul de Fleschin, chevalier, seigneur de Journy, du
Hamel et Serny. Jean était le fils de Jacques du Chastelet, écuyer, seigneur
dudit lieu et de Coulomby, capitaine d'Oisy en 1460, et de Jeanne de Conty.
Jacques avait épousé 1°) le 25 juin 1459, Jeanne de Sains; 2°) le 14 mars 1460,
Jeanne de Conty. Cette famille fut maintenue sur preuves par l'intendant
Bignon, le 11 janvier 1706. Alliances : Belleforière, Caumesnil, Conty,
Fléchin, La Chaussée, Moyencourt, Presteval, Proissy, etc. Armes: De gueules, à
la fasce d'argent, accompagnée de trois tours d'or (supports : deux lions d'or
couronnés). . Elles se trouvent sur la reliure de ces heures. Sources:
Armorial d'Artois et de Picardie, généralité d'Amiens, par M. Borel
d'Hauterive, archiviste paléographe, Paris, 1866, in-4°, p. 434; Extraits
des archives de Malte, ouvrages généalogiques, manuscrits ..., Gand, 1855,
p. 14.
§ Lot 60. Livre d'heures à l'usage d'Angers. Angers, Rouen, ca 1455-1465.
Enluminé pour Jean de Hangest (+ 1490) et Marie
d'Amboise, sa femme, soeur du cardinal Georges d'Amboise. Maître
de Jeanne de Laval, exerçant à Angers.
(c) Sotheby's
Note: (1) Vallet de Viriville, Isabeau de Bavière, reine
de France. Etude historique, Paris, 1859, p. 20sq.
SOTHEBY'S
34-35 New Bond Street
London W1A 2AA
Tel: 44 20 7293 5000
Fax: 44 20 7293 5989
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