Un Livre d'heures de Pierre de Rohan ?
Par jean luc deuffic le vendredi 7 novembre 2008, 13:20 - Livres d'Heures - Lien permanent
Ce manuscrit, passé en vente publique à Paris /Drouot le vendredi 19
mai 1989, lot 8, est un Livre d'heures sur vélin, 117 f., dans une reliure de
peau brodée de fleurs et feuillages :
Au verso du mois de juillet (où l'on remarque la fête du saint breton Samson)
se trouve cette inscription contemporaine :
" Votre passe temps // P. de Rohan".
Un autre Livre de prières dont Pierre de Rohan fut peut-être
le possessseur :
New York Pierpont Morgan Library 292
On en trouvera une
description précise (avec bibliographie et images sur le catalogue Corsair de la PML.

Pierre de Rohan, fils puîné de Louis de Rohan, 1er du nom,
seigneur de Guémené, et de Marie de Montauban. Seigneur de Gié-sur-Seine (cédé
par le roi de Navarre au premier Guémené, vers 1400), du Verger, de Porhoët,
etc., etc., né à Mortiercrolles vers 1451, il fut fait maréchal de France par
Louis XI, le 11 octobre 1476, et se maintint en faveur et à la tête des armées
de Charles VIII et de Louis XII, ainsi que de leurs conseils, jusqu’en 1504,
époque où, poursuivi par la haine de la reine Anne de Bretagne et traîné de
juridiction en juridiction, il fut privé de ses charges et de ses pensions. En
effet, Louis XII étant tombé malade, Anne croyant sa mort prochaine, se disposa
à retourner en Bretagne. Elle expédia ses bagages à Angers, dont le maréchal
était gouverneur. Ce dernier les fit arrêter et en instruisit le roi, qui lui
témoigna toute sa satisfaction de sa conduite. Mais la reine ne lui pardonna
jamais, et pour se venger, elle fit instruire son procès par le Parlement de
Toulouse. Vers 1475, il avait épousé Françoise de Penhouët, vicomtesse de
Fronsac, qui lui apporta la terre seigneuriale de la Motte-Glain que devait
conserver pour quelque temps les Rohan. Le maréchal de Gié perdit sa femme
d’assez bonne heure (1497), et se remaria avec Marguerite d’Armagnac, fille
aînée de Jacques, duc de Nemours ; il mourut lui-même à Paris, dans le palais
des Tournelles, que le roi lui avait donné à vie, le 22 avril 1513. Son corps
fut ensuite apporté au Verger, inhumé dans l’église de Sainte-Croix, proche de
son château, au milieu du chœur, sous un magnifique mausolée où sa statue de
marbre blanc le représentait au naturel avec son collier de l’ordre de saint
Michel. Cette église du prieuré de Sainte-Croix-du-Verger, en Anjou, il l’avait
fait bâtir peu de temps après avoir acquis, le 9 mars 1482, le vieux castel du
Verger, sis en la paroisse de Seiches, résidence qui par ses soins et ses
larges dépenses devint bientôt la plus imposante du pays. Il portait De gueules
à neuf macles d’or posées trois, trois et trois. Sa vie a été particulièrement
étudiée par M. De Maulde, Coll. des doc. inédits. Procédures du règne de Louis
XII, Paris, 1886, in-4°. Dans la curieuse tapisserie dite de M. de Rohan,
appartenant à la cathédrale d’Angers et qui date du commencement du XVIe
siècle, l’artiste a représenté une grande dame, (très-probablement Marguerite
d’Armagnac, seconde femme de Pierre de Rohan), accompagnant sur l’orgue un
seigneur magnifiquement costumé, qui chante les yeux fixés sur un phylactère
noté. Le costume du noble chanteur est d’une richesse inouïe. Sur son
escarcelle, à demi cachée par son manteau, se lit la lettre P. Un page, coiffé
d’une toque ornée de trois longues plumes de faisan, fait mouvoir le soufflet
du petit orgue. Derrière la princesse, deux autres pages se divertissent, l’un
à faire miauler un chat qu’il tient suspendu par la queue et l’autre à faire
aboyer un chien.
Catalogue des livres imprimés et des manuscrits de M. le prince de
Soubise, Paris, Le Clerc, 1788, in-8. br. (n° 593 ?) Lien
[
En ligne ]
Pierpont Morgan Library, Liturgical manuscripts (John Plummer), New
York , 1984, p. 50, n° 67.